Un hommage à Winston Churchill

11 novembre 1998
02m 13s
Réf. 01629

Notice

Résumé :

Le reportage reprend une série d'images d'archives retraçant le parcours politique et militaire de Winston Churchill.

Date de diffusion :
11 novembre 1998
Source :
(Collection: 19/20 )
Personnalité(s) :

Contexte historique

Winston Churchill est élu député conservateur dès 1900, âgé seulement de 26 ans. Il passe rapidement au parti libéral et occupe des fonctions ministérielles de plus en plus importantes. Dès 1938, il prend conscience de la menace du nazisme pour la Grande-Bretagne et préconise la fermeté en condamnant les accords de Munich. Il est nommé Premier Lord de l'Amirauté le lendemain de la Déclaration de Guerre.

Le 10 mai 1940, il prend la place de Chamberlain à la tête d'un gouvernement de coalition décidé à mener la guerre. Il noue des relations cordiales avec le président Roosevelt et sait reconnaître le rôle du général de Gaulle à l'issue de la guerre. Il participe aux premières négociations de Postdam mais les élections de juillet 1945 le renvoient dans l'opposition. Redevenu premier ministre en 1951, il cède le pouvoir à Anthony Eden en avril 1955 et consacre les dernières années de sa vie à la peinture et à la littérature, ce qui lui vaut le Prix Nobel en 1953.

Carole Robert

Éclairage média

Ce reportage est un bel hommage à Churchill pour le 80ème anniversaire de l'armistice de 1918. Sur fond d'une musique émouvante au violon, défilent des images d'archives prestigieuses , commentées dans un style littéraire, voire poétique. Les métaphores et autres figures de style, toujours élogieuses, parfois tendres, abondent : "le jeune loup mué en vieux lion", "gueule de bouledogue dans le bronze des statues de l'histoire". Le commentaire opte pour une certaine familiarité, qui provoque une tendresse envers l'homme, en rappelant ses surnoms, sa "gueule de bouledogue", ses désillusions d'homme.

Le commentaire prend parti pour Churchill et en vient même à critiquer les électeurs anglais qui ne l'ont pas élu : "peintre amateur par dépit de cette politique", "ingratitude des électeurs le transforment en voyageur désabusé, en statue de commandeur bougon". En plus de l'habile stratège de guerre, l'homme politique vigilant et visionnaire est également mis en valeur. Comme le rappelle le commentaire, il est le premier à "parler du rideau de fer tombé sur l'Europe" (discours de Fulton, 5 mars 1946). Le reportage insiste sur les connivences avec de Gaulle et avec la France : le commentaire leur donne une portée de fidélité et de constance qui ne rendent que plus critiquable l'ingratitude de l'Angleterre envers ce grand homme !

Carole Robert

Transcription

Journaliste
De Winston Churchill, on a souvent dit qu'il était l'équivalent britannique du Général De Gaulle. Premier Ministre de 40 à 45, il se révéla alors être un étonnant chef de guerre. C'est lui qui, dans un discours fondateur de la résistance aux nazis, avait affirmé ne rien avoir d'autre à offrir que du sang, des peines et des larmes au service d'un seul but : la victoire. [Pierre Babet].
Pierre Babet
Une volonté de fer derrière une gueule de bulldog qui ne promet rien d'autre que du sang et des larmes.
Winston Churchill
Français, c'est moi, Churchill, qui vous parle. Ici, chez nous, en Angleterre, sous le feu du boche, nous n'oublions jamais quels liens et quelles attaches nous unissent à la France.
Pierre Babet
Cette gueule, ce fut d'abord le visage d'un enfant bien né, puis d'un jeune homme arrogant par naissance, et rebelle par goût. Sa tête sera même mise à prix vingt-cinq livres en 1901. Churchill et la France, c'est d'abord la Grande Guerre. Le parlementaire redevient soldat et puis encore une fois Ministre, de l'Armement. La paix retrouvée refait de lui un politicien comme les autres et puis un peintre amateur, par dépit de cette même politique. Il faudra les nuages de 38 puis l'orage de 40 pour le ramener dans le cabinet britannique et le propulser à la tête de la résistance anglaise dans les rues de Londres. Le jeune loup du début du siècle s'est mué en vieux lion. Les conférences avec Staline, avec Roosevelt ont mué le bouillant soldat en visionnaire cynique. En 46, à Fulton, il parle le premier du rideau de fer tombé sur l'Europe, de la Baltique à l'Adriatique. L'ingratitude des électeurs le transforme en voyageur désabusé, en statue de commandeur bougon. Le Général De Gaulle le fait Compagnon de la Libération, et l'Empire britannique, en ses dernières lueurs, lui accorde des funérailles réservées alors aux chefs d'État. Et sans attendre les honneurs de Westminster, la gueule du bulldog avait depuis longtemps été coulée dans le bronze des statues et de l'Histoire.