Référendum du 29 mai 2005

29 mai 2005
02m 14s
Réf. 01635

Notice

Résumé :

L'émission est consacrée au résultat du référendum sur la Constitution européenne qui a eu lieu le 29 mai 2005 en France.

Type de média :
Date de diffusion :
29 mai 2005
Source :
Lieux :

Contexte historique

Le 19 Juin 2004, le "traité établissant une Constitution Européenne" est adopté par les Chefs d'Etat des 25 pays membres de l'Union Européenne à Bruxelles. Il est signé à Rome le 29 octobre suivant. Son entrée en vigueur est conditionnée par la ratification de tous les membres de l'Union, soit par référendum, soit par voie parlementaire. Dix pays choisissent le référendum : Danemark, Espagne, France, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République Tchèque et Royaume-Uni.

Le référendum du 29 mai 2005 pose la question "Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe ?". Les controverses sur le référendum et sur le vote sont nombreuses. Les électeurs répondent par un "non" qui rassemble 54,6% des suffrages exprimés (69% de participants). Selon un sondage IPSOS, le vote "non" est surtout tourné contre la dégradation des conditions de vie actuelles (52% du "non") et le trop grand libéralisme du projet (40% du "non"). Le vote "oui" est ressenti comme un vote pour l'Europe. Le premier motif est de construire une Europe capable de faire face à la Chine et aux Etat-Unis (64% du vote "oui") et mieux gérer l'Europe à 25 pays (44% du vote "oui"). Enfin, les votants du "oui" veulent éviter que la victoire du "non" mette un coup d'arrêt à la construction européenne et affaiblisse le poids de la France dans cette Europe (43%). Les Français expriment une opinion favorable à la poursuite de la construction européenne (72%).

Le référendum du 29 mai 2005 est accompagné d'un riche débat public, mais met paradoxalement en lumière l'écart qui se creuse entre l'Europe et les Français. A l'issue du résultat des élections, un rapport ministériel constate l'échec des politiques d'information et de communication sur l'Europe en France et note le déficit d'image et d'information dont souffre l'Europe. Le manque de pédagogie et de pertinence des campagnes d'information et le morcellement des structures d'information existantes est remis en cause. Il avance 40 propositions pour mieux informer les Français sur l'Europe.

Carole Robert

Éclairage média

David Pujadas et Carole Gaessler animent la soirée électorale en compagnie de Pierre Giacometti, le directeur général de l'Institut IPSOS, et de Gilles Leclerc, le directeur du service politique France et Europe de la rédaction de France 2. Ils reçoivent successivement de nombreux invités et personnalités politiques venus réagir et commenter ce vote. L'émission est construite sur l'alternance de commentaires des invités sur le plateau, d'interviews d'hommes politiques aux sièges de leurs partis, en direct des grandes villes françaises et des principales capitales européennes, et d'analyses des spécialistes. Le présentateur annonce le résultat puis l'écran est divisé en deux cadres internes montrant des images des militants accompagnées en off par les commentaires et les analyses des politologues et journalistes.

La soirée électorale est mise en scène : le compte à rebours, la musique, l'annonce des résultats, l'alternance de points de vue sur le plateau, aux sièges des partis et dans la rue... Depuis les années 1960, les soirées électorales sont devenues rituelles : fébrilité dans les studios, estimations au compte-goutte des différentes régions de France, puis résultats des élections. Les soirées électorales répondent aux premiers besoins d'interprétation et d'analyse des résultats des élections dès le milieu des années 1960. Elles donnent la parole en alternance aux leaders qui font des déclarations, aux journalistes en dehors des studios et aux autres qui sont dans les sièges de campagne.

La concurrence entre les chaînes amène à la recherche de dispositifs audiovisuels toujours plus attirants pour casser la langue de bois et élargir l'écoute. En même temps, les impératifs politiques imposent une répartition équitable des temps de parole de chaque parti. A chaque animateur d'organiser le débat sur son plateau, de laisser les discours s'enflammer ou de couper la parole pour rétablir le calme dans l'arène...

Carole Robert

Transcription

David Pujadas
Il est vingt et une heure, cinquante neuf minutes et cinquante cinq secondes, voici maintenant notre estimation Ipsos des résultats de ce référendum, les Français rejettent la Constitution européenne, le non l'emporte largement, cinquante cinq pour cent contre quarante cinq pour cent pour le oui, un écart donc très important. Le chiffre peut être affiné mais le résultat est bien là, la victoire du non est incontestable, et on aperçoit sur ces images la joie des partisans du non, du côté du quartier général d'Henri Emmanuelli, point de ralliement des partisans du non socialiste, et puis du côté aussi du mouvement pour la France. Pierre Giacometti, on le disait, c'est un écart important ? C'est une victoire pour le non incontestable.
Pierre Giacometti
Oui on peut le dire ce soir, c'est probablement la réplique la plus violente que l'on pouvait imaginer du séisme politique survenu le 21 avril 2002. Il y a dans ces résultats trois éléments majeurs à retenir. Le premier c'est le vote politique, la majorité des électeurs de gauche ont voté non ce soir, et parmi eux cinquante huit pour cent des sympathisants socialistes, c'est le résultat inverse du référendum interne du parti socialiste à la fin de l'année 2004. Et puis il y a aussi un phénomène sociologique : le non est populaire, il enregistre près de soixante pour cent chez les salariés, près de quatre-vingts pour cent chez les ouvriers dans l'enquête réalisée à la sortie des bureaux de vote aujourd'hui. Et puis enfin phénomène générationnel : les moins de vingt-cinq ans ont voté à soixante pour cent contre la Constitution européenne, c'est aussi un phénomène à retenir ce soir.
David Pujadas
Gilles Leclerc, c'est une soirée dont on se souviendra, c'est un rejet sans appel de cette constitution.
Gilles Leclerc
Oui c'est, l'addition en tout cas des non ce soir, et il faut le rappeler, parce qu'on l'avait entendu pendant toute cette campagne que les principaux partis de gouvernement, à savoir l'UMP, l'UDF ou le Parti Socialiste, les Verts avaient officiellement appelé à voter oui. C'est ce soir une défaite cinglante d'abord pour l'exécutif, et en particulier d'abord pour Jacques Chirac qui avait été l'initiateur de ce référendum, une mauvaise nouvelle également pour les deux principaux responsables des deux plus grands partis politiques français, à savoir pour Nicolas Sarkozy pour l'UMP, et François Hollande pour le Parti Socialiste. C'est un choc, David, ce soir, un choc pour l'Europe mais aussi un choc pour la quasi-totalité des partis du gouvernement en France.