La Chine, troisième puissance mondiale

21 mai 1993
01m 14s
Réf. 01647

Notice

Résumé :

Après la mort de Mao en 1976, la Chine s'ouvre à l'économie de marché et connaît une croissance économique accélérée.

Date de diffusion :
21 mai 1993
Source :

Contexte historique

Avec 1,3 milliard d'habitants, la Chine entame sa réforme économique après la mort de Mao Tsé Toung en 1976, quand Teng Xiaoping assume le pouvoir. Il installe de nouvelle structures d'ouverture à l'économie de marché et à l'Occident : les sociétés mixtes, les zones franches, les centres d'exportations et les zones économiques spéciales (ZES). Teng Xiaoping se rend même aux Etats-Unis en 1979 pour signer des accords de coopération technique et scientifique.

Le modèle de développement chinois est fondé sur l'abondance d'une main d'oeuvre peu payée, l'accueil d'usines d'assemblage, les exportations de produits bon marché et l'afflux d'investissements étrangers. Grâce au réseau des "zones économiques spéciales" installées le long de sa façade maritime, la Chine devient rapidement une puissance exportatrice phénoménale : elle prend la tête des exportateurs mondiaux de textile-habillement, chaussures, produits électroniques, jouets. Le marché des Etats-Unis est envahi de ses produits. Depuis janvier 1992, le "communisme démocratique de marché", inscrit dans la Constitution chinoise de mars 1993, entraîne une augmentation du pouvoir d'achat et du niveau de vie pour des millions de foyers. Entre 1993 et 1994, la croissance est de 13%. La Chine est alors en voie de devenir une superpuissance, ce qui inquiète les pays occidentaux. Depuis le milieu des années 1980, la croissance dépasse chaque année les 9%. Parallèlement, l'Etat se lance dans une modernisation du pays, en multipliant la construction d'infrastructures, ports, aéroports, autoroutes, voies de chemins de fer, ponts, barrages, gratte-ciel, stades pour les Jeux Olympiques de Pékin en 2006, installations pour l'Exposition Universelle de Shangaï en 2010... La Chine devient donc un pays importateur.

Premier acheteur au monde de ciment en 2005 (elle importe 55% de la production mondiale), de charbon (40%), d'acier (25%), de nickel (25%) et d'aluminium (14%). Elle est le 2ème importateur de pétrole après les Etats-Unis. Ces achats massifs provoquent même une explosion des prix sur les marchés. Admise au sein de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en 2001, la Chine est désormais l'une des plus grandes économies du monde - précisément la sixième en 2006. Finalement la Chine, toujours communiste, cesse aujourd'hui de faire peur et est même présentée, par des centaines de firmes qui y délocalisent leurs usines (après avoir licencié des millions de salariés), comme une véritable aubaine pour des investisseurs avisés. Il est même possible, que fin 2006, avec un P. I. B en augmentation de 9,9%, la Chine devance la France et la Grande-Bretagne, ce qui pourrait hisser le pays à la quatrième place des économies mondiales.

Si la Chine continue à ce rythme, elle dépassera dès 2041 les Etats-Unis et deviendra la première puissance économique mondiale du monde. Toutefois, les société chinoise reste divisée par de multiples fractures : disparités de niveaux de vie entre la façade maritime et l'intérieur du pays (100 millions de personnes vivraient en-dessous du seuil de pauvreté selon la Banque mondiale), disparité entre ville et campagne, montée du chômage et régime politique ayant encore du mal à se réformer.

Carole Robert

Éclairage média

Le journal télévisé est présenté sur fond bleu. Le choix de cette couleur s'explique car elle est à la fois neutre et assez claire. Le présentateur est en chemise rose, avec une cravate aux teintes vives : ceci témoigne d'une volonté de décontraction et de convivialité avec les téléspectateurs. L'idée du journal, c'est d'éveiller la curiosité du téléspectateur en commençant par des phrases-choc : comme "la Chine : 3ème puissance économique mondiale". Le reportage est construit sur un commentaire en off, illustré par de nombreuses images prises sur le terrain. Ces dernières ne sont guère originales : elles montrent un Chinois en Ferrari, des vues larges de chantiers, des séquences dans des marchés, des gros plans sur la monnaie utilisée, des moments de vie de quartier...

Ce qui fait l'originalité de ce reportage, c'est son commentaire : il tente de donner une véritable analyse économique sur le nouveau positionnement de la Chine dans l'économie mondiale. Malgré un premier abord grand-public, avec l'image de la Ferrari, le journaliste montre un réel souci d'explication et entre dans une analyse complexe sur le calcul du PIB, et la relativité de la richesse d'un pays en fonction de la façon dont les économistes calculent le PIB. Son commentaire est donc fondé sur un véritable contenu de journalisme économique spécialisé, qui permet au téléspectateur d'apprendre une information concrète sur l'économie mondiale, et plus généralement sur la démarche économique.

Carole Robert

Transcription

Journaliste
Voilà qui va bouleverser les idées préconçues : la Chine apparaît comme la troisième puissance économique mondiale dans un rapport du fonds monétaire international qui sortira la semaine prochaine, troisième derrière les États-unis et le Japon. Pascal Golomer.
Pascal Golomer
Un Chinois dans une Ferrari, à Pékin : une image, un symbole aussi peut-être à l'heure où le fonds monétaire international place la Chine troisième puissance économique du monde derrière les États-unis et le Japon. Le FMI, qui jusqu'à présent estimait qu'une poignée de pays riches produisait les deux tiers des richesses mondiales, revoit aujourd'hui sa copie en changeant le mode de calcul du produit intérieur brut. Auparavant, on évaluait ce PIB en dollars. Du coup, lorsqu'une monnaie locale était dévaluée, l'économie du pays était aussi dévaluée même si la production n'était pas en baisse. Cette fois, on compare les différends pays en terme de pouvoir d'achat, et non plus seulement en fonction de leur monnaie. Voilà pourquoi la Chine, la Russie, et la plupart des pays en développement font un bond en avant dans le classement mondial, alors que les pays industrialisés perdent des places. Un mode de calcul qui n'est pas parfait, loin de là, mais il a le mérite de démontrer que la richesse d'un pays n'est pas une donnée exacte, tout dépend en fait des références que choisissent les économistes.

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