La rétrocession de Hongkong à la Chine

01 juillet 1997
02m 23s
Réf. 01648

Notice

Résumé :

La rétrocession de Hongkong à la Chine prévue par l’accord sino-soviétique de 1984, est effective le 1er juillet 1997. Elle se manifeste par l’arrivée d’une garnison de 10 000 hommes, symbolisant le transfert de souveraineté.

Date de diffusion :
01 juillet 1997
Lieux :

Contexte historique

Le 1er juillet 1997, la rétrocession de Hongkong à la Chine met un terme à 156 années de colonisation britannique, sur une île devenue une place financière majeure.…

Au cours de la première Guerre de l’opium, la Grande Bretagne s’empare de ce petit territoire de 1067 km2 et y installe un comptoir. Très appauvrie après l’occupation japonaise au cours de la Seconde Guerre mondiale, Hongkong connaît une forte croissance économique à partir des années 1960. Elle devient l’une des principales places financières et boursières mondiales.…

Alors que la Grande Bretagne est fortement affaiblie par la Guerre des Malouines, la Chine négocie la rétrocession de Hongkong. L’accord sino-britannique de 1984 signé par Deng Xiaoping et Margaret Thatcher accorde au territoire le statut particulier de Région Administrative Spéciale et prévoit la rétrocession pour le 1er juillet 1997. Il précise également que Hongkong devra conserver de 1997 à 2047 un certain degré d’autonomie en vertu du principe "Un pays, deux systèmes". L’Assemblée nationale populaire chinoise adopte en ce sens en 1990 une Loi fondamentale garantissant à Hongkong la conservation de sa monnaie, de son administration et de son système judiciaire.

La rétrocession de Hongkong à la Chine suscite l’inquiétude des Hongkongais qui craignent des atteintes au libéralisme économique et à la démocratie. En 1992, la réforme initiée par Christopher Patten, dernier gouverneur nommé par le Royaume Uni, prévoyant l’élection des membres du Conseil Législatif, suscite l’irritation chinoise. Elle contraint aussi le gouvernement chinois à promettre l’élection d’une assemblée représentative en 1998.…

La rétrocession est précédée de l’entrée dans Hongkong de 4 000 hommes de troupe de l’Armée populaire de libération à bord de blindés, d’hélicoptères et de bateaux. L’installation de la garnison chinoise se poursuit les jours suivant pour atteindre un effectif de 10 000 hommes. Un tel déploiement symbolise le transfert de souveraineté entre la Grande Bretagne et la Chine, tandis que la présence d’engins anti-émeutes constitue un avertissement inquiétant pour les milieux démocrates.

Julie Le Gac

Éclairage média

Ce reportage présente une vision délibérément positive et lissée de la rétrocession de Hongkong à la Chine.…

Il convient tout d’abord de souligner l’attention particulière accordée à cet événement, comme en témoigne la présence d’un envoyé spécial, Daniel Bilalian. Ce document s’efforce de souligner l’importance symbolique des défilés militaires. La présence de la garnison chinoise témoigne en effet du transfert de souveraineté entre la Grande Bretagne et la Chine.

Il insiste par ailleurs sur l’enthousiasme de la population suscité par la rétrocession. La fin de la colonisation satisfait en effet les aspirations nationalistes des Hongkongais et des Chinois. Toutefois, le reportage semble sous-estimer les inquiétudes d’ordre libéral ressenties par les habitants de Hongkong. En ces journées de festivité, le reportage tourne volontairement le dos à la critique, même s’il rappelle que la vision d’un défilé de chars rappelle la répression de la place Tien an Men de 1989.

Julie Le Gac

Transcription

Daniel Bilalian
Après les festivités officielles d'hier soir, et de ce soir encore, vous venez de les voir, effectivement, la première manifestation tangible de la présence chinoise, ici, à Hong Kong, c'est l'armée. Quatre mille hommes de troupes qui sont arrivés par les airs, par bateau et aussi par camions de la frontière entre Hong Kong et la Chine. Ils ont pris la place, dans les casernes, des soldats britanniques qui étaient partis la veille au soir. C'est un geste politique fort adressé au monde, les Etats-Unis, l'Angleterre l'ont bien compris, qui ont boudé les premières festivités du nouveau gouvernement de Hong Kong. Geste politique fort également destiné à la Chine, puisque ces hommes qui sont arrivés ici marquent que cette rétrocession n'est pas simplement, je dirais vulgairement, la fin d'un bail commercial de quatre-vingt dix-neuf ans, mais une reconquête. Reconquête pacifique, certes, mais reconquête tout de même d'un morceau important du territoire chinois. Reportage : Jérôme Bony, Bernard Ronflet.
Journaliste
L'histoire en marche, et les Hongkongais qui la regardent passer. Ce matin, dès l'aube, l'Armée populaire de libération reprend possession de la colonie britannique. A l'appel de comité de quartier, les riverains sont tombés du lit pour venir acclamer les nouveaux maîtres du territoire. Des militaires à la tête remplie de leur mission : laver l'affront infligé par les Britanniques lors des guerres de l'opium, au XIXème siècle.
Inconnu
" Après cent cinquante ans de contrôle colonial sur Hong Kong, je voulais voir les soldats arriver, leur souhaiter la bienvenue et admirer la puissance de leur armée ".
Journaliste
D'autres Hongkongais se sont émus de voir surgir ces blindés, rappelant ceux de la répression du mouvement de Tien-an-Men, en 1989. Mais ce contingent de quatre mille cinq cents hommes ne touchera pas aux questions de sécurité publique. Il vient simplement affirmer le changement de souveraineté sur Hong Kong, de la façon la plus voyante, sur terre comme en mer, pour montrer que le jour J tant attendu par Pékin est enfin arrivé. A l'Etat-major du régiment du Prince de Galles, les Hongkongais découvrent une relève de la garde d'un nouveau style.
Inconnu
" La population, toute des chinois, ici. C'est 99 %, c'est chinois. C'est mieux comme ça ".
Journaliste
Personne ne peut l'ignorer : ce 1er juillet, Hong Kong n'est plus ce qu'elle était.