Sommet de la Terre à Rio

05 juin 1992
02m 06s
Réf. 01664

Notice

Résumé :

Du 3 au 14 juin 1992, une Conférence mondiale sur l'environnement se tient à Rio de Janeiro au Brésil. En marge du sommet, la délégation française organise des actions éducatives de sensibilisation aux problèmes liés à la maîtrise de l'eau.

Date de diffusion :
05 juin 1992
Date d'événement :
03 juin 1992

Contexte historique

La Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement (CNUED) ou Sommet de la Terre se déroule à Rio de Janeiro, au Brésil, du 3 au 14 juin 1992. Cette conférence constitue une étape décisive dans la prise en charge des problèmes environnementaux au niveau international. En effet, même si depuis la première Conférence mondiale sur l'environnement, tenue à Stockholm en 1972, une série d'accords avaient vu le jour (notamment concernant la protection de la couche d'ozone, avec le Protocole de Montréal signé en 1987), la rencontre de Rio est exceptionnelle à la fois par son ampleur (178 pays représentés) et son retentissement médiatique. A Rio, certaines préoccupations scientifiques deviennent des enjeux politiques et sociétaux.

A la suite de la conférence le concept de "développement durable" est largement diffusé et permet au grand public comme aux décideurs de prendre conscience de la nécessité de concilier aménagements humains et sauvegarde des ressources naturelles. En pratique, une série de conventions est signée afin de parvenir à une harmonisation des législations mondiales sur l'environnement. Parmi les nombreux accords conclus sur place, la Charte de la Terre rappelle les 27 principes fondamentaux de sauvegarde de la planète : l'égalité d'accès aux ressources de la planète, la nécessité de lier développement humain et préservation de l'environnement, le principe d'indemnisation par le pollueur. 150 pays s'engagent également à limiter les émissions de gaz à effet de serre en signant une Convention sur le changement climatique.

C'est un premier pas vers un accord plus précis, avec des objectifs chiffrés, signé en décembre 1997 : le Protocole de Kyoto. Ce sommet constitue une réelle avancée dans la prise en compte des problèmes environnementaux, notamment dans l'industrie. Cependant la mise en oeuvre des textes adoptés s'avère plus difficile, car elle nécessite un réel engagement financier, que ne peuvent pas toujours fournir les pays les plus pauvres. La mauvaise volonté de certaines grandes puissances contribue également à y faire obstacle. Ainsi, en 2009, les Etats-Unis n'ont toujours pas ratifié le Protocole de Kyoto.

Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Le présentateur affiche d'emblée un bilan mitigé de la Conférence qui se tient au même moment à Rio, en évoquant les avancées mais en insistant surtout sur les points de désaccord, obstacles à un règlement réellement mondialisé des problèmes environnementaux. Le reportage ne traite que du problème de l'eau, mais il développe les multiples enjeux de cette question dans un sommet international.

Ainsi, Ségolène Royal, alors Ministre de l'Environnement du gouvernement Bérégovoy, entend afficher la détermination politique de la France dans ce domaine par un geste symbolique (arrosage d'une jeune pousse). En même temps, elle demande la tenue d'une Convention mondiale sur le thème de l'eau. Cette proposition n'est pas retenue, mais le 22 mars est déclaré "Journée Mondiale de l'Eau". La présentation au centre culturel Casa Franca Brasil des maquettes de l'exposition du Parc de la Villette n'a pas seulement pour but de sensibiliser les enfants présents à la gestion de cette ressource vitale. Les images et le commentaire de la journaliste nous éclairent sur une réunion portant sur les enjeux économiques du sommet, tenue en marge des négociations officielles. Sylvain Pietrasanta, président de l'Institut français de l'environnement, y explique avec une grande franchise qu'à Rio, les industriels français cherchent avant tout à vanter leur savoir-faire pour conquérir de nouveaux marchés.

La journaliste conclut son reportage par des remarques très pertinentes sur les ambiguïtés du sommet. D'un côté, l'aide débloquée par les pays du Nord facilite l'exploitation des ressources naturelles par les pays du Sud, dans le respect de l'environnement. De l'autre, les Etats les plus pauvres sont sommés d'accepter que des denrées vitales comme l'eau aient un coût et s'échangent sur le marché mondial, auquel ils n'ont qu'un accès limité.

Emeline Vanthuyne

Transcription

Journaliste
Restons précisément à Rio, première signature mais aussi premières divisions entre pays pour sauver la planète. Au moins vingt nations, dont la France et l'Allemagne, se sont engagées à protéger les un million et demi d'espèces animales et végétales qui vivent sur Terre, et bien seuls les États-unis ne signeront pas cette convention. Vendredi c'était la journée de l'eau, l'eau source de vie, sur place, Sophie Jouve.
Sophie Jouve
Ségolène Royal dans son nouveau rôle d'ambassadrice de l'eau. L'eau, c'est le thème choisi par les Français pour les représenter à Rio. L'exposition de la Cité des sciences et de l'industrie de la Villette est donc venue prendre quelques jours de vacances à la Casa França-Brasil. Chaque année, dans le Tiers-monde, vingt-cinq millions d'enfants meurent pour avoir bu de l'eau non potable, alors ici on vante l'aide française pour dépolluer la rivière brésilienne, Paraiba do Sul, là, l'efficacité de nos agences de bassins. Et on regrette que lors du sommet de la Terre, ce précieux liquide fasse simplement l'objet d'un chapitre de l'agenda 21 qui dresse le catalogue des actions urgentes.
Ségolène Royal
Après la convention sur le climat et la convention sur la diversité biologique, nous pensons que la troisième étape, tout de suite après Rio, sera de travailler sur une convention sur l'eau.
Sophie Jouve
Mais dans l'agenda 21, le Nord prévoit déjà des milliards de dollars pour aider le Sud à résoudre ses problèmes d'eau. De quoi lui permettre en premier lieu de dresser un inventaire de ses ressources, mais aussi d'assurer l'approvisionnement en eau potable. Un marché juteux que les industriels français, leaders mondiaux en la matière, ne veulent surtout pas manquer.
Sylvain Pietrasanta
Nous sommes en train de signer des contrats avec des entreprises et avec des collectivités. Voyez-vous ici nous avons fait une exposition, mais c'est pour faire passer le message. De façon tout à fait concrète, nous avons vingt-et-une entreprises qui sont présentes et qui négocient des contrats de travail dans le domaine de l'eau.
Sophie Jouve
Et puisque aujourd'hui quatre-vingts pour cent des réserves d'eau sont consacrées à irriguer des terres, l'agenda 21 prévoit de donner à l'eau une valeur marchande, un coût. En France, l'idée a eu du mal à faire son chemin, ce sera encore plus difficile pour le Tiers-monde.