Révolution cubaine : la prise du pouvoir par Fidel Castro

28 janvier 1959
01m 04s
Réf. 01673

Notice

Résumé :

Après des années de guérilla, les révolutionnaires cubains prennent le pouvoir à La Havane. Leur chef, Fidel Castron est acueilli triomphalement dans la capitale et reçoit le soutien de la population face aux premières critiques américaines.

Type de média :
Date de diffusion :
28 janvier 1959
Date d'événement :
08 janvier 1959
Source :

Contexte historique

Le régime autoritaire et corrompu de Fulgencio Batista, au pouvoir depuis le coup d'état du 10 mars 1952, est combattu par un groupe d'opposants au régime menés par le jeune avocat Fidel Castro. Après l'échec de sa tentative de soulèvement armé du 26 juillet 1953, Castro est contraint à l'exil au Mexique. Il y rencontre Ernesto Guevara, jeune médecin argentin, et s'initie aux techniques de la guérilla. Il reprend la lutte armée contre le régime de Batista en 1956 et trouve des soutiens dans toutes les couches de la société, étudiants, ouvriers, paysans.

En janvier 1959, après deux ans de guérilla, l'Armée rebelle de Castro profite d'une grève générale qui paralyse le pays pour prendre le pouvoir triomphalement à La Havane. Le retentissement de la révolution cubaine est alors immense, dans le monde entier. Dans les années 60, les révolutionnaires cubains mettent en place des réformes sociales radicales : réforme agraire limitant la propriété, grands travaux, lutte contre la pauvreté. Mais le régime est bientôt attaqué par les Etats-Unis : embargo, tentative de débarquement dans la baie des cochons, crise des fusées de Cuba. L'isolement diplomatique du pays accompagne la radicalisation du mouvement et son alignement sur l'unique allié du régime, l'URSS. Ces réformes voient ainsi la mise en place d'un parti unique, la répression politique, et la bureaucratisation du régime.

Dans les années 90, la chute de l'URSS entraîne le pays dans une crise économique : Castro se voit obligé d'ouvrir son marché au dollar et aux relations marchandes avec l'étranger. Dans le même temps, le régime politique se durcit alors que l'embargo américain a des conséquences économiques toujours plus dramatiques. Alors que les inégalités sociales s'accroissent dans le pays, où domine une classe de privilégiés proche du pouvoir, la fin de règne de Castro traduit l'usure et l'échec du projet de révolution cubaine. La grande popularité dont cette révolution jouissait dans les années 60 s'est aujourd'hui transférée sur la figure du Che, tombé au combat en Bolivie en 1967.

Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Ces images de la prise de pouvoir de Fidel Castro à la Havane sont extraites du journal des Actualités Françaises, qui résument les événements majeurs de la semaine écoulée. Le sujet rend tout d'abord compte de la liesse populaire qui accompagne le discours de Fidel Castro.

La mobilité de la caméra et la vue générale de la foule filmée depuis le balcon d'un immeuble permettent de rendre compte de l'ampleur de la manifestation qui se déroule à proximité du Palais présidentiel (évaluée par le journaliste à 1 million de personnes). Puis la caméra filme en plongée le bain de foule de Fidel Castro. La difficulté qu'il éprouve à se frayer un chemin malgré la protection militaire qui l'entoure et les gestes de dévotion de plusieurs femmes à son égard montrent ainsi la gigantesque popularité dont jouissent les révolutionnaires cubains et leur chef à leur arrivée au pouvoir en janvier 1959. Le soutien populaire s'exprime également sur les banderoles filmées en gros plan. Dans ce pays hispanophone, on peut y lire une inscription en anglais : "Nous, mères cubaines demandons l'exécution des tortionnaires qui ont assassiné nos enfants". Ce message est donc un signe de soutien au régime adressé directement à la communauté internationale en réponse aux critiques américaines. Dans son discours, Fidel Castro se sert d'ailleurs de ce soutien de l'opinion publique pour justifier l'exécution de certains dirigeants du régime déchu.

Enfin, ces images permettent d'observer les talents oratoires de Fidel Castro : il développe déjà ici une gestuelle très animée et caractéristique de la très grande théâtralisation de ses allocutions publiques. Ainsi, ses discours fleuves (qui peuvent durer plusieurs heures) utilisent toujours la même rhétorique : lutte contre l'impérialisme américain, justification de sa politique ses actes par la recherche de l'intérêt du peuple cubain (dont il sera néanmoins par la suite contraint d'orchestrer le soutien).

Emeline Vanthuyne

Transcription

Journaliste
Cette foule, on l'a évaluée à un million de personnes, un million de Cubains sont venus approuver devant le Palais présidentiel de la Havane l'exécution des chefs du régime déchu du Président Batista. Mais ils venaient surtout acclamer leur héros, Fidel Castro, dont l'arrivée provoqua un véritable délire. Fidel Castro critiqua avec véhémence les réactions américaines aux premières exécutions et confirma la poursuite des procès des criminels de guerre.