Intervention américaine en Afghanistan

08 octobre 2001
02m 08s
Réf. 01706

Notice

Résumé :

Quelques semaines après le 11 Septembre 2001, les Américains lancent une offensive en Afghanistan. Le soutien des Talibans au terroriste Ben Laden accélère ainsi la chute d'un régime qui portait gravement atteinte aux droits de l'homme.

Date de diffusion :
08 octobre 2001
Source :

Contexte historique

En 1992, après l'effondrement du régime mis en place par les soviétique, des combats s'engagent entre combattants (moudjahidins) de factions rivales pour le contrôle du pays. Après 4 années de lutte armée, les Talibans arrivent au pouvoir avec le soutien du Pakistan. Ils instaurent alors un régime islamiste dirigé par le mollah Omar. Malgré la résistance du principal organe d'opposition au régime, l'Alliance du Nord, les hommes au pouvoir s'assurent du contrôle de toutes les grandes villes du pays dès 1998.

Le régime taliban fait alors l'objet de nombreuses condamnations de la communauté internationale en raison de ses atteintes aux droits de l'homme. Les Talibans entendent ainsi appliquer strictement la loi coranique (la charia). Mais leur interprétation engendre une forte restriction de certaines libertés individuelles : port de la barbe obligatoire pour les hommes et de la burqa (long voile les couvrant de la tête aux pieds et ne laissant transparaître que les yeux à travers une ouverture grillagée) pour les femmes; interdiction pour les Afghanes de sortir seules, de faire des études ou de travailler...

En décembre 2000, l'ONU décide de prendre des sanctions financières contre un gouvernement qui laisse prospérer le trafic de drogue à l'intérieur de son pays et soutient le chef du réseau terroriste islamiste, Oussama Ben Laden. Les événements s'accélèrent après les attentats du 11 septembre 2001. Deux jours plus tôt, la mort du commandant Massoud, chef de file de la résistance semblait pourtant marquer une nouvelle victoire des Talibans. Mais le soutien que ces derniers apportent à Ben Laden, réfugié dans les montagnes du pays, entraîne le courroux de Washington . Dès le 17 septembre, le Sénat américain autorise le président Bush à entrer en guerre contre l'Afghanistan. Les bombardements américains sur le pays commencent le 7 octobre et permettent l'avancée des troupes rebelles de l'Alliance du Nord qui entrent dans Kaboul le 13 novembre. La fin du régime taliban ouvre une période d'instabilité politique que tentent de résoudre les accords de Bonn signés le 5 décembre sous l'égide de l'ONU. D'une part, un gouvernement provisoire dirigé par Hamid Karzaï assure la transition démocratique jusqu'à la tenue d'élections libres ; d'autre part, l'ONU envoie à Kaboul une force de maintien de la paix, l'ISAF ( Force Internationale d'Assistance pour la Sécurité). Dans le reste du pays, les troupes américaines se maintiennent. En 2003, l'OTAN prend le relais de l'ISAF.

Depuis janvier 2004, le nouveau régime se consolide: proclamation d'une République islamique, dotée d'une nouvelle constitution; tenue d'élections présidentielle et législative libres. Mais ces avancées ne peuvent cacher les graves difficultés que le pays doit encore surmonter. Sur place, des incidents sanglants persistent. La situation économique est préoccupante et les élections ont porté au pouvoir des chefs de guerre et des narco-trafiquants qui contribuent aux trafics illégaux qui gangrènent l'Afghanistan.

Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Le reportage est tourné au lendemain des premières frappes américaines sur les infrastructures des Talibans. L'incrustation "Riposte USA" en haut et à gauche de l'image montre que le dossier spécial sur l'Afghanistan occupe une place importante dans cette édition spéciale du journal. La guerre menée par les Américains s'inscrit dans le cadre de la politique anti-terroriste mise en place après les attentats du 11 Septembre.

Alors que l'opinion internationale est encore sous le choc des images du World Trade Center, la guerre ouverte contre les Talibans est ouvertement orientée vers la destruction des bases arrières des dirigeants terroristes d'Al Qaïda : pour le reporter, les USA et les rebelles afghans luttent d'ailleurs contre l'union des forces des Talibans et de Ben Laden. Les journalistes recueillent ici les réactions des civils (on remarque l'absence significative des femmes) d'un village voisin de Kaboul proche de la ligne de front. Ces Afghans apparaissent alors comme de simples spectateurs des combats : à l'image des hommes armés et munis d'une radio qui observent les tirs d'artillerie perchés sur le toit d'une maison ou du vieillard qui décrit les tirs américains de la veille. Ce sont principalement des hommes âgés et des enfants qui fuient leur village en direction de la capitale à bord de chariots très rudimentaires ou à bicyclette. Le témoignage d'un vieil homme semble traduire l'état d'esprit général de la population afghane. Il évoque les Talibans comme des éléments extérieurs au pays, à la solde du Pakistan. Ainsi les civils qui ne peuvent participer au combat soutiennent l'action des résistants qui avancent vers la capitale avec l'appui américain. Contrairement à ce que semble alors craindre le journaliste, cet isolement du régime permet une prise assez rapide de Kaboul, un mois plus tard.

A la fin du reportage, le reporter se place en situation, face caméra, pour insister sur les dangers encourus par la population face à l'âpreté des futurs combats. Il anticipe ici sur la suite des événements et contribue à la dramatisation de l'événement. Si la guerre en Afghanistan a permis de destituer un régime taliban isolé de l'ensemble de la population, les principaux dirigeants d'Al-Qaida dont Ben Laden ont réussi à fuir et se cacheraient toujours dans les montagnes du Nord du Pakistan.

Emeline Vanthuyne

Transcription

Journaliste
Bien que le plan américain reste mystérieux quant à la suite des évènements, on suppose que les Américains vont aider au maximum la résistance installée au nord du pays pour qu'elle prenne en main un certain nombre d'opérations contre les Talibans sur la route et en direction de la capitale, Kaboul. Sur place, nos envoyés spéciaux, Jérôme Bony, Patrick Desmulli.
Jérôme Bony
Pilonnage nocturne contre les positions des talibans. Au petit matin, sur ce front proche de l'aéroport de Bagram, au nord de Kaboul, la fumée blanche marque le départ d'un tir ennemi. Ici, les frappes américaines ont déclenché des échanges d'artillerie soutenus.
Inconnu
Quand les Américains ont bombardé Kaboul, les voitures des talibans sont sorties de la ville pour monter vers le front.
Jérôme Bony
A quelques kilomètres, Tcharikar est entouré de montagnes tenues par les talibans. La ville a été prise et reprise cinq fois en cinq ans de guerre. Certains habitants n'ont rien manqué de la première nuit de frappes américaines.
Inconnu 2
Nous avons vu arriver le missile avec une traînée de feu derrière. Jusqu'à maintenant, les talibans qui se battaient contre nous étaient soutenus pas les Pakistanais. C'est le Pakistan qui servait de base arrière aux terroristes. Ils sont entraînés là-bas, avant de venir ici en Afghanistan.
Jérôme Bony
Vous allez à Kaboul ?
Inconnus
Yes.
Jérôme Bony
La guerre ne leur fait plus peur, ils se croient déjà à Kaboul, mais la route vers la capitale afghane est minée à quelques kilomètres d'ici, c'est la ligne de front, et derrière cette ligne de front, de fortes concentrations des troupes des talibans et de Ben Laden. Ici, tout laisse à penser qu'avant la paix il y aura une phase d'activités militaires particulièrement acharnées.

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