Les immigrés en France en 2005

22 septembre 2005
01m 14s
Réf. 01824

Notice

Résumé :

Les résultats d'une étude de l'INSEE sur les immigrés en France sont détaillés.

Date de diffusion :
22 septembre 2005
Source :
Lieux :

Contexte historique

La population étrangère en France n'a cessé de croître depuis 1945. Elle est passée de 1 744 000 personnes en 1946 à 3 442 000 en 1975 - soit un an après la décision de suspendre l'immigration -, puis à 3 260 000 en 1999. Le nombre d'immigrés recensés par l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) apparaît, lui, encore plus important. En effet, dans ses enquêtes, l'INSEE distingue les étrangers, qui résident en France sans en posséder la nationalité, des immigrés qui sont "nés étrangers dans un pays étranger" et qui peuvent avoir gardé leur nationalité ou être devenus français. Il y avait ainsi 4 310 000 immigrés en France en 1999, soit 7,4% de la population totale. Cette proportion a même crû à 8,1% en 2004-2005, selon une étude de l'INSEE parue en août 2006 et fondée sur les enquêtes annuelles de recensement: 4 930 000 immigrés se trouvaient en France en 2004-2005, dont 2 960 000 étrangers nés à l'étranger et 1 970 000 Français par acquisition nés à l'étranger. Le nombre d'immigrés a augmenté de 18% en quinze ans, puisqu'il était estimé à 4,1 millions en 1990. Quant à l'origine des immigrés, la part des Européens ne cesse de diminuer: de 57% en 1975, elle est tombée à 40% trente ans plus tard. En 2004, 1,7 million provenaient des vingt-cinq pays de l'Union européenne, suivis par 1,5 million originaires du Maghreb. C'est en fait surtout le nombre des immigrés venus d'Afrique subsaharienne, d'Asie et d'Europe de l'Est qui a connu le plus fort essor.

Si les immigrés occupent encore majoritairement des emplois peu qualifiés, leur niveau de formation s'est nettement élevé: en 2004, 24% d'entre eux possédait un diplôme de l'enseignement supérieur, soit quatre fois plus qu'en 1982. Les immigrés sont toutefois encore beaucoup plus sujets au chômage que le reste de la population : ils représentent plus de 16% des demandeurs d'emplois en 2005.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce sujet se veut exclusivement informatif. La journaliste se contente de reprendre les principales données de l'étude de l'INSEE sur l'immigration en France. Son commentaire apparaît totalement neutre, sans commentaire. La forme du reportage est du reste typique des sujets qui détaillent les résultats d'une étude ou d'un rapport. Alternent en effet images d'illustration et graphiques. Les plans proposés sont tous des images d'archives qui ne font qu'éclairer les commentaires de la journaliste. Elles ont été insérées dans l'unique but d'illustrer chacun des divers points de l'étude de l'INSEE. L'évocation du chômage des immigrés est ainsi appuyée par un plan sur les portes d'une agence de l'ANPE. L'équipe du reportage a de même choisi des images de grands ensembles de banlieues pour représenter la part des immigrés dans la population française. L'insertion récurrente de statistiques a, quant à elle, une visée éminemment pédagogique : il s'agit de mettre en valeur les principales données issues de l'étude de l'INSEE, qui forment bel et bien la base du sujet.

Christophe Gracieux

Transcription

Journaliste
L'immigration en France, on en reparle ce matin avec les nouveaux chiffres de l'INSEE. Ils viennent de tomber, des chiffres qui dessinent un nouveau visage : l'origine géographique des immigrés est en train de changer, mais aussi leur sociologie, on en voit le détail avec Christelle Marty.
Christelle Marti
Depuis les années soixante-dix, la part des immigrés dans la population française est restée stable. Au dernier recensement de 99, ils étaient u peu plus de quatre millions, en situation régulière ou non, soit plus de 7% de la population française. La plupart vient d'Europe. Mais la part des immigrés maghrébins, noir africains et asiatiques a considérablement augmenté ces dernières années. Ils s'installent en France le plus souvent pour motif familial, ou pour fuir la situation politique de leur pays d'origine. Deux immigrés sur trois sont employés ou ouvriers. Grâce à un niveau d'études en nette progression depuis les années quatre-vingt, ils occupent de plus en plus d'emplois qualifiés mais sont encore les plus touchés par le chômage, avec un taux de plus de 16%, deux fois plus que pour le reste de la population. Les immigrés, qui vivent le plus souvent en couple, avec enfant, font toujours partie des plus défavorisés en France. En 2001, 15% de ces ménages vivaient en dessous du seuil de pauvreté, bien plus que la moyenne nationale.