Les entreprises françaises à la conquête du marché chinois

09 octobre 2004
02m 10s
Réf. 01840

Notice

Résumé :

Dans le contexte de mondialisation, les entreprises françaises s'efforcent d'accroître leurs exportations, et en particulier de profiter de la croissance chinoise.

Date de diffusion :
09 octobre 2004
Lieux :

Contexte historique

L'ouverture de la Chine au capitalisme suscite les convoitises des entreprises occidentales. Sur le marché chinois, les entreprises françaises se sont montrées moins promptes que leurs homologues américaines ou allemandes. Avec 1,4% de part de marché pour ses exportations en Chine, la France n'est que le 11ème partenaire économique de la Chine et se situe très loin derrière les 5% allemands. Or, la Chine est, pour les entreprises françaises, soit une base d'approvisionnement à bas coûts, soit un nouveau marché, ce qui implique souvent de s'y implanter directement.

Le voyage officiel de Jacques Chirac en octobre 2004 a dès lors pour objectif de rattraper le retard français, et de favoriser l'émergence de nouveaux accords économiques. Il est à ce titre accompagné des chefs des très grandes entreprises, tels Louis Schweitzer, patron de Renault, ou Anne Lauvergeon, à la tête d'Areva. Le voyage se solde par la signature le 9 octobre à Pékin d'accords économiques importants et de la conclusion de 4 milliards de contrats. Le ministère des transports chinois commande à Alstom 60 trains régionaux à grande vitesse, Areva reçoit l'assurance de construire les futures centrales nucléaires chinoises. Le président Chirac est également accompagné de patrons de Petites et Moyennes Entreprises, dont l'implantation en Chine est plus difficile.

Cette volonté de profiter de l'extraordinaire croissance chinoise (plus de 9% en moyenne annuelle) est motivée par le creusement du déficit extérieur de la France. Il atteint 7,8 milliards d'euros en 2004, et dépasse les 24 milliards d'euros en 2005. Ce déficit s'explique pour moitié par la hausse du prix du pétrole, et pour l'autre moitié par la perte de compétitivité des entreprises françaises. Cependant, cette volonté d'implantation en Chine suscite des craintes de délocalisation des entreprises et donc de hausse du chômage en France.

Julie Le Gac

Éclairage média

Ce reportage diffusé lors du journal télévisé de France 3 souligne la réussite du voyage en Chine de Jacques Chirac, accompagné d'une cinquantaine de chefs d'entreprise. L'accent est d'ailleurs mis sur ces chefs d'entreprise, et la signature d'accords commerciaux semble être le véritable objectif de ce voyage. Dès lors, les images de ces réunions d'entrepreneurs contrastent avec les plans classiques de défilés militaires, et le caractère très protocolaire de la visite.

Le commentaire s'abstient pourtant de relever ce décalage. Ce document met en exergue la formidable croissance de la Chine et son insatiable marche en avant, symbolisée par le défilé militaire présenté en arrière plan de l'intervention finale de la journaliste. S'il évoque les craintes des délocalisations exprimées par les Français, il se contente en guise de réponse, de la simple déclaration d'intention de Jacques Chirac. La loi des affaires semble bien l'emporter sur les droits de l'homme.

Julie Le Gac

Transcription

Journaliste
Jacques Chirac est à Pékin, aujourd'hui. Temps fort de sa visite de quatre jours en Chine, la France qui n'est que le onzième partenaire commercial de Pékin, derrière l'Allemagne, veut rattraper son retard. Ainsi aujourd'hui, au total, vingt accords et contrats ont été signés parmi lesquels presque un milliard et demi d'euros pour Alstom. Dans l'aéronautique, pas de commande d'A-380, mais des contrats pour quelques quarante-deux appareils Airbus. Sur place, à Pékin, Mémona Hintermann, Jean-Bernard Hayer.
Mémona Hintermann
Avec tous les honneurs du protocole, la Chine reçoit Jacques Chirac pour une deuxième visite d'État, ici. Et l'homme qui l'accueille sur la place Tienanmen, à Pékin, c'est Hu Jintao. Il cumule depuis quelques semaines l'ensemble des pouvoirs politiques et militaires. Cette fois, le Président de la République française voudrait aller plus loin dans le partenariat signé au début de l'année à Paris avec Hu Jintao. Cinquante-deux chefs d'entreprise accompagnent Jacques Chirac, jamais la France n'avait déployé une telle offensive économique dans cet immense pays.
Louis Schweitzer
Nous, nous souhaitons pouvoir fabriquer des voitures dès 2007. Il y a un investissement initial qu'on peut chiffrer à environ cinq cent millions d'euros, sur la période 2004-2007.
Mémona Hintermann
Anne Lauvergeon, la patronne d'Areva, le groupe nucléaire, peut sourire : elle va équiper des centrales nucléaires avec le concours d'EDF, un succès qui doit beaucoup à François Roussely, l'ex-patron d'EDF. Contrat aussi pour Airbus, Alstom notamment. Le pari : conquérir une part du gâteau chinois tout en évitant d'alimenter le chômage, en France.
Jacques Chirac
Pour répondre aux risques de délocalisation, nous avons l'exigence, c'est vrai, de nous mobiliser pour mieux aider les entreprises et soutenir les emplois les plus exposés à la concurrence internationale.
Mémona Hintermann
La Chine accélère chaque jour sa course vers l'économie de marché. A Pékin, puis Shanghai et Hong-Kong jusqu'à mardi, Jacques Chirac, appuyé par la plupart des grands patrons du CAC 40 français mais aussi des PME va montrer que la France est prête à saisir sa chance. Et aux dires des Chinois qui l'observent, le Président de la République sait se montrer plutôt bon commerçant.

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