Le premier vol de l'Airbus A 380

27 avril 2005
02m 54s
Réf. 01842

Notice

Résumé :

Le 27 avril 2005, l'Airbus A 380 effectue son premier vol à partir de l'aéroport de Toulouse-Blagnac.

Date de diffusion :
27 avril 2005
Source :

Contexte historique

Créé en 1970, afin d'organiser la coopération européenne aéronautique, Airbus ne cesse par la suite de se développer. Il devient même en 2003 le premier constructeur mondial d'avions, dépassant Boeing. Désireux de concurrencer le Boeing 747, tout-puissant dans le secteur des gros porteurs, Airbus lance dès 1993 un projet d'avion de ligne géant. EADS, né en 2000 de la fusion des constructeurs français Aerospatiale Matra, allemand Dasa et espagnol Casa, autorise en décembre 2000 sa filiale Airbus à lancer l'A 380.

Présenté officiellement le 18 janvier 2005 à Toulouse, il s'agit du plus grand avion de ligne du monde. Long de 73 mètres et large de 79,80 mètres, il est capable de transporter entre 555 et 840 passagers, suivant les versions. L'A 380 effectue son premier vol d'essai le 27 avril 2005 à partir de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, devant 50 000 spectateurs. Il emporte alors à son bord un équipage de six personnes dont deux pilotes, Claude Lelaie et Jacques Rosay, ainsi que des bonbonnes d'eau qui simulent le poids des passagers. Lors de ce vol inaugural, l'appareil pèse 421 tonnes, ce qui en fait le plus lourd avion à décoller au monde. Le vol, d'une durée de 3 heures 51, se déroule sans problème et marque le début d'un programme d'essais.

L'A 380, dont l'exploitation commerciale devait initialement débuter au cours de l'année 2006 connaît cependant d'importants retards de livraison. Ces retards sont essentiellement dûs à des difficultés de coordination entre les sites de construction de l'avion. L'appareil a en effet été découpé en plusieurs tronçons construits simultanément au Royaume-Uni, en France, en Allemagne et en Espagne, tandis que son assemblage a lieu à Toulouse. Or, ces différentes usines ne disposent pas d'outil informatique commun, ce qui rend délicate la réalisation des 500 kilomètres de câble électrique et des 300 000 points de connexion à l'intérieur de l'avion. Après la révélation de ces retards, EADS a traversé une importante crise au cours du premier semestre 2006.

Pour y faire face, son coprésident, Noël Forgeard a été remplacé par Louis Gallois en juillet 2006, et Christian Streiff a été nommé à la tête d'Airbus. Le responsable du programme de l'A 380 a quant à lui été limogé, tandis que le 4 septembre 2006, 474 salariés du groupe Airbus ont testé le premier vol passagers.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Faisant l'ouverture du journal de 20 heures de France 2 le 27 avril 2005, ce sujet rend compte du premier vol de l'Airbus A 380, qui a eu lieu le jour même. Sa composition et ses images obéissent très largement aux canons de ce genre de reportage, montrant des vols aériens inauguraux. Il comprend en effet des plans traditionnels du décollage, du vol et de l'atterrissage de l'appareil. De la même manière, l'avion est présenté sous tous les angles : filmé en travelling et de face lors de son décollage, de côté et de dessus durant son vol grâce à une caméra embarquée à bord d'un avion d'accompagnement. Des images tout aussi habituelles de l'équipage en combinaison orange d'essai, ainsi que des applaudissements des spectateurs, sont également insérées.

Le reportage ne se réduit cependant pas à une présentation classique du premier vol d'un appareil. Le journaliste a aussi voulu lui donner une tonalité humaine, par l'intermédiaire des interviews de membres d'équipage et de spectateurs, et par l'extrait du discours du PDG d'EADS Noël Forgeard. Lui-même se met en scène devant l'avion à la fin du sujet.

Christophe Gracieux

Transcription

David Pujadas
Mission accomplie, donc, pour Airbus. Chacun retiendra de cette journée l'image de ce mastodonte de plus de quatre cent tonnes qui s'est envolé en douceur, presque au ralenti. L'A380 s'est même permis avant l'atterrissage de saluer la foule en effectuant une boucle à basse altitude. Patrice Pelé, Rémi Poissonnier, sur place, à Blagnac.
Patrice Pelé
Dix heures vingt neuf, les deux pilotes d'essai poussent les moteurs à fond. Les quatre cent tonnes de l'Airbus s'élancent alors sur la piste, avec de chaque côté plusieurs milliers de spectateurs. Image impressionnante de l'A380 qui prend de la vitesse et se détache du béton après seulement trente-quatre secondes de course, on entend à peine les moteurs. Au sol, chez les employés d'Airbus, c'est la satisfaction.
Inconnu
On est très fier de participer à ce projet, quoi, c'est, c'est une fierté toulousaine.
Inconnu 2
Voir décoller le plus gros avion du monde commercial, c'est quand même quelque chose de beau et d'impressionnant encore.
Patrice Pelé
C'est Jacques Rosay, ici à gauche, qui est aux commandes pour le décollage. Et c'est le même homme qui, quelques minutes plus tard, nous livre ses premières impressions.
Jacques Rosay
Nous sommes actuellement au sud de Toulouse, treize mille pieds, environ quatre mille mètres, nous sommes maintenant en train de, d'essayer le pilote automatique.
Patrice Pelé
Ce vol de quatre heures est somptueux : un trajet en boucle passant au-dessus des Pyrénées, frôlant l'Atlantique avec un retour par Bordeaux, Albi et Auch. Et puis tout à coup, émotion, une alarme s'allume.
Jacky Joye
On a eu un signal cockpit comme quoi une des portes de train, pas une des jambes de train mais une des portes de train n'était pas rentrée. Alors on a, on avait un avion d'accompagnement, il est venu voir, il s'est approché suffisamment près pour regarder et en fait tous les trains étaient rentrés, toutes les portes étaient correctement verrouillées.
Patrice Pelé
Fausse alerte, donc, et finalement l'A380 se pose vers quatorze heures trente sur la piste de Toulouse Blagnac dans un tonnerre d'applaudissements. Et là, surprise, à peine l'avion arrêté, Claude Lelaie ouvre la fenêtre du cockpit et filme la tribune officielle. Décidemment, ces pilotes peuvent recevoir la palme de la décontraction. Le président Noël Forgeart s'adresse ensuite au public dans un anglais teinté d'occitan. Voilà pour ce premier vol, mais il reste encore bien des choses à faire. Dans quelques jours, l'A380 reprendra sa série d'essais en vol pour une période d'un an, des essais nécessaires et complets avant la livraison de l'avion aux clients.