Les Journées mondiales de la jeunesse à Paris

24 août 1997
01m 35s
Réf. 01856

Notice

Résumé :

Les Journées mondiales de la jeunesse se sont déroulées avec succès à Paris du 18 au 24 août 1997 en présence du pape Jean-Paul II.

Date de diffusion :
24 août 1997

Contexte historique

Depuis 1986, l'Eglise catholique organise chaque dimanche des Rameaux la Journée mondiale de la jeunesse. Et, tous les deux ou trois ans, un grand rassemblement, les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), réunit dans une ville pendant plusieurs jours des jeunes catholiques du monde entier, en présence du pape. La plus grande édition a eu lieu en 1995 à Manille, aux Philippines, où cinq millions de fidèles catholiques se sont rassemblés. Les XIIe Journées mondiales de la jeunesse se sont, elles, déroulées à Paris, du 18 au 24 août 1997, en présence de Jean-Paul II. Le Champ de Mars accueille dès le 19 août 300 000 jeunes du monde entier, puis près de 500 000 le 21 août, lors d'une messe célébrée par Jean-Paul II. Ce dernier procède ensuite, le 22 août, à Notre-Dame-de-Paris, à la béatification de Frédéric Ozanam, fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Après une veillée ayant rassemblé sur place 750 000 fidèles, Jean-Paul II célèbre le 24 août la messe de clôture des JMJ sur l'hippodrome de Longchamp. Plus d'un million de personnes y participent, même si tous ne sont pas des jeunes au sens strict. Les Journées mondiales de la jeunesse organisées à Paris ont donc connu un succès indéniable, qui a même surpris l'Eglise.

La réussite de cette manifestation apparaît avant tout due à la personnalité de Jean-Paul II. Faisant l'objet de la part des jeunes catholiques d'une grande admiration, bien qu'ils ne le suivent pas dans ses prescriptions morales, le souverain pontife a été acclamé avec enthousiasme lors des cérémonies du Champ de Mars et de Longchamp. Toutefois le succès des Journées mondiales de la jeunesse n'entraîne aucun renforcement notable de la pratique religieuse des jeunes en France dans les années suivantes. Après Paris, les Journées mondiales de la jeunesse suivantes furent successivement organisées à Rome en 2000, à Toronto en 2002 et à Cologne en 2005, édition qui se déroula pour la première fois en présence du successeur de Jean-Paul II, Benoît XVI. Les prochaines sont prévues à Sydney, en Australie, en 2008.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce reportage, bien qu'assez court, apparaît dense. Prenant la forme d'un sujet rétrospectif, il tente de résumer l'ensemble des moments marquants des Journées mondiale de la jeunesse qui ont pris fin le jour même. Il offre ainsi un montage d'images très diverses, qui vont de plans d'ensemble sur la foule bariolée des jeunes catholiques du monde entier à des plans centrés sur Jean-Paul II, en passant par un extrait d'interview de l'archevêque de Paris, le cardinal Lustiger.

Les auteurs de ce sujet ont choisi d'aborder les Journées mondiales de la jeunesse sous plusieurs angles. Ils mettent d'abord en valeur le très grand succès de ce rassemblement : des plans témoignent de l'ampleur de la foule des jeunes massés au Champ de Mars, puis sur l'hippodrome de Longchamp. Ces images laissent du reste entrevoir la diversité des jeunes participants de même que la dimension festive de ces Journées mondiales de la jeunesse. Enfin, le sujet se réfère constamment à Jean-Paul II et à son message. On le voit ainsi lors des grandes célébrations avec les jeunes, et passant au milieu de la foule dans sa célèbre papamobile. Le plan sur une banderole dans la foule proclamant "Saint-Père vous êtes notre jeunesse" est censé illustrer l'admiration particulière de ces jeunes catholiques envers le pape. Le sujet aborde également la question de sa santé. Des images le montrent marchant avec difficulté et semblant souffrir de la chaleur.

Du reste, à partir de la révélation de sa maladie au milieu des années 1990, et jusqu'à sa mort, le 2 avril 2005, très rares ont été les reportages consacrés à Jean-Paul II qui n'ont pas fait référence à son état de santé. Il faut signaler en dernier lieu que la couverture télévisuelle des Journées mondiales de la jeunesse a été très importante de la part des chaînes publiques. Elles y ont consacré de nombreux sujets, émissions spéciales et retransmissions en direct de cérémonies. Les défenseurs de la laïcité et les opposants au pape ont jugé disproportionnée la place accordée à cet événement et peu conforme à la neutralité religieuse. La même polémique a vu le jour en avril 2005 en raison de la grande médiatisation du décès de Jean-Paul II.

Christophe Gracieux

Transcription

Journaliste
Succès éclatant, donc, pour cette visite de Jean-Paul II en France, avec une foule deux fois plus nombreuse que celle prévue pour les visites de France. C'est l'heure des bilans et c'est plutôt encourageant. Explications tout de suite : Patrice Ramedenne.
Patrice Ramedenne
Trois cent mille personnes au Champ de Mars la veille de l'arrivée du Pape, cinq cent mille le lendemain au même endroit pour fêter le Saint Père, et un million à Longchamp, théâtre d'une veillée et d'une messe qui témoignent du succès de la visite papale. Plus que jamais, Jean-Paul II draine les foules. A l'occasion de ces JMJ, Paris a hébergé un concentré de la planète, Paris a vu les mille et un visages de la foi catholique. Et l'Église, qui appréhendait ce rendez-vous estival, a tous lieux de se réjouir.
Jean-Marie Lustiger
Ces sept cent mille, ils sont la jeunesse qui frappe à la porte et qui dit : qu'est-ce que vous me racontez ? Dites-moi ce que vous pensez, parlez vrai, ne racontez pas d'histoires.
Patrice Ramedenne
L'autre enseignement de ces JMJ, c'est la prédominance du message d'amour : l'amour de Dieu, symbolisé par le visage de Sainte Thérèse de Lisieux qui émerge de la foule au Champ de Mars, l'amour du prochain affirmé lorsque Jean-Paul II exalte les droits de l'homme au Trocadéro, avant que n'éclate avec force le message social de l'Église, lorsqu'à Notre-Dame Jean-Paul II béatifie Frédéric Ozanam, un Catholique laïc du dix-neuvième siècle, l'apôtre des pauvres. Reste la santé du Pape : certes, il souffre de la maladie de Parkinson, certes, il est apparu fatigué, mais en dépit de la canicule son programme n'a pas été allégé et il a lui-même donné rendez-vous aux jeunes à Rome, en l'an 2000.