La pratique religieuse en France en 1998

31 mars 1998
01m 14s
Réf. 01858

Notice

Résumé :

Présentation des principales conclusions d'une enquête de l'INSEE sur les religions en France.

Date de diffusion :
31 mars 1998
Source :
Lieux :

Contexte historique

Le sentiment religieux ne cesse de s'éroder en France. 26% des personnes interrogées par CSA se déclarent ainsi sans religion en 2003. Les jeunes s'éloignent en particulier de plus en plus de la religion : parmi les 18- 24 ans, les non-croyants étaient 18% en 1957, mais 39% en 1997. Même si le phénomène est général, c'est l'Eglise catholique qui est de loin la plus touchée par cette dégradation. Alors qu'en 1945, 90% des Français se disaient catholiques, ils ne sont plus que 81% en 1981 et 62% en 2003. Le déclin est surtout sensible au niveau des pratiques. Le pourcentage des messalisants, c'est-à-dire ceux qui assistent à la messe dominicale, passe de 30% en 1960 à quelque 10% dans les années 2000.

La diminution de l'assistance à la messe s'est surtout produite entre 1969 et 1975, chutant de 25% à 15%, puis la diminution s'est ralentie. Le nombre des sacrements a également connu un important recul. Seuls 52% des enfants français ont reçu le baptême catholique en 2000 contre 91,7% en 1958, même si le nombre des baptêmes d'adultes, les catéchumènes, est en augmentation - il y en a quelque 3 000 par an. De même, le mariage religieux ne représente plus en 2004 que 35,6% des mariages célébrés, contre 77,4% en 1968.

Les pratiques religieuses se sont quant à elles beaucoup diversifiées depuis les années 1960. L'Islam est ainsi devenu à partir des années 1980 la deuxième religion de France, sous l'effet des forts flux migratoires venus du Maghreb et d'Afrique noire: on compte environ 5 millions de musulmans. Néanmoins, seuls 36% de ces musulmans de France se disent pratiquants. En revanche, ils sont environ 70% à respecter le jeûne du ramadan. Les protestants, au nombre d'un million, pratiquent à peu près dans les mêmes proportions que les catholiques. Quant aux juifs, seuls 15% observent strictement les prescriptions, 49% ne respectent que quelques recommandations essentiellement alimentaires et 36% sont non-observants.

Le déclin des pratiques est donc un phénomène général, mais il n'empêche pas la permanence et la diversification du fait religieux dans la société française.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce bref sujet se contente de reprendre les principales conclusions d'une étude de l'INSEE sur les religions en France. Une série de données est livrée aux téléspectateurs, sans que le journaliste ne propose d'analyse expliquant les attitudes des Français envers la religion. Comme dans la plupart des sujets consacrés à la parution d'une enquête ou d'un rapport, ce reportage n'est constitué que d'un montage d'images d'illustration. Celles-ci ne servent en effet qu'à venir en appoint du commentaire. Les multiples images de piétons de tous âges n'ont même aucun lien direct avec le thème du reportage. Les autres plans insérés dans le sujet, qui montrent rapidement l'intérieur de lieux de cultes - une église, un temple, une synagogue et une mosquée -, illustrent les quatre grandes religions de France.

Christophe Gracieux

Transcription

Journaliste
Un Français sur quatre ne croit plus à rien, ce qui veut dire qu'un Français sur quatre se dit sans religion, ce qui veut dire que l'INSEE a mené une enquête en 1996 sur une dizaine d'années, enfin aboutissant après une dizaine d'années, enquête menée donc auprès de huit mille famille pour arriver à ce résultat. William Irigoyen.
William Irigoyen
L'INSEE l'affirme, la distance entre les Français et la religion s'accroît. Aujourd'hui, 25% déclarent n'avoir ni pratique ni sentiment d'appartenance à un dogme, c'est trois points de plus qu'en 87. Toutes les tranches d'âge sont touchées par cette désaffection. Ce sont toutefois les quinze vingt-cinq ans qui se disent en plus grand nombre sans religion, 40% aujourd'hui, soit 7% de plus qu'il y a onze ans. En revanche, et c'est là le paradoxe, la pratique religieuse augmente. Elle est mesurée par une simple déclaration des intéressés et non par l'observance de rites. Les personnes âgées prennent plus fréquemment que les autres le chemin des églises, des temples, des synagogues, des mosquées, ou encore des monastères. Parmi les pratiquants, il y a en moyenne moins d'hommes que de femmes, davantage d'agriculteurs que de cadres, d'ouvriers ou d'artisans. Enfin, l'enquête révèle que les étrangers vivant dans l'hexagone pratiquent deux fois plus que les Français.