Henri Krasucki devient secrétaire général de la CGT

18 juin 1982
02m 01s
Réf. 01875

Notice

Résumé :

Reportage sur les grands moments du congrès de la CGT à Lille, qui voit Georges Séguy remplacé per Henri Krasucki.

Date de diffusion :
18 juin 1982
Source :

Contexte historique

Henri Krasucki remplace George Séguy en 1982, lors du 41e congrès. Ce dernier a fait les frais de la politique d'ouverture vers la CFDT, et Henri Krasucki a réussi à regrouper derrière lui ceux qui campent "sur une ligne de forteresse". Lors du Congrès d'octobre 1981, Georges Séguy constate l'échec de sa politique d'ouverture et annonce son départ. Henri Krasucki restera à la tête de la CGT jusqu'en 1992, transmettant la fonction au 44e congrès à Louis Viannet. En 10 ans, les effectifs de la CGT ont fondu de moitié à environ 700 000 adhérents. (Voir La baisse du nombre de syndiqués à la CGT: le constat de Henri Krasucki)

Henri Krasucki est arrivé à la tête de la CGT au moment où le "mouvement social" , malgré l'arrivée de la gauche au pouvoir, recule partout. La crise lamine le vivier naturel de la CGT, les ouvriers hommes qualifiés, qu'Henri Krasucki incarne à travers sa célèbre caricature du Bébête Show.

En 1985, Krasucki tente d'ouvrir la CGT et de la rendre indépendante du PCF. La CGT, proclame-t-il est "indépendante du patronat, de tout gouvernement de toute église ou de tout parti". Cette ligne d'indépendance assumée provoque des grincements de dents au comité central du PCF. Finalement, Henri Krasucki est destitué au profit de Louis Viannet en 1992.

Julie Le Gac

Éclairage média

Le reportage revient sur le 41e congrès de la CGT à Lille, où Henri Krasucki prend la tête de la confédération à la place de Georges Séguy. Le commentaire s'attache à décrire le profil des cégétistes : si le délégué moyen est un "homme de 35 ans, ouvrier travaillant dans le secteur public et nationalisé", il met en avant d'autres "groupes" : les femmes, les jeunes, les immigrés.

L'image donnée du congrès est celle d'une manifestation bon enfant et sympathique, où l'on prend le temps de suspendre les débats pour un concert ou pour suivre à la télévision un match de football. En conclusion, le journaliste évoque les "nouveaux défis" que devra relever la CGT dans les années à venir - et en réalité, le nombre des adhérents ne cessera de chuter dans les années 1980.

Julie Le Gac

Transcription

Journaliste
Cette fois c'est fait : Henri Krasucki est le nouveau chef de file de la CGT. Georges Séguy, comme prévu, lui a cédé la place ce matin à la clôture du congrès du syndicat à Lille. Par ailleurs, la direction de la CGT s'enrichit de cinq nouveaux membres, dont deux femmes. Politiquement, l'équilibre reste le même, avec une moitié de communistes et l'autre non communiste, dont notamment deux socialistes. Quant aux principaux moments de ce congrès, qui a duré cinq jours, François Salvaing les rappelle.
François Salvaing
Un secrétaire général s'en va, un autre est élu, bien sûr on pourrait résumer le quarante-et-unième congrès par ces deux visages, ce passage du relais effectué ce matin dans l'émotion. Mais ce serait oublier sans doute le délégué moyen, dont la statistique nous a dit que c'était un homme de trente-cinq ans, ouvrier travaillant dans le secteur public, et nationalisé. Ou ce serait oublier les femmes, qui constituaient près du tiers de la salle, et qu'on voyait souvent à la tribune. Ou encore les jeunes que le congrès accueillit avec chaleur mercredi, ou encore les immigrés de Talbot, de Renault et surtout de Citroën, dont une délégation d'OS fut ovationnée jeudi. Le débat, curieusement, ce n'est pas un congressiste qui le lança mais dimanche Pierre Mauroy à la mairie de Lille, en commentant les mesures dont il entend accompagner la dévaluation. Et s'il y eut de temps à autres des critiques quant à l'attitude de la CGT envers la Pologne ou la CFDT, par contre Jean-Louis Moynot, dirigeant démissionnaire, fut le seul à estimer nécessaires certaines formes d'austérité. Pour être congressiste, on en est pas moins homme, et deux fois les débats furent suspendus : hier pour un concert, avant-hier pour France-Angleterre. Au total, à ces entractes près, un congrès studieux, prompt à s'enflammer contre l'austérité ou pour la paix, contre le patronat ou pour la solidarité avec le peuple palestinien. Mais un congrès aussi qui a témoigné des hésitations de la CGT, entre ses habitudes et les exigences d'une situation pour elle vraiment nouvelle, être partie prenante de la majorité.

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