Grande manifestation des partisans du Front populaire à l'occasion du 14 juillet 1936

14 juillet 1936
02m 23s
Réf. 02026

Notice

Résumé :

Le 14 juillet 1936, les partisans du Front populaire organisent une grande manifestation à Paris, entre les places de la Bastille et de la Nation. Les trois grands chefs politiques du mouvement, Blum, Daladier et Thorez, assistent au défilé.

Type de média :
Date de diffusion :
14 juillet 1936
Source :

Contexte historique

La grande manifestation populaire organisée à l'occasion du 14 juillet 1936 constitue le symbole du "bel été du Front populaire". La victoire des forces du Front populaire lors des élections législatives d'avril-mai 1936 suscite un immense espoir, notamment au sein des catégories populaires. Les premières mesures adoptées par le gouvernement Blum au cours du mois de juin 1936, par leur force et leur symbole (accords Matignon entraînant une hausse des salaires de 7 à 15 % et généralisant les conventions collectives ; la loi sur les 40 heures de travail hebdomadaires, celle sur les congés payés...) ne font que renforcer l'enthousiasme des catégories les plus modestes de la société française.

Au début de l'été 1936, Léon Blum est au sommet de sa popularité : des cartes postales sont émises à son effigie tandis que le président du Conseil reçoit un imposant courrier de la part d'ouvriers, d'employés ou de militants le remerciant pour les 40 heures et les congés payés. Cette popularité transparaît également lors de la manifestation populaire du 14 juillet 1936, au cours de laquelle des dizaines de milliers de Parisiens descendent dans la rue pour saluer le nouveau président du Conseil et son gouvernement. Mais cette manifestation du 14 juillet constitue une sorte de paroxysme pour l'expérience Blum.

Dès la fin du mois de juillet, les signes des difficultés futures se font jour : la guerre civile éclate en Espagne, et provoque la division des partis de gauche français sur l'éventualité d'une intervention aux côtés des républicains espagnols ; la presse d'extrême-droite accentue ses violentes attaques contre le gouvernement Blum, et notamment contre le ministre de l'Intérieur Roger Salengro, accusé de désertion lors de la Première Guerre mondiale (il se suicidera en novembre 1936) ; la reprise économique enfin se fait attendre, obligeant le gouvernement à une dévaluation périlleuse dès le mois de septembre 1936. Au "bel été 1936" succèdent ainsi dès l'automne des temps plus difficiles. Et moins d'un an après son arrivée au pouvoir, Blum se voit contraint de décréter une "pause" dans les réformes (mars 1937) afin de faire face aux difficultés économiques et politiques.

Fabrice Grenard

Éclairage média

Les images de la manifestation populaire du 14 juillet 1936 soulignent avec force l'union de toutes les forces de gauche derrière le gouvernement Blum. A la tribune officielle, on remarque ainsi juste à côté du nouveau président du Conseil, le chef du parti radical Edouard Daladier et celui du parti communiste Maurice Thorez. La présence à cette même tribune du secrétaire général de la CGT Léon Jouhaux permet également de rappeler l'union des forces syndicales (fusion de la CGT et de la CGTU). Le fait que les manifestants entonnent à la fois l'Internationale et la Marseillaise constitue également une image forte, avec le mélange de symboles révolutionnaires et patriotiques propre au Front populaire. Cela témoigne également de la stratégie d'acculturation républicaine du parti communiste depuis le début des années trente.

Fabrice Grenard

Transcription

Journaliste
Place de la Bastille : des associations appartenant au Rassemblement populaire se réunissent, tandis que deux immenses cortèges sont formés, l'un rue de Rivoli, l'autre boulevard Beaumarchais. Par des itinéraires différents, ils se dirigent vers la place de la Nation. Cette manifestation populaire, dont aucun incident n'a troublé le calme, se termine par le serment renouvelé du Rassemblement populaire pour le pain, la paix, la liberté.
(Silence)
Journaliste
Messieurs Léon Blum, Édouard Daladier, Maurice Thorez, Roger Salengro, Maurice Violette, Pierre Cot et Léon [INCOMPRIS] ont pris place dans la tribune d'honneur.
(Silence)

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