Le défilé des milices fascistes à Rome

09 février 1938
33s
Réf. 02030

Notice

Résumé :

A Rome, à l'occasion du quinzième anniversaire de leur création, les milices fascistes défilent au "pas romain" entre le forum et le Colisée.

Type de média :
Date de diffusion :
09 février 1938
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Contexte historique

Les milices fascistes, officiellement Milice volontaire pour la sécurité nationale (MVSN) sont fondées par Mussolini le 15 décembre 1922, au lendemain de la marche sur Rome. Ces milices regroupent les anciens groupes d'action du parti fasciste (squadristi). Bras armé du parti fasciste, parti unique chargé d'assurer la propagande et la direction des esprits, les milices fascistes sont essentiellement chargées du maintien de l'ordre. Considérées comme une organisation d'élite, les milices fascistes fournissent également d'importants cadres au parti (la plupart des dirigeants des organisations de jeunesse notamment en sont issus).

Le rôle des milices s'accroît avec la radicalisation du régime à partir de 1936, pour devenir une véritable organisation paramilitaire. Elles regroupent à la veille de la guerre plus de 700 000 Italiens, témoignant ainsi d'un embrigadement de plus en plus important de la société italienne.

Fabrice Grenard

Éclairage média

Le reportage offre en fait deux intérêts. La grande parade des milices fascistes, organisée autour des lieux symboliques de la grandeur passée de Rome (Colisée, Forum), illustre les efforts du régime fasciste dans sa mise en scène à des fins de propagande : par son importance, cette parade constitue une véritable démonstration de force et illustre la volonté du parti fasciste d'affirmer sa puissance devant la population romaine. Elle permet également d'illustrer certaines valeurs idéologiques du régime : l'ordre, la discipline, la militarisation d'une société, pour laquelle les organisations paramilitaires ont valeur d'exemples.

Mais ce reportage vaut surtout par la manière nouvelle dont défilent les milices fascistes au début de l'année 1938 : au "pas de l'oie" (que l'on baptisera en Italie le "pas romain"), à la manière des soldats de la Wehrmacht dont les défilés ont grandement impressionné Mussolini lors de ses voyages en Allemagne. Les journaux italiens exaltent ce "pas ferme, assuré, inexorable des légions pour qui la marche est une conquête" et qui exprime si bien la puissance, la fierté et l'esprit guerrier du fascisme. Derrière cette mesure symbolique transparaît en fait la radicalisation d'un régime qui depuis son rapprochement avec l'Allemagne (mise en place de l'Axe Rome-Berlin en novembre 1936) connaît un raidissement du totalitarisme et une imitation de plus en plus flagrante du Reich hitlérien (qui se traduira par exemple par l'adoption de mesures antisémites, ou par une militarisation plus importante de la société italienne).

Fabrice Grenard

Transcription

AVERTISSEMENT
Journaliste
Réunis devant les ruines de la Rome antique, dix mille membres de la milice fasciste celèbrent le quinzième anniversaire de la fondation de leur légion. Puis ils défilent au nouveau pas de parade dit le "pas romain".
(Silence)

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