La signature du traité de Versailles instaurant les conditions de paix le 28 juin 1919

28 juin 1919
01m 11s
Réf. 02037

Notice

Résumé :

Le 28 juin 1919, le traité de Versailles est accepté et signé par la délégation allemande dans la Galerie des Glaces du château de Versailles. L'important cortège des plénipotentiaires allemands et alliés sort du château.

Type de média :
Date de diffusion :
28 juin 1919
Source :

Contexte historique

Le traité de Versailles met fin à la Première Guerre mondiale et cherche à régler les conditions de la paix en Europe, en imposant notamment des conditions très dures au vaincu allemand afin d'empêcher toute nouvelle guerre européenne. Quelques semaines après la signature de l'armistice de Rethondes (11 novembre 1918), qui met fin aux combats de la Première Guerre mondiale, les négociations de la paix s'ouvrent à Paris en janvier 1919. La "conférence de la paix" réunit officiellement les représentants des 27 Etats appartenant à la coalition alliée (l'Allemagne vaincue est exclue des débats). Mais les débats sont en fait dominés par les représentants français (Clemenceau), anglais (Lloyd George), américain (Wilson) et italien (Orlando).

Les nombreuses rencontres personnelles entre ces quatre hommes, au cours desquelles les principales décisions sont adoptées, ont parfois été surnommées le "Conseil des Quatre". Les tractations sont souvent difficiles entre ces quatre responsables, chacun ayant tendance à défendre les propres intérêts de son pays. Le président américain Wilson souhaite surtout défendre les principes exposés dans ses quatorze points (défense de la paix, droit des peuples à disposer d'eux-même, institution d'une société des Nations...). Clemenceau souhaite assurer l'hégémonie de la France sur le continent européen et obtenir un écrasement de l'Allemagne afin d'empêcher toute guerre de revanche. Une vision impérialiste qui se heurte aux résistances de Lloyd George, soucieux de préserver quelque peu l'Allemagne afin de maintenir un certain équilibre entre les puissances continentales en Europe. Enfin, Orlando souhaite obtenir satisfaction des promesses qui ont été faites à l'Italie lors de son entrée en guerre aux côtés des Alliés (terres irrédentes) : l'annexion de Fiume et de Trieste lui ayant été refusé, Orlando quitte la conférence le 24 avril 1919.

Le 17 juin, après 6 mois de débats, les Alliés peuvent transmettre au gouvernement allemand le texte définitif du traité. Les clauses sont très dures pour le vaincu même si Clemenceau n'a pu obtenir satisfaction de toutes ses exigences pour un affaiblissement complet de l'Allemagne. L'Allemagne est amputée du huitième de son territoire et du dixième de sa population de 1914 : elle perd l'Alsace-Lorraine, restituée à la France, les cantons d'Eupen et Malmédy, confiés à la Belgique, tandis qu'à l'Est, de nombreux territoires reviennent à la Pologne, reconstituée, qui obtient un débouché vers la mer (corridor de Dantzig) entraînant ainsi une séparation de la Prusse orientale du reste de l'Allemagne. L'avenir de deux territoires allemands reste incertain : la Sarre à l'Ouest (placée sous contrôle de la SDN pour une durée de quinze ans au terme desquels un plébiscite doit être organisé), la Haute-Silésie à l'Est (un référendum doit décider de l'annexion éventuelle de cette province à la Pologne). Pour garantir la France de toute nouvelle agression allemande, l'armée allemande est limitée à 100 000 hommes, sans aviation ni chars d'assaut, ni artillerie lourde tandis que la Rhénanie est totalement démilitarisée. Enfin, l'Allemagne est déclarée responsable de la guerre par les Alliés, avec un "devoir de réparer les torts causés". Le principe de réparations que doit verser l'Allemagne à ses vainqueurs est ainsi adopté, sans que l'on puisse se mettre d'accord sur le montant de celles-ci : le soin d'établir le réglement financier de la guerre est renvoyé à une autre conférence spécifique.

Le traité de Versailles, malgré ses conditions très dures, est signé par la délégation allemande le 28 juin 1919, dans la Galerie des Glaces du château de Versailles. Il est accueilli par la population allemande avec une violente hostilité ("diktat") et compromet dès le départ l'existence du nouveau régime de Weimar, qui reste pour toujours celui qui a accepté l'humiliation de Versailles. Au sein du camp allié, des voix s'élèvent également rapidement pour dénoncer les conditions trop dures du traité (l'économiste anglais Keynes publie en 1920 son livre Les Conséquences économiques de la paix ). Surtout, le refus du Sénat américain de ratifier le traité de Versailles (mars 1920) en compromet la bonne application à l'échelle internationale, les Etats-Unis renouant avec leur politique isolationniste et refusant de jouer un rôle d'arbitre entre les principales puissances européennes. Comportant de nombreuses contradictions et instituant de nombreux problèmes de frontières et de minorités, les conditions d'application du traité de Versailles vont dominer l'ensemble des relations internationales tout au long de l'entre-deux-guerres et conduire à une nouvelle flambée des nationalismes. D'aucuns considèrent ainsi le traité de Versailles comme l'un des facteurs directs de la Seconde Guerre mondiale.

Fabrice Grenard

Éclairage média

Les images montrent la forte agitation qui règne dans la Galerie des Glaces au moment de la signature du traité par les plénipotentiaires allemands. Si l'on retient toujours le nom des quatre principaux responsables alliés (Wilson, Clemenceau, Lloyd George, Orlando), il ne faut pas oublier que les représentants de 27 Etats participent en fait à la préparation et à la rédaction du traité. Outre les responsables politiques, de nombreux "experts" sont également réunis au sein de 52 commissions. Le lieu de Versailles est particulièrement symbolique et ajoute à l'humiliation allemande et à la revanche française : c'est en effet à Versailles, dans la Galerie des Glaces, qu'a été proclamée au lendemain de la guerre entre la France et la Prusse, en 1871, l'unification de l'Allemagne et que sont signés les préliminaires de la paix entre Bismarck et Thiers. Les images montrant à la fin du reportage des anciens combattants et des soldats défigurés permettent enfin de rappeler le poids des opinions nationales au cours des débats : en se montrant intransigeant face à l'Allemagne, Clemenceau ne fait en effet que traduire le sentiment majoritaire de l'opinion française en général et de celle des anciens combattants plus particulièrement.

Fabrice Grenard

Transcription

Document muet

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