Protection du littoral picard : l'exemple du parc du Marquenterre

18 décembre 1986
01m 58s
Réf. 03005

Notice

Résumé :

L'Etat engage dès 1975 une politique de préservation des espaces littoraux fragiles en créant un Conservatoire du Littoral. En 1986, celui-ci rachète le parc naturel du Marquenterre à son propriétaire afin d'en préserver la richesse ornithologique.

Type de média :
Date de diffusion :
18 décembre 1986

Contexte historique

Le Marquenterre (littéralement "mer entrée en terre") recouvre 12 des 70km du littoral picard. C'est une terre qui a été gagnée sur la mer au cours des siècles grâce à des travaux d'endiguement. Située entre la baie de Somme et la baie d'Authie, elle abrite un des massifs dunaires les plus grands de l'Europe du Nord. La mise en valeur du site a commencé dès la fin du XIXe siècle (création de plages) et se poursuit actuellement grâce à l'action conjointe de l'Etat et de partenaires privés. Le domaine du Marquenterre (Marcanterra) est ainsi géré par l'entreprise "Marcanterra". Ce domaine s'étend sur 1000 ha et appartient depuis 1923 à la famille Jeanson. Depuis 1938, son propriétaire, l'ingénieur agronome Michel Jeanson, allie exploitation agricole des terres et bulbiculture. Il veille également la protection du domaine grâce à la réalisation d'un polder de 200 ha et à la plantation de milliers de pins pour fixer les dunes. Au sud du domaine, la création d'une réserve puis d'un parc ornithologique en 1973 permet la protection et la reproduction de plus de 300 espèces d'oiseaux migrateurs sur le chemin entre les pays d'Europe du Nord et l'Afrique. *

En 1986, le Conservatoire du littoral acquiert une partie du parc. Cet établissement public, créé en 1975 a pour mission de protéger les espaces littoraux fragiles. Aujourd'hui, le parc s'étend sur 250 hectares et accueille plus de 320 espèces d'oiseaux différentes (sur les 450 existantes en Europe): hérons cendrés, aigrettes canards, oies, cigognes... L'objectif du parc est double: assurer la préservation de l'équilibre naturel du site grâce aux recherches scientifiques effectuées sur place et mener des actions pédagogiques en direction d'un vaste public.

Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Le reportage mêle des vues du parc du Marquenterre et des entretiens filmés de ses responsables. Les plans des différentes espèces d'oiseaux filmées en milieu naturel protégé servent d'images d'illustration au commentaire du journaliste. Le sujet reste assez confus sur le rôle du Conservatoire du littoral, garant de l'avenir du site.

Cet établissement public, créé par l'Etat en 1975, a pour but de protéger les espaces littoraux fragiles. Il dispose de moyens financiers et juridiques qui lui permettent de racheter des terrains, de les aménager puis de les laisser en gestion à des communes ou des partenaires privés. Ceux-ci doivent cependant respecter un cahier des charges très strict afin de ne pas détériorer les sites. C'est ici le cas pour l'entreprise familiale Marcanterra. Le choix d'une musique très électronique en fond sonore paraît assez étrange: censée rendre compte de la féérie du lieu, elle apparaît en décalage et mal synchronisée par rapport à la prise de paroles des intervenants. Cela montre l'importance du travail d'habillage des images lors de la conception d'un sujet. Le reportage permet donc surtout de faire la promotion touristique du lieu auprès du public régional grâce à la beauté des images tournées et au commentaire élogieux du journaliste.

Emeline Vanthuyne

Transcription

Inconnu
Je dirais que dans un deuxième temps, en plus il s'agit d'un patrimoine international, il s'agit d'un site international majeur, et que nous allons nous attacher à développer une politique de coopération transfrontalière pour faire valoir auprès de nos partenaires étrangers cette vitrine ornithologique de la France.
Journaliste
C'est pour sauvegarder l'avenir du parc que le propriétaire a décidé de le céder pour huit millions de francs au Conservatoire du littoral. Car avec cent dix mille visiteurs par an, dont trente mille scolaires, sa gestion devenait difficile, la nature est fragile. Qu'est-ce que ça sera dans dix ans, le parc ornithologique ?
Inconnu 2
Je suis incapable de leur répondre, dans dix ans, bien, je n'en sais rien ! Je ne sais pas ce que feront mes enfants, je ne sais pas ce que fera la société que je dirige. Alors voilà, ça a été le, l'idée qui m'a fait penser à assurer la pérennité de cette manière-là. Je pense qu'avec le Conservatoire du littoral, et avec le truchement du syndicat [MIS], avec lequel nous entretenons les meilleurs rapports, et bien nous allons continuer dans la même voie.
Journaliste
Rien, en effet, ne va changer dans le parc, si ce n'est l'importance des moyens financiers qui pourront être mis à sa disposition. Les propriétaires continueront à en assurer la gestion.
Inconnu 3
C'est un principe chez nous, nous ne souhaitons pas intervenir en régie directe. C'est-à-dire que nous faisons beaucoup confiance à un certain nombre de partenaires privés, ou alors les communes, dans certains cas, pour mettre en place cette gestion. Et dans ce cas, nous sommes donc le mandataire du Conservatoire pour la gestion du parc, mais nous en confierons l'exploitation à Marc [Enternature] qui, jusqu'à preuve du contraire, et depuis dix ans, a fait un travail considérable pour mettre le parc au niveau où il se trouve aujourd'hui.
Journaliste
Trois ans de négociations ont été nécessaires pour mener cette opération à bien. Le parc conservera son style, il continuera à fonctionner dans le même état d'esprit, demeurant pour les générations futures le témoignage d'une union réussie entre l'homme et la nature.