Port de Dunkerque : le plus grand portique d'Europe

05 juillet 2002
01m 36s
Réf. 03011

Notice

Résumé :

L'aménagement du port de Dunkerque vise à le rendre de plus en plus compétitif par rapport à ses voisins d'Europe du Nord (Anvers, Rotterdam).

Type de média :
Date de diffusion :
05 juillet 2002
Personnalité(s) :

Contexte historique

Dunkerque ("église aux dunes" en flamand), ville détruite à 80% pendant la Seconde Guerre mondiale, a bénéficié de la politique d'aménagement mise en place par l'Etat depuis les années 60. La construction d'une Zone Industrialo-Portuaire (ZIP) a permis d'approvisionner le port en minerais, hydrocarbures, oléagineux. L'installation d'un complexe sidérurgique et pétrolier situé à proximité a permis aux industriels de réduire leurs coûts de transports et de production. Il a attiré de grandes entreprises comme Usinor (en 1963) et une main d'oeuvre nombreuse.

De 1954 à 1982, la population urbaine a doublé. Le port de Dunkerque était alors conçu pour devenir le "poumon du Nord". L'autoroute Lille-Dunkerque et le canal jusqu'à Valenciennes facilitèrent le transport jusqu'à l'avant-port de la ville. Un lien était donc créé entre les principales villes régionales et l'Europe du Nord. La ville a cependant subi de plein fouet les conséquences du choc pétrolier de 1973. Usinor a dû licencier la moitié de ses effectifs, la raffinerie BP a fermé ses portes. La crise économique s'est accompagnée d'une crise sociale dans certains quartiers de la ville fortement touchés par le chômage. Dunkerque, ville moteur de la décentralisation industrielle a été classée dans les années 80 "pôle de conversion". L'Etat a aidé la ville à diversifier ses activités en attirant de nouvelles entreprises sur le site. Les mesures incitatives (défiscalisation) ont entraîné l'arrivée de nouvelles firmes étrangères comme Coca-Cola.

Aujourd'hui, si Usinor (rebaptisée Arsélor) reste le principal employeur de la ville, d'autres secteurs sont valorisés: la chimie, la production d'électricité grâce à la centrale nucléaire de Gravelines, ainsi que les fonctions culturelles, tertiaires et commerciales de la ville. Cette reconversion industrielle s'accompagne d'un programme de rénovation urbaine (programme Neptune): le centre-ville est devenu trop étriqué pour accueillir la population dunkerquoise et les autorités communales cherchent actuellement à reconquérir des espaces urbains peu exploités (vieux port et des premiers docks aujourd'hui désaffectés). La ville compte également sur les aménagements portuaires pour devenir plus compétitive face à ses voisines d'Europe du Nord.

Dunkerque est actuellement le 3ème port maritime français avec un trafic de 44,4 millions de tonnes dont 12,3 millions de tonnes d'hydrocarbures. Le port de commerce est le premier port d'importation des minerais et de charbon et le second dans l'exportation de céréales. Malgré ces bons chiffres, le trafic à Dunkerque est encore loin d'atteindre le niveau des grands ports d'Europe du Nord: 315 millions de tonnes pour Rotterdam et 120 millions de tonnes pour Anvers.

Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Le reportage nous présente des plans larges du portique et de la mise en chantier du port de Dunkerque. Les images ne semblent cependant pas représentatives: le port est presque déserté et les machines à l'arrêt. Le commentaire reste très descriptif et n'évoque pas les apports concrets du nouveau portique, réalisation technique majeure. L'organisation du sujet manque de pédagogie: le portique est filmé à l'arrêt et on ne peut en comprendre le fonctionnement. Le journaliste et les personnes interrogées évoquent certes l'amélioration de la compétitivité du port en matière de manutention. A aucun moment cependant, le lien n'est établi entre l'augmentation du trafic portuaire et ses incidences sur les activités industrielles et commerciales qui s'y rattachent.

Emeline Vanthuyne

Transcription

Journaliste
Nous vous en parlions hier soir, le port de Dunkerque s'offre un joli cadeau pour fêter les dix ans de la réforme portuaire : un tout nouveau portique, le plus grand d'Europe, qui permettra donc de décharger des bateaux de plus en plus gros. Laurent Meney et Pierre Lassus.
Journaliste 2
Port ouest de Dunkerque, voici le plus gros portique d'Europe. Un nouvel outil qui dit permettre d'augmenter sensiblement le trafic marchandises. Une petite révolution pour Serge Verbeke, docker ici depuis 1977.
Serge Verbeke
C'est une dimension en plus, ça va nous permettre de travailler les plus gros porte containers qu'on avait jusqu'à présent, et puis meilleure fiabilité, plus longue portée, plus lourd tonnage. Tout ça c'est un bénéfice pour Dunkerque.
Journaliste 2
L'arrivée de ce nouveau portique, qui aura coûté la bagatelle de cinq millions et demi d'euros, est presque une nécessité dans le contexte de concurrence économique, car le port de Dunkerque doit composer avec les autres ports de marchandises que sont Rotterdam et Bruges ou Anvers, distant de seulement cent vingt kilomètres. A terme, Dunkerque espère pouvoir accueillir des navires de marchandises parmi les plus grands du monde.
Bruno Vergobi
Ces bateaux n'escalent pas encore à Dunkerque, mais nous sommes en train de nous mettre en situation de pouvoir les recevoir, que ce soit par la mise en service de ce nouveau portique et également par l'extension des quais, puisque nous sommes en train de construire des quais avec des tirants d'eau plus importants qui permettront de recevoir ces très grands navires porte containers.
Journaliste 2
Pour le port de Dunkerque, l'objectif est clairement affiché : multiplier par quatre le trafic de containers d'ici 2006. Malgré tout, l'activité restera de très loin inférieure à celle des ports d'Anvers ou d'Amsterdam.