Fermeture de l'usine Metaleurop

24 septembre 2003
01m 49s
Réf. 03012

Notice

Résumé :

La fermeture brutale de l'usine Metaleurop de Noyelles-Godault a suscité une émotion de dimension nationale. Elle est devenue le symbole des agissements de certains "patrons-voyous".

Type de média :
Date de diffusion :
24 septembre 2003

Contexte historique

En janvier 2003, l'usine Metaleurop de Noyelles-Godault dépose son bilan. Implantée dans la ville depuis 1894, la fonderie employait encore 830 personnes, qui apprirent leurs licenciements en direct à la télévision. La nouvelle prend une dimension nationale et devient un symbole des agissements de certains "patrons voyous". La nécessité de dépolluer le site et la volonté d'éviter un plan social coûteux explique la brutalité de cette décision.

Depuis plusieurs années, la polémique enflait autour des dangers environnementaux liés aux activités de l'entreprise. Des études avaient démontré que les rejets de plomb émis dans l'atmosphère (50 kg par jour sous forme de poussière) provoquaient un taux de plombémie trop élevé au sein de la population et des risques de saturnisme. Depuis juillet 2002, des associations de défense des riverains demandaient des restrictions urbanistiques autour du site et un suivi sanitaire de la population (plus de 10 communes étaient concernées). Après la fermeture de l'usine, les employés menèrent combat pendant plus d'un an pour obtenir la réouverture du site et un plan social acceptable. Celui-ci a été finalement en partie pris en charge par l'Etat.

Les anciens salariés de Metaleurop ont obtenu des indemnités et une cellule de reclassement des ouvriers a été ouverte. Deux ans plus tard, seulement la moitié (souvent les plus jeunes) avaient retrouvé un emploi. Le site a depuis été repris par une filiale du groupe Suez, l'entreprise SITA. La dépollution du site au coût considérable (plus de 3000 millions d'euros) est un préalable indispensable à la reprise des activités industrielles. L'entreprise SITA, spécialisée dans le recyclage industriel, compte créer 200 emplois d'ici 2009. L'Etat aide à la reconversion du site: elle subventionne l'entreprise proportionnellement au nombre de postes créés.

Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Le reportage accorde une place très importante aux témoignages des anciens salariés de Metaleurop. On comprend le lien qui les unit à leur ancien lieu de travail mais également entre eux. Les images reflètent la solidarité et la mobilisation affichée par ces ouvriers. Elle se traduit d'ailleurs concrètement par la mise en place d'une association "choeurs de fondeurs" qui regroupe encore aujourd'hui les anciens de Metaleurop. Le sujet explique également les difficultés de reconversion du site. L'attachement des ouvriers à leur ancien outil de travail, les contraintes économiques pour les liquidateurs et les repreneurs, la dépollution du terrain voulue par les pouvoirs publics sont tour à tour évoqués dans un souci d'équilibre des points de vue et de grande neutralité.

Emeline Vanthuyne

Transcription

Journaliste
Les actifs de l'usine MétalEurope seront bientôt mis aux enchères. Et cette perspective fait craindre le pire aux repreneurs potentiels du site. D'abord, ils ont peur de voir disparaître des éléments nécessaires à leur future activité. Et puis il y a les anciens métallos, qui voient en cette vente comme une deuxième mort annoncée pour eux. Marie Candice Delouvrié et Emmanuel Quinart.
Journaliste 2
Sur ce site Internet, la vente aux enchères de MétalEurope ne passe pas inaperçue. Il faut dire que le catalogue est original : entre le four à zinc, les locomotives, la salle des machines et même sept cent cinquante extincteurs, tout y passe. Mais la nouvelle a choqué les anciens métallos. Dans le catalogue de vente, René et Bernard ont reconnu leur ancien atelier.
René Thorigny
Quand on revoit ça, ça, on a un noeud à l'estomac quoi. C'est difficile, c'était notre gagne-pain pendant trente ans, et j'aurais préféré que l'usine ait continué à tourner, quoi.
Bertrand Switala
Et tout ça ça va être vendu alors ?
Journaliste 2
Oui.
Bertrand Switala
Ben si les sous ils me reviennent, ça serait parfait !
Journaliste 2
Mais l'argent de cette vente servira à rembourser les dettes de MétalEurope Nord. Les liquidateurs espéraient en obtenir trois à quatre millions d'euros, c'était sans compter l'arrêté pris par le préfet la semaine dernière : il impose, pour toute vente, une étude de danger préalable.
Cyrille Schott
On ne peut pas aller comme ça sur le site, démonter des installations, il y a des risques, il y a des risques de pollution, il y a des dangers !
Journaliste 2
Risquée pour l'environnement, cette vente l'est également pour l'avenir du site. Cette station d'épuration, par exemple, est sur le catalogue, mais les repreneurs potentiels ont signalé : sans elle, pas de dépollution,e t donc pas de création de nouvelles industries. En fin de semaine, les conditions de cette vente vont donc être renégociées. Les anciens métallos, eux, ont prévenu : si elle a bien lieu le 22 octobre, ils bloqueront le site.