De la production de betteraves aux biocarburants

18 mai 2005
01m 46s
Réf. 03015

Notice

Résumé :

Face à la crise de production traversée par l'industrie sucrière picarde, les betteraviers cherchent de nouveaux débouchés. Ils envisagent la production de bio-éthanol, carburant écologique, comme un moyen de reconversion de leur secteur.

Type de média :
Date de diffusion :
18 mai 2005

Contexte historique

Le secteur agricole représente une part importante de l'économie régionale picarde: il emploie 8% de la population active régionale et représente plus de 70% de son territoire. La Picardie s'est spécialisée dès le milieu du XIXe siècle dans la culture de la betterave à sucre dont elle est aujourd'hui le première région productrice française (10% de la production nationale). Une industrie agro-alimentaire s'est également développée à proximité. Les sucreries alimentent les biscuiteries, les chocolateries. Aujourd'hui concurrencés par les industries sucrières des pays en voie de développement (notamment en Amérique latine), les agriculteurs picards cherchent des moyens de reconversion de leur activité en utilisant un des produits dérivés de la production de sucre: l'éthanol.

Le bio-éthanol semble en effet constituer un carburant d'avenir moins polluant en remplacement du pétrole. De grandes entreprises sucrières à dimension internationale (groupe Téréos) commencent à participer activement à sa production. Une usine de bio-éthanol est notamment installée dans la ville de Lillebonne. Les agriculteurs voient dans cette nouvelle orientation une aubaine pour sortir de leurs difficultés liés à une course aux rendements, en contradiction avec l'imposition de quotas de production formulées par l'Union européenne et l'OMC. Ils attendent cependant des garanties sur l'utilisation effective des bio-carburants et la pérennité d'un nouveau secteur industriel en développement. Les directives européennes fixent à 5,75% le taux d'utilisation des biocarburants d'ici 2010. Le bio-éthanol pourrait donc à court terme constituer un nouveau moteur pour l'économie régionale.

Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Le reportage traduit les inquiétudes et revendications des producteurs betteraviers face à la politique agricole européenne. Ils défendent ici leur droit de maintenir le niveau de leur production et demandent des garanties quant à l'utilisation future de l'éthanol comme biocarburant. Le commentaire du journaliste est tout entier orienté vers la défense des intérêts de ces agriculteurs locaux. Les interviews de producteurs impliqués dans la lutte pour la défense des intérêts agricoles régionaux permettent de faire connaître leurs arguments face aux institutions étatiques et européennes, dont les décisions sont présentées ici comme incertaines et éloignées des réelles difficultés de terrain.

A aucun moment, le journaliste n'explique les raisons de l'imposition de quotas de production: risque de surproduction et de chute des cours à l'échelle mondiale. Il semble donc ici que ces mesures soient arbitraires et contraires à la bonne marche de l'économie agricole picarde. Le reportage affiche un net parti pris traduit par la dernière phrase qui sonne comme une menace directe ("gare aux manifs!"), message à destination des responsables politiques locaux et nationaux.

Emeline Vanthuyne

Transcription

Journaliste
Ne touchez pas à nos quotas, en 2006, de droits à produire : tel est le leitmotiv d'une profession, celle des planteurs de betteraves, à l'heure des bouleversements qui l'attendent, et la baisse de sa production exigée par l'OMC.
Inconnu
Nous produisons actuellement quatre millions de tonnes sur vingt millions produits en Union européenne. Si demain l'Union européenne ne doit produire que seize millions de tonnes, il nous faut continuer à produire quatre millions de tonnes, c'est-à-dire que nous souhaitons que le potentiel de production que nous avons ne soit pas entamé par une quelconque réforme.
Journaliste
Autre dossier brûlant : les biocarburants, l'éthanol en particulier. L'objectif étant de tripler la production d'ici 2007, une seconde étape, 2010, devant porter à 5,75% son incorporation directe à l'essence.
Inconnu 2
Pour avoir des investissements dans la production d'éthanol, il faut que le Ministre nous donne des assurances qu'il y aura une deuxième tranche, de manière à ce qu'il y ait ces investissements. Comment voulez-vous trouver un industriel, lui dire : Monsieur, on pense qu'on vous donnera ça, mais pour le moment il peut pas investir. Ce qu'il veut aujourd'hui, et surtout en Picardie, dans tous les projets, c'est d'avoir la garantie qu'il aura les volumes pour faire tourner à plein son usine, sans quoi il va pas mettre la première pierre de son usine. C'est ce que nous attendons du gouvernement.
Journaliste
Demain au plus tard, le gouvernement devrait donc annoncer, en théorie, la première tranche de la répartition des agréments industriels attendus par la profession : un enjeu de taille pour notre région.
Inconnu 3
Nous militons pour le maintien des surfaces, dans l'Oise évidemment, et aussi en Picardie, avec le maintien de nos usines, de nos outils industriels, pour qu'on puisse se développer aussi vers l'éthanol.
Journaliste
Rien que dans l'Oise, plus de deux mille planteurs attendent de l'État un engagement fort, rapide. Sinon, gare aux manifs.

Les enseignants de l'Éducation nationale disposent d'un accès gratuit à la version intégrale de Jalons depuis le portail Éduthèque.

Se connecter:

eduthèque