L'inauguration du centre commercial de la Part-Dieu à Lyon

08 septembre 1975
01m 59s
Réf. 03017

Notice

Résumé :

Le centre commercial de la Part-Dieu, à Lyon, est inauguré par le maire de la ville Louis Pradel en présence de nombreux invités.

Date de diffusion :
08 septembre 1975
Personnalité(s) :

Contexte historique

Afin d'équiper Lyon de nouvelles infrastructures et de décongestionner le centre de commerce et des affaires de la Presqu'île, un nouveau quartier est aménagé sur la rive gauche du Rhône à la fin des années 1960 et dans la première moitié des années 1970. Ce quartier de la Part-Dieu, qui d'après son nom aurait été placé sous la protection divine au Moyen Age, est construit sur un ancien terrain militaire de 22 hectares à partir de 1968. Conduit sous l'impulsion de Louis Pradel, successeur d'Edouard Herriot à la mairie de Lyon de 1957 à 1976, ce projet vise à faire du quartier de la Part-Dieu un centre à la fois d'affaires, de commerce, d'administrations et d'équipements culturels.

Un centre commercial de 110 000 mètres carrés, inauguré le 8 septembre 1975, est alors construit sur quatre niveaux. Rénové en 2001, il s'agit toujours actuellement du premier centre commercial européen de centre-ville: il compte 260 enseignes, reçoit près de 100 000 visiteurs par jour et emploie 3 500 salariés. Un centre d'affaires a également été créé à la Part-Dieu. Avec 500 000 mètres carrés de bureaux et près de 20 000 emplois, il s'est imposé comme le premier de l'agglomération lyonnaise et le second de France, derrière celui de la Défense à Paris. Ce quartier est dominé par la tour du Crédit Lyonnais, haute de 140 mètres, que les Lyonnais appellent "le crayon" en raison de sa forme, et qui a été inaugurée en 1977.

La Part-Dieu comprend également l'hôtel de la Communauté urbaine de Lyon et d'autres services administratifs. Des équipements culturels y ont aussi été édifiés, dont l'auditorium Maurice-Ravel, inauguré en 1977, à l'architecture en forme de coquille, ou la Bibliothèque municipale. Enfin, une nouvelle gare, appelée la Part-Dieu, a été construite afin d'accueillir le TGV Paris-Lyon à partir de 1983. Ce quartier est ainsi devenu le second centre de Lyon.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce sujet consacré à l'inauguration du centre commercial de La Part-Dieu se divise en deux séquences distinctes. Dans un premier temps, il propose des images habituelles d'une cérémonie d'inauguration. On voit ainsi le maire de Lyon Louis Pradel, entouré de personnalités, visitant le centre, avant de prononcer un discours. Dans un second moment, divers plans présentent l'intérieur et l'extérieur du centre de La Part-Dieu. Ce reportage est exclusivement fondé sur des images d'illustration que le journaliste ne commente pas. Il n'évoque jamais l'inauguration, ni même la présence de Louis Pradel, et aucun extrait du discours de ce dernier n'est inséré.

La plupart des plans proposés servent à appuyer le descriptif des caractéristiques du centre commercial fait par le journaliste sur un ton assez monocorde. Les images de la galerie marchande vide et des jets d'eau extérieurs ne sont en fait là que pour dévoiler au téléspectateur l'architecture et l'étendue du centre commercial de La Part-Dieu.

Christophe Gracieux

Transcription

Journaliste
Avec ses deux cents vingt mille mètres carrés de surface totale pour cent dix mille mètres carrés de surface de vente, le tout réparti sur cinq niveaux et trois cent soixante mètres de longueur, ce centre commercial représente une nouveauté en Europe, puisqu'il est le premier de cette taille à être installé en plein coeur d'une ville. Deux grands magasins, les Galeries Lafayette et Jelmoli, serviront de locomotive. Le groupe suisse Jelmoli, dont la Pardieu sera la première implantation en France, donne, avec le Britannique Marks and Spencer et le Hollandais C£A, le caractère international de ce centre de vie. L'ensemble a coûté au promoteur, à savoir la banque de la [INCOMPRIS] du groupe Suez, Messieurs de Balkany et Solal, et le Crédit Lyonnais, l'ensemble a coûté la bagatelle de trois cent cinquante millions de francs, pour une clientèle potentielle d'un million et demi de personnes. Les boutiques de la galerie marchande sont pour la plupart occupées par des succursales de chaînes nationales ou régionales, quant aux petits commerçants indépendants qui se sont lancés dans l'aventure, ils ouvrent en général là leur second ou leur troisième point de vente. Il est vrai qu'il faut avoir les reins solides pour s'établir à la Pardieu : le loyer, indexé sur les prix de détail, varie de deux cent cinquante à huit cent cinquante francs le mètre carré par an. Il est évident qu'à l'origine, à la naissance de la Pardieu sur le papier, la conjoncture économique était très différente d'aujourd'hui, la crise était alors imprévisible, mais par contre il fallait s'attendre à un plan de stabilisation. Aujourd'hui, la majorité des commerces traditionnels voient stagner leur chiffre d'affaire, alors le lancement de la Pardieu est-il un défi ? Si oui, les chances de le gagner semblent raisonnables, de plus en plus la clientèle revient au centre des villes, et l'environnement culturel de la Pardieu, doublé par ailleurs d'un centre d'affaires, sont des facteurs essentiels de réussite. Quant aux petits commerces de la presqu'île, les nouvelles rues piétonnes suffiront-elles à les satisfaire, sinon à les contenter ? Sur ce point, l'optimisme officiel ne recoupe pas toujours l'avis des premiers intéressés. Quoiqu'il en soit, aucune réponse définitive ne peut être donnée pour l'instant, comme le métro le Cours de Verdun, le centre commercial de la Pardieu a besoin d'arriver à maturité avant d'être jugé sur ses effets.