Dégustation de beaujolais nouveau à Tokyo

25 novembre 1987
02m 07s
Réf. 03023

Notice

Résumé :

Des hôtesses distribuent du beaujolais nouveau aux passants dans une rue de Tokyo. Ce vin est également consommé dans les restaurants de la ville.

Date de diffusion :
25 novembre 1987

Contexte historique

Le beaujolais, produit par un vignoble d'une superficie d'environ 22 500 hectares s'étendant sur 60 kilomètres de long et 12 kilomètres de large, s'est développé à partir des années 1950 et plus encore à partir de la fin des années 1970. Si en 1977, 220 000 hectolitres étaient vendus, dix ans plus tard, en 1987, les ventes avaient plus que doublé avec 500 000 hectolitres écoulés. Le beaujolais a fondé une très grande partie de sa croissance sur la mode du "primeur", qu'il a été le premier à développer. Chaque troisième jeudi de novembre à minuit, environ un tiers de la production de l'année même est commercialisée sous le nom de "beaujolais nouveau", appellation qui existe depuis 1951.

Cette véritable opération marketing a connu un grand succès puisque cet événement est désormais attendu et célébré en France et dans le monde entier. Le beaujolais a de la sorte acquis une très importante notoriété et a vu ses exportations exploser au point qu'elles représentent près de la moitié de sa production annuelle. En 2002, plus de 25 millions de bouteilles de beaujolais nouveau ont par exemple été exportées dans plus de 150 pays, l'Allemagne étant le principal pays consommateur devant les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Suisse et le Japon. Cependant, le beaujolais traverse une crise depuis le début des années 2000. Ses ventes ont baissé: en 2003, seulement 480 000 hectolitres ont été vendus. Ce sont surtout les exportations qui ont décliné. Ainsi, si au premier semestre, les exportations de l'ensemble des vins et champagne français ont connu une hausse de près de 17% par rapport aux six premiers mois de 2005, les beaujolais étaient, eux, en perte de 5%. En outre, les vins primeurs ont rendu plus difficile la commercialisation des crus qui ne le sont pas. Par conséquent, un million d'hectolitres sont en réserve. Un plan a été lancé en 2003 afin d'aider les viticulteurs du beaujolais à promouvoir, commercialiser et améliorer la qualité de leurs vins.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce reportage tourné à Tokyo s'emploie à montrer le succès de l'exportation du beaujolais nouveau dans le monde et plus particulièrement au Japon. Les images qu'il présente sont peu variées: il s'agit surtout de plans de Japonais dégustant le beaujolais ou de plans de bouteilles et de verres. Ce sujet très conventionnel sort des sentiers battus surtout par l'attitude du journaliste et par son commentaire. Le journaliste se montre d'abord peu à l'aise face à la caméra lorsqu'il lance le reportage, avec en arrière-plan la dégustation organisée par les producteurs de beaujolais: il se reporte maladroitement à ses notes à plusieurs reprises.

Surtout, son commentaire est en grande partie dépourvu de rigueur. Il fait ainsi preuve de sexisme lorsqu'il qualifie les jeunes hôtesses qui servent le beaujolais de "charmantes ambassadrices" ou de "commando de charme". Il se montre aussi assez cocardier et vante le "beaujolais national". Enfin, il émaille son commentaire de formules à l'emporte-pièce, telles que "le Tokyo by night", et se veut humoristique ("le beaujolais se japonise sans détrôner le saké").

Christophe Gracieux

Transcription

Journaliste
Deux jeunes Lyonnaises dans les rues de Tokyo, Laurence et Catherine, deux charmantes ambassadrices du Beaujolais, déléguée, s'il vous plait, par l'union interprofessionnelle, et venues spécialement à Tokyo présenter le vin nouveau qu'elles offrent d'ailleurs en ce moment même au passants, en compagnie des hôtesses de la JAL, elles participent elles aussi à ce show inédit du Beaujolais à Tokyo. Et croyez-moi, ce commando de charme a autant de succès que notre Beaujolais national. Le Beaujolais en vadrouille dans les rues ensoleillées de Tokyo, vues d'ici, ces images peuvent paraître insolites. En fait, ces passants n'ont pas du tout été surpris d'être invités à déguster le vin nouveau. L'année dernière déjà, des hôtesses aux couleurs de Villefranche avaient joué le même scénario. Le marketing aidant, le travail en profondeur de l'interprofession, le déplacement des négociants français au Japon, toute cette stratégie de séduction commerciale porte finalement ses fruits, au point que le marché japonais devrait représenter de plus en plus un débouché non négligeable pour notre commerce extérieur. Le degré de popularité du Beaujolais primeur se mesure aussi dans le Tokyo by night. Pratiquement jusqu'aux fêtes de fin d'année, le nouveau coulera généreusement sur les zincs des brasseries japonaises. Jusqu'à la fin décembre, des dizaines de milliers de bouteilles de primeur vont défiler dans ces établissements, où se rencontrent les jeunes et les cadres du Tokyo BCBG. Notre Beaujolais nouveau, décidément, se japonise au fil des années, sans détrôner, n'exagérons rien, le saké. La nuit du déblocage officiel, exceptionnellement, les restaurants sont restés ouverts jusqu'à quatre heures du matin. Le Beaujolais peut se vanter d'être à Tokyo le plus japonais des vins français. Kampai, à la bonne vôtre !
(Silence)