Les retombées économiques des Jeux Olympiques d'Albertville un an après

08 février 1993
02m 26s
Réf. 03024

Notice

Résumé :

Bilan des retombées économiques des Jeux Olympiques d'Albertville pour la vallée de la Tarentaise en termes d'infrastructures et d'emploi un an après leur ouverture.

Date de diffusion :
08 février 1993
Date d'événement :
08 février 1992

Contexte historique

En 1986, le Comité international olympique décerne l'organisation des XVIe Jeux Olympiques d'hiver, prévus pour 1992, à Albertville, ville savoyarde de 18 000 habitants. Treize sites concentrés dans la vallée de la Tarentaise sont retenus pour accueillir les épreuves. De nombreux et importants équipements sportifs sont construits en six ans sous l'action du Comité d'organisation, co-présidé par le triple champion olympique de ski aux Jeux Olympiques de Grenoble en 1968 Jean-Claude Killy et par le président du Conseil général de la Savoie Michel Barnier.

A Albertville même, sont édifiés le théâtre des cérémonies d'ouverture et de clôture, une grande patinoire, un dôme pour le hockey sur glace et un anneau pour les épreuves de patinage de vitesse. Dans les stations de sports d'hiver de la Tarentaise, les plus importantes réalisations sont celles de la piste de bobsleigh à La Plagne, du tremplin de saut à ski à Courchevel et de la piste de ski de vitesse aux Arcs. Par ailleurs, le réseau routier de la Savoie est totalement remis à niveau: près de 4 milliards de francs ont été investis pour le moderniser et pour créer notamment une autoroute dans la Tarentaise, jusqu'alors saturée par le trafic automobile en période de vacances scolaires. D'autre part, la ligne ferroviaire vers la Tarentaise a été électrifiée. De même, des travaux d'assainissement ont été entrepris, les infrastructures hôtelières et hospitalières modernisées et le patrimoine culturel mis en valeur.

Les Jeux Olympiques eux-mêmes, qui se sont déroulés du 8 au 23 février 1992, ont rencontré un grand succès populaire, et plus particulièrement les cérémonies d'ouverture et de clôture mises en scène par le chorégraphe Philippe Découflé, suivies par deux milliards de téléspectateurs. Dans les compétitions, se classant au septième rang des nations engagées, la France obtint neuf médailles, dont trois d'or pour Edgar Grospiron en ski de bosses, Fabrice Guy en combiné nordique et pour le relais féminin de biathlon.

Toutefois, après la réussite de l'organisation des épreuves sportives, le bilan des Jeux Olympiques est apparu bien plus contrasté. Le déficit des Jeux, que l'Etat s'est engagé à prendre en charge à 75%, s'est ainsi élevé à plus de 280 millions de francs, soit 6,6% du budget total. Les équipements sportifs ont en particulier coûté plus cher que prévu: la piste de bobsleigh de La Plagne a vu son coût passer de 130 à plus de 220 millions de francs et le tremplin de saut de Courchevel a coûté deux fois plus cher qu'envisagé. En outre, si les Jeux Olympiques avaient permis de créer des emplois, une partie disparaissent avec eux. La Savoie et la vallée de la Tarentaise sont également rattrapées par la crise en 1993: des usines suppriment des emplois et le taux de chômage croît. Pourtant, malgré ces ombres indéniables au tableau, les Jeux Olympiques d'Albertville ont globalement été une réussite pour la Savoie. Ils ont surtout permis de rénover les stations de sports d'hiver et de doter la région d'infrastructures de transports modernes.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce reportage est un sujet anniversaire, diffusé un an jour pour jour après la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques d'hiver d'Albertville. Il ne consiste pourtant pas en une rétrospective de la quinzaine olympique. Il s'agit en fait d'un sujet-bilan qui tente d'évaluer les retombées économiques des Jeux Olympiques sur la vallée de la Tarentaise, aussi bien du point de vue des infrastructures construites que de l'emploi. Son traitement apparaît assez complet et équilibré: il présente les réussites comme les échecs, et n'occulte ni les bienfaits de l'organisation des Jeux Olympiques sur l'économie régionale ni les difficultés qui en ont résulté. Pour cela, le sujet s'appuie exclusivement sur des images d'illustration, agrémentées de quelques infographies.

Dans un souci essentiellement informatif, ces dernières livrent aux téléspectateurs les principales données économiques à retenir en matière d'investissement, d'emplois créés et de chômage. Quelques-uns de ces plans d'illustration sont des images d'archives, telles que celles d'ouvriers travaillant sur les chantiers des équipements routiers construits pour les Jeux. Cependant, seuls les premiers plans, filmés lors de la cérémonie d'ouverture à Albertville, datent des Jeux Olympiques eux-mêmes. La majeure partie des images proposées par ce sujet ont en fait été filmées après les Jeux. C'est notamment le cas de celles qui présentent certaines infrastructures édifiées pour les compétitions sportives, telles que la patinoire d'Albertville, la piste de bobsleigh de La Plagne ou le tremplin de saut de Courchevel.

Christophe Gracieux

Transcription

Journaliste
La Savoie célèbre donc, on le constate, cet anniversaire des Jeux Olympiques d'Albertville dans la morosité. En l'espace d'un an, la plupart des indicateurs économiques ont viré au rouge. Pour Michel Barnier, le Président du Conseil général de la Savoie, la situation du département serait pire s'il n'avait pas accueilli les Jeux Olympiques. L'état des lieux est dressé par Christian Deville, un an après.
Christian Deville
L'impact des Jeux Olympiques sur la Savoie a un chiffre : celui du montant total des investissements effectués tous secteurs confondus, douze milliard de francs. Cette somme gigantesque rend compte du bouleversement complet qu'a connu la Tarentaise. Non seulement la voilà dotée d'équipements sportifs exceptionnels, mais encore elle dispose désormais d'infrastructures modernes dans les domaines hôteliers, touristiques, culturels, et de nouveaux équipements en matière d'aménagement rural, d'électrification, d'électrification, de télécommunication, sans oublier bien sûr les nouvelles voies routières qui désenclavent totalement la vallée et pourraient justifier, à elle seule, l'organisation des Jeux. Si la transformation de la Savoie s'est opérée tous azimuts, c'est parce que les treize sites olympiques ont tous profité de facilités financières pour réaliser d'importants travaux sur leur territoire. On parle de cinq, voire de huit années de gagnées pour certains, par rapport à un rythme de développement normal. Un seul exemple : Brides-les-Bains. Sur les six cent millions de francs investis pour rebâtir une nouvelle cité thermale, deux cent dix seulement proviennent des caisses de la mairie. Bien entendu, si le pourcentage de ce financement communal, 33%, est faible, la somme reste tout de même importante et Brides-les-Bains, comme Pralognan ou les Saisies, doit faire face à de sévères difficultés financières. Second chiffre significatif de l'impact des Jeux sur la Savoie : quatorze mille emplois ont été créé de 1985 à 1990. Hélas, la parenthèse olympique est refermée, et après avoir échapper à la crise, la Savoie connaît à son tour une aggravation du chômage qui atteint 8,9% au second trimestre 92. Paradoxe : à ce jour, la Tarentaise a bénéficié de moins d'installations d'entreprises que la vallée de la Maurienne, futur axe privilégié Lyon-Turin. Est-ce là la conséquence d'une communication olympique exclusivement basée autour du ski, ou une volonté politique ? Mais alors que la Maurienne renforce son aspect industriel, la Tarentaise semble vouloir devenir la paradis du touriste skieur.

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