Le canal de Provence empêche la sécheresse dans la région provençale

06 juillet 1976
03m 08s
Réf. 03034

Notice

Résumé :

Le canal de Provence fournit une quantité d'eau abondante à l'agriculture, à l'industrie et aux villes de Provence. Il permet à la région provençale d'éviter la sécheresse et la pénurie d'eau qui touchent alors la plupart de la France.

Date de diffusion :
06 juillet 1976
Source :

Contexte historique

La Provence, comme toute région méditerranéenne, subit la canicule estivale, saison où le nombre de jours de pluie est très faible. L'eau y est donc rare et apparaît d'autant plus essentielle. C'est précisément afin de mettre la Provence à l'abri de la pénurie d'eau qui entravait ses possibilités de développement économique qu'en 1957 la Société du Canal de Provence est créée, à l'initiative du ministère de l'Agriculture, par les départements des Bouches-du-Rhône, du Var, et par la Ville de Marseille. Elle a pour but de contribuer à l'aménagement hydraulique de la région et de fournir, même en période de sécheresse, l'eau nécessaire à l'agriculture, à l'industrie et aux villes de la région. Cette Société construit le canal de Provence dans les années 1960.

Prenant sa source sur le Verdon avant que celui-ci ne se jette dans la Durance, le canal se divise en deux branches à partir de Rians: l'une dessert les Bouches-du-Rhône, et essentiellement les agglomérations d'Aix-en-Provence et de Marseille, l'autre le Var. Il puise ses ressources dans les 250 millions de mètres cubes stockés derrière les retenues qui jalonnent son parcours, et s'étend sur un réseau de 4 000 kilomètres de canalisations avec quelque 70 kilomètres de canaux à ciel ouvert. Il assure l'irrigation de 60 000 hectares de terre dans près de 6 000 exploitations, approvisionne en eau quelque 800 industries et dessert 3 millions de particuliers dans 116 communes.

Le canal de Provence permet à la Provence de ne pas avoir de problème d'eau irréversible. Elle est ainsi l'une des rares régions où aucune restriction n'est en général imposée pour l'usage de l'eau pendant les périodes de sécheresse, en dépit du doublement, voire du triplement de sa population l'été par l'afflux de touristes.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Présenté dans le journal télévisé de FR 3 pour la région marseillaise "Actualités Méditerranée", il a été diffusé le 6 juillet 1976, c'est-à-dire au moment où la France entière était atteinte par une canicule d'une rare intensité qui a provoqué une très grande sécheresse. Son but est précisément de montrer que la région provençale ne subit aucune pénurie d'eau grâce au canal de Provence, et qu'au contraire elle reçoit de l'eau en quantité tout à fait suffisante. Il propose ainsi de nombreuses images de champs verdoyants et abondamment arrosés. Elles apparaissent saisissantes au regard de la sécheresse et des restrictions d'eau qui touchent alors l'ensemble du territoire français.

Le reportage insiste de façon récurrente sur la prévoyance des responsables de l'aménagement du canal de Provence et tend même parfois à les glorifier. L'homme qui est interviewé de manière symbolique devant une pelouse en cours d'arrosage, et dont la fonction n'est à aucun moment évoquée,mais dont on peut présumer qu'il est l'un des principaux responsables, si ce n'est le président de la Société du Canal de Provence qui gère le canal, ne dit pas autre chose. Le canal de Provence est d'autre part présenté comme un équipement à la pointe de la modernité, notamment en raison de son système de régulation électronique de la distribution d'eau. Ce sujet apparaît donc tout du long comme une louange du canal de Provence.

Christophe Gracieux

Transcription

Journaliste
C'est dans les situations difficiles qu'on mesure les bienfaits de la prévoyance. Alors que la plus grande partie de la France vit une terrible sécheresse, les villes, les industries, et l'agriculture de notre région bénéficient d'une eau abondante et de qualité grâce aux énormes travaux qui ont permis de réaliser à temps le canal de Provence et un réseau de distribution d'eau qui passe pour le plus moderne du monde : desservant deux départements, cent vingts communes et dix-huit mille exploitations agricoles.
Inconnu
Le canal de Provence c'est à cet égard un bel exemple de la prévoyance des responsables pour l'alimentation en eau de toute notre région.
Journaliste
Ce canal de Provence est un ouvrage gigantesque. Eu deux mots, son histoire, ça a commencé quand ?
Inconnu
L'histoire du canal de Provence a commencé aux environs des années 1955-1958. Et je crois qu'on peut rendre hommage aux responsables de l'époque, qui sont d'ailleurs encore là, qui ont prévu ce qui allait se passer et qui ont pris longtemps à l'avance les mesures qui s'imposaient pour mettre l'ensemble des Provençaux à l'abri d'une pénurie d'eau.
Journaliste
Autrement dit, on peut arroser combien de milliers d'hectares actuellement ?
Inconnu
Alors actuellement, le canal de Provence arrose environ trente mille hectares. Il arrosera, lorsque l'ensemble des travaux seront terminés, soixante mille hectares, mais en outre il alimente en eau toutes les communes qui sont à l'intérieur du périmètre, ainsi que les industries.
Journaliste
Le canal de Provence, ce sont aussi quatre-vingt seize kilomètres de tranchées, cent quatorze kilomètres de galeries souterraines, trois mille kilomètres de canalisations sous pression. Un système de régulation dynamique, entièrement électronique, permet une distribution qui s'adapte sans cesse aux besoins. Cinq barrages, gérés en accord avec EDF et le Ministère de l'Agriculture, assurent de considérables réserves d'eau, suffisantes pour faire face à l'augmentation de la consommation qui double tous les dix ans. On peut dire que jusqu'en l'an 2000, et peut-être même au-delà, le problème de l'eau ne se posera pas ?
Inconnu
Oui, le canal de Provence est prévu, effectivement, pour satisfaire l'ensemble des besoins de la région jusqu'aux environs de l'année 2000. Par conséquent, nous avons tout de même de la marge devant nous. Qu'est-ce qu'il se passera après l'an 2000 ? Bien disons que nos successeurs auront à se préoccuper de l'avenir, mais enfin je pense que si notre génération arrive déjà à résoudre le problème de l'eau, et je pense qu'il sera résolu intégralement pendant une trentaine d'années, ils auront bien travaillé.
Journaliste
Plus peut-être que les problèmes d'énergie, la recherche, la protection et la distribution de l'eau seront les grandes préoccupations du vingt-et-unième siècle. Les Provençaux, que l'on taxe à tort d'insouciance, ont pris en la matière une confortable avance.