Ouest-France, premier quotidien français

28 novembre 1970
08m 35s
Réf. 03042

Notice

Résumé :

Fort d’un tirage dépassant les 783 000 exemplaires, Ouest-France constitue le premier quotidien français. Attaché aux valeurs chrétiennes comme à celles ayant soutenu la France Libre, il propose une actualité régionale très détaillée.

Date de diffusion :
28 novembre 1970
Thèmes :

Contexte historique

Créé en 1899 par un prêtre d'Ille et Vilaine, Félix Trochu, et un laïc, Emmanuel Desgrée du Lou de Brest, promoteur au christianisme social, le quotidien Ouest-Eclair concilie idées républicaines et attachement au catholicisme. Malgré la faiblesse des moyens, lors de son 25ème anniversaire, le journal fête le dépassement du seuil des 250 000 exemplaires. Ouest-Eclair devient alors le premier quotidien régional de France.

La Seconde Guerre mondiale entraîne la division de la direction, certains souhaitant poursuivre la publication, les autres refusant toute compromission avec l'Occupant. Finalement, le journal continue de paraître et les opposants quittent la direction. Ouest-Eclair publie son dernier numéro le 1er août 1944 et la société Presse Régionale de l'Ouest, éditrice du journal, est dissoute par un jugement de la Cour de justice de Rennes en 1946. Les démissionnaires de 1940, Paul Hutin-Desgrées et François Desgrée du Lou, entourés de résistants et de combattants de la France Libre, tels Pierre-Henri Teitgen fondent alors Ouest-France. La rédaction se place dans la continuité de Ouest-Eclair, en conservant sa fidélité aux idéaux spiritualistes des origines, mais entend également incarner les valeurs de la France Libre.

En 1965, la direction de Ouest-France est confiée à Louis Estrangin et François Régis-Hutin, qui souhaitent favoriser le pluralisme de l'information par l'introduction de tribunes offertes aux candidats aux élections et par la diffusion d'opinions contradictoires. La direction prévoit également le transfert du siège social et la création d'une nouvelle imprimerie à Chantepie, achevée en 1972. A l'heure actuelle, Ouest-France demeure le premier quotidien français en terme de diffusion, avec plus de 783 000 exemplaires par jour en 2004.

Chaque jour, Ouest France, fort de 63 rédactions, imprime 42 éditions (soit près de 600 pages différentes) diffusées dans trois régions (Bretagne, Basse-Normandie, Pays de la Loire). Ainsi, si l'actualité nationale et internationale occupe les premières pages du journal, les pages départementales et locales rendent compte de l'actualité proche, de la grande ville aux villages de campagne, où 2 700 correspondants locaux témoignent des préoccupations des habitants de l'Ouest.

Julie Le Gac

Éclairage média

Ce reportage retrace, de manière complète et intéressante, les différentes étapes de production du journal Ouest-France, de l’arrivée des rouleaux de papier en provenance des pays nordiques à la distribution dans les boîtes aux lettres des abonnés et dans les kiosques de journaux, en passant par les conférences de rédaction.

Les gros plans sur les machines, les bélinographes qui permettent la transmission par fil d'images et de photographies, ou encore les lumitypes assurant la composition photographique des images, ainsi qu'un commentaire très favorable soulignent la modernité de la fabrication du journal. Dans le même sens, l'insistance sur l'agitation de la rédaction de Ouest-France, inhérente à toute rédaction journalistique, les louanges, certes méritées, pour le travail accompli par les journalistes, ainsi que des expressions telles que "informateur ponctuel et familier", tendent à transformer ce reportage d'information en message publicitaire.

Julie Le Gac

Transcription

(Silence)
Journaliste
Trente-six éditions, tirage annuel moyen sept cent mille exemplaires, voici Ouest-France, seconde entreprise de presse quotidienne française, premier journal français sur le plan régional. Tout commence par ces rouleaux de papier qui arrivent à Saint-Malo en provenance des pays nordiques. Acheminés à Rennes par voie ferrée, ils sont immédiatement stockés dans les entrepôts de Chantepie. Chantepie, où nous reviendrons plus tard pour suivre la fabrication du journal. Il nous faut tout d'abord tourner nos regards vers le 38 rue du Pré Botté, c'est là en effet que tout commence. Une vingtaine de télex en provenance de toutes les régions de France, de toutes les rédactions locales du journal, de l'Agence France Presse et du monde entier.
(Silence)
Journaliste
Plusieurs [INCOMPRIS] sur lesquels arrivent les photos des évènements qui se sont déroulés dans le monde, le tout mis à la disposition des deux cent quatre-vingt sept journalistes de la rédaction. Chaque rubrique du journal a un chef de service. Ils se retrouvent chaque jour dans le bureau de Monsieur Brulé, rédacteur en chef, pour discuter du contenu du journal. C'est la conférence de rédaction.
Inconnu
Qu'est-ce qu'il y a, Guy ?
Inconnu 2
Lettre de Basse-Normandie, Cherbourg, la communauté urbaine, un reportage de [INCOMPRIS] sur la révolution [INCOMPRIS].
Inconnu 3
Ah oui, alors attention, pas ce soir.
Inconnu
Oui.
Journaliste
Immédiatement, après cette conférence de rédaction, les chefs de service vont faire exécuter les décisions qui ont été prises à la conférence.
(Silence)
Journaliste
Déjà, dans l'après-midi, la publicité a été composée sur les anciennes machines.
(Silence)
Journaliste
Le quotidien Ouest-France s'enorgueillit de posséder un atelier de composition aux machines ultra modernes. C'est ainsi que l'on dénombre soixante-deux linotypes, dont sept [Comet], que [six électrons] permettent une composition programmée.
(Silence)
Journaliste
D'autre part, dans la salle de la photocomposition, on a pu apercevoir une Lumitype. C'est une machine qui imprime sur pellicule deux mille cinq cents lignes à l'heure et qui est surtout utilisée pour la composition de la publicité.
(Silence)
Journaliste
Dans cette salle de la photogravure se fabriquent en moyenne six cents clichés sur zinc par jour.
(Silence)
Journaliste
A travers toutes ces salles, l'article rédigé par le journaliste est maintenant composé. Cet article va être transporté au marbre, lourde table de fonte où tout est réparti suivant les éditions. Après avoir contrôlé la qualité pour qu'il n'y ait pas de coquilles, on rassemble articles et photos à l'intérieur des formes rectangulaires qui ont les dimensions exactes de la page du journal. C'est ce qu'on appelle la mise en page. L'ensemble, soigneusement resserré, ajusté, est entré et contrôlé par un secrétaire de rédaction. Le tout doit être fait très vite, un seul patron à Ouest-France : l'horloge. Cette forme rigide va être reproduite sur une forme souple en carton très épais que l'on appelle le flan. L'opération Pré Botté est terminée. Direction Chantepie, les nouveaux ateliers du journal. C'est là qu'en 1972 tout sera regroupé. Le flan est passé au contact de la forme où il va recevoir l'emprunte en creux de tous les caractères de plomb. Les flancs sont ensuite expédiés à la clicherie où vingt-deux clicheurs fondent chaque nuit plus de treize cents clichés plomb demi cylindriques dont le poids total atteint plus de vingt mille kilos.
(Silence)
Journaliste
A peine sorti de cette salle, le cliché est acheminé vers la salle des rotatives. Chaque rotativiste va retenir au passage les clichés correspondant à l'édition qui intéresse sa machine. Les rouleaux de papier sont en place, et par un simple geste du rotativiste, l'énorme masse de sa machine va s'ébranler en un mouvement qui s'accélèrera régulièrement pour atteindre la cadence fantastique de cinquante mille exemplaires à l'heure, soit quatorze à la seconde. Dans un grondement effarent, dix mille kilomètres de papier vont défiler cette nuit en une course fantastique avec une implacable exactitude. Dans cette forêt de cylindres vont se rejoindre les feuilles provenant de plusieurs rotatives qui formeront les vingt-quatre ou les trente-deux pages du journal. La blanche et sinueuse masse se tord, rentre, et se glisse vers les salles d'expédition.
(Silence)
Journaliste
C'est la mise sous bandes du journal, par l'intermédiaire des machines appelées [bardettes]. Chacune plie et met sous bande six mille exemplaires à l'heure. Ces exemplaires sont destinés au cent cinquante mille abonnés du journal. Quant à la vente au numéro, les paquets sont assemblés, ficelés, étiquetés, classés. Ils sont plus ou moins volumineux suivant l'importance de la commune à laquelle ils sont destinés.
(Silence)
Journaliste
Lorsque le tout est étiqueté suivant la destination, c'est l'acheminement vers les quais d'expédition. De 22h à 2h30 du matin, quarante et un camions vont prendre le départ pour parcourir quatorze mille kilomètres dans la nuit. Le tour de la Terre sera réalisé en moins de trois jours.
(Silence)
Journaliste
Pendant que vous dormez en paix, tout ce qui s'est passé dans le monde, du plus grand évènement jusqu'au plus petit fait divers, tout vous sera relaté grâce à l'énorme travail de trois mille correspondants et de quinze cent trente-neuf personnes qui travaillent à temps complet pour vous offrir, à votre réveil, cette informateur ponctuel et familier qui s'appelle Ouest-France.
(Silence)