Le centre national d'essai des éoliennes de Lannion (CNEEL)

08 juin 1983
02m 40s
Réf. 03044

Notice

Résumé :

La création du Centre national d’essais éoliens de Lannion en 1983 souligne la volonté française d’approfondir la technologie des énergies renouvelables. Toutefois, faute de volonté politique, l’énergie éolienne ne connaît un véritable essor qu’à partir des années 1990.

Date de diffusion :
08 juin 1983
Source :
Personnalité(s) :

Contexte historique

La création en 1983 du Centre national d’essais éoliens sur les hauteurs de Trébeurden, à proximité de Lannion, témoigne de la volonté d’EDF d’approfondir la recherche relative aux énergies renouvelables. Une première ferme éolienne avait été implantée sur l’île d’Ouessant en 1979, mais elle est détruite après un an d’activité sous l’action de la corrosion. Le CNEEL a précisément pour objectif de rechercher les causes de l’échec de Ouessant et d’améliorer la résistance et la rentabilité des éoliennes. Toutefois, faute d’un soutien politique et financier suffisant, les quatre éoliennes du CNEEL sont abandonnées en 1989.

L'énergie éolienne est relancée en France, à l'initiative du ministre de l'environnement Brice Lalonde, qui donne l'impulsion nécessaire à l'implantation d'une éolienne à Dunkerque en 1991, puis d'une ferme éolienne en 1992 à Port-la-Nouvelle, dans l'Aude. En février 1996, EDF lance le projet "Eole 2005", prévoyant, l'installation d'ici 2005, sur les côtes françaises et dans certains départements d'outre mer de plusieurs centaines d'éoliennes fournissant une puissance totale de 250 à 500 mégawatts. Vingt projets, dont ceux de Plouarzel et Goulien dans le Finistère ou de la Désirade à la Guadeloupe sont retenus par EDF qui s'engage à acheter l'électricité produite par ces sites, au prix d'environ 35 centimes le kW/h, ce qui représente une aide s'élevant au tiers de l'investissement nécessaire (150 millions de francs). Toutefois, l'objectif de 500 MW n'équivaut qu'à la moitié de la production d'une centrale nucléaire, et l'énergie éolienne demeure pour la France une énergie d'appoint. En 2002, toutefois, la France renforce son investissement dans l'énergie éolienne, afin de répondre à l'objectif fixé par l'Union Européenne d'une production énergétique fondée à 21% sur des énergies renouvelables à l'horizon 2010 (contre 15% aujourd'hui).

La France, qui produit 700 MW d'énergie éolienne, fin 2005, espère franchir le seuil des 2 000 MW en 2007. 7 nouveaux projets sont à cet égard retenus par le ministère de l'industrie, dans les régions les plus exposées aux vents, la côte Ouest et le couloir rhodanien.. Néanmoins, la production française d'énergie éolienne demeure très inférieure à celle de ses voisins européens, l'Espagne, et surtout l'Allemagne et le Danemark.

Julie Le Gac

Éclairage média

Ce reportage consacré à la création du Centre National des Essais d’éoliennes de Lannion témoigne de l’espoir suscité par l’installation de ce centre d’expérimentation. La référence au CNET et au Radôme de Pleumeur-Bodou n’est pas anodine, et montre, tout comme l’interview de deux ingénieurs, que l’installation du CNEEL est considérée comme une véritable avancée scientifique. Par ailleurs, de manière surprenante, l’énergie éolienne est présentée comme une perspective économique indispensable pour certaines régions où l’acheminement de l’électricité est onéreux, et non d'abord comme un impératif écologique.

De fait, au début des années 1980, les débats sur l'énergie nucléaire sont moins virulents, tandis que les préoccupations écologiques demeurent discrètes. Enfin, s'agissant des grands débuts de l'énergie éolienne, le document ne peut qu'ignorer les débats suscités par l'énergie éolienne, et notamment les récriminations d'une partie de la population contre les nuisances sonores et visuelles provoquée par les éoliennes.

Julie Le Gac

Transcription

Journaliste
Nouveau, non, mais peut-être intéressant : l'énergie du vent est en tout cas une énergie qui rallier tous les adeptes d'énergies douces. Les Américains sont les premiers sur le marché de l'éolienne à petite dimension, celle qui peut fournir par exemple de l'énergie à une dizaine d'habitations. Le gâteau de ce marché, et bien on l'estime à quatorze milliards pour l'an 2000. Les Français, eux, voudraient bien avoir leur part de ce marché, mais voilà, ils accusent un certain retard en la matière. Pour tenter de le combler, et bien on crée à Lannion un centre d'étude des éoliennes. Il est unique en France, il sera inauguré demain. Philippe Amaland.
Philippe Amaland
C'est au coeur du paysage électronique de Lannion que se dressent les premières éoliennes confiées au centre d'essai. Au milieu de la lande, mais à quelques kilomètres seulement de Pleumeur-Bodou, et du CNET, où se conçoit le téléphone de demain. Sur les hauteurs de Trébeurden, on ne cultive rien d'autre que le vent. A priori, une éolienne, c'est simple. En réalité, c'est une machine très compliquée qui doit être capable de tourner jour et nuit pendant dix ans.
Jacques Givri
Si vous voulez, c'est assez facile à concevoir, relativement difficile à construire, mais c'est surtout très difficile à mettre au point. Et c'est une des raisons pour lesquelles on a créé ce centre, c'est la mise au point des éoliennes.
Philippe Amaland
L'une des raisons, mais pas la seule. Le centre a aussi pour vocation l'étude des qualités mécaniques des éoliennes, pour éviter que les accidents comme celui de Ouessant ne se reproduisent. Un troisième axe : la réduction du coût. Cette éolienne vaut cent cinquante mille francs, quinze millions anciens. Elle produit de l'électricité pour une maison de cinq pièces, pas plus. En clair, cela signifie qu'il est presque impossible de la commercialiser, sauf peut-être dans certains pays.
Jacques Givri
Nous produisons, à la fin des essais, ou en cours d'essai, des comptes-rendus dans lesquels tous les incidents relevés sur le fonctionnement de la machine sont portés.
Jacques Wolf
Edf est intéressé par les essais, par exemple l'éolienne de type qu'il y a eu à Ouessant, peut-être pas pour leur développement en France, mais certainement pour le développement dans les DOM TOM ou les territoires d'Outremer comme Tahiti, Saint Pierre et Miquelon, où il y a beaucoup de vent.
Journaliste 2
Où il y a beaucoup de vent et où il y a des problèmes pour acheminer d'autres énergies ?
Jacques Wolf
En France il y a du nucléaire qui ne coûte pas trop cher, l'éolien ça coûte certainement plus cher en ce moment que le nucléaire, mais l'éolien coûtera certainement moins cher d'ici quelques années que le diesel dans une île isolée.

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