La folle journée de Nantes

08 février 1997
02m 10s
Réf. 03052

Notice

Résumé :

La "Folle Journée de Nantes", créée en 1995 par René Martin afin de rendre la musique classique accessible au plus grand nombre, a atteint son objectif, et attire chaque année plus de 100 000 visiteurs en une semaine.

Date de diffusion :
08 février 1997

Contexte historique

Créée en 1995 par René Martin, célèbre organisateur notamment du festival de Piano de la Roque d’Anthéron, en Provence, la "Folle Journée de Nantes" constitue aujourd’hui une des grandes manifestations culturelles de musique classique en France et en Europe. Prenant le contre-pied des autres festivals de musique classique, souvent élitistes, elle souhaite, par une politique de bas prix, rendre la musique classique accessible au plus grand nombre. Pour ce faire, le budget 2006, bien que multiplié par 6 en 10 ans, atteint le niveau relativement modeste de 3 280 000 euros, dont 1 million proviennent de subventions de la ville de Nantes. Le succès repose dès lors sur une équipe de 600 bénévoles, tandis que les artistes acceptent d’être bien moins payés qu’à l’ordinaire. La manifestation attise l’intérêt de la population et en 2006, 112 000 billets sont vendus, dont 5 000 à des scolaires, et 25 000 disques sont achetés à la boutique.

Succès culturel, la Folle Journée est également un succès économique pour la région. Les études montrent en effet que pour 1,5 euros dépensé dans l'achat de spectacle, 3 euros supplémentaires le sont à l'extérieur, en hébergement, restauration ou déplacements. La réussite de la Folle Journée entraîne son élargissement en région, avec 150 concerts organisés dans les Pays de la Loire en 2006, ainsi que son exportation à l'étranger, à Bilbao, Lisbonne et Tokyo notamment en 2006.

Julie Le Gac

Éclairage média

Ce reportage, consacré à la troisième édition de la "Folle Journée de Nantes", en souligne le succès. La population s’est en effet rendue en masse au Palais des Congrès de Nantes pour assister aux concerts. Le reportage loue cette initiative destinée à vulgariser la musique classique, une volonté sensible dans les paroles des musiciens interrogés. Il met à cet égard en lumière la présence d’enfants. Toutefois, toutes les personnes interviewées s’avèrent être des connaisseurs de musique classique, ce qui apporte une légère nuance à ce rôle initiatique joué par cette grande fête de la musique classique.

Julie Le Gac

Transcription

Journaliste
Et pendant ce temps-là, justement à la Cité des Congrès, la foule parcourt les allées et les différentes salles pour assister aux concerts, c'est un succès pour cette troisième édition. Après Mozart et Beethoven, Schubert fait le plein, et la manifestation remplit sa mission, qui est de permettre au public de découvrir un compositeur. Ambiance avec ce reportage de Guillaume Jupin et Antoine Ropert.
Journaliste 2
De son vivant, Schubert n'a jamais véritablement connu le succès. Mais aujourd'hui, alors que l'on fête le bicentenaire de sa naissance, il fait salle comble. Le temps d'une folle journée, la Cité des Congrès s'est métamorphosée en un temple dédié à sa gloire. Car du Schubert, il y en a partout, à tous les étages, dans toutes les salles, toutes les oreilles, et même sur les bouteilles de Muscadet, le public déguste.
Inconnu
On est Nantais donc on avait déjà goûté aux précédentes, à Beethoven l'année dernière, à Mozart aussi il y a deux ans, c'est super.
Inconnu 2
Bon c'est sûr qu'on fait découvrir un peu la musique aux enfants et Schubert on aime bien, donc on voulait pas rater l'occasion.
Inconnu 3
C'est une musique à mon avis qui est moins éclatante, moins brillante peut-être que d'autres, mais qui a un effet beaucoup plus profond et à mon avis beaucoup plus durable.
Inconnu 4
D'abord les musiciens se sont accordés donc on a des musiques un peu confuses, et ils sont partis sur quelque chose de vraiment, vraiment superbe, sur le départ c'était, c'était extraordinaire.
(Silence)
Inconnu 4
C'est un petit génie qui est mort trop tôt, trente et un ans, c'est triste.
Journaliste 2
Schubert mis en scène, Schubert mis en musique, le compositeur autrichien se retrouve à la portée de tous. Sur le kiosque, les plus grands solistes se relaient et ici, dans le hall, tout est gratuit mais un peu bruyant.
Jacques Delannoy
Le hall sert un peu de vitrine aux concerts, parce que je pense que la plupart des gens qui sont dans le hall, j'espère d'ailleurs, ont un billet pour un des concerts, et là ils auront des conditions d'écoute meilleures.
Guy Cottin
Ça démocratise un petit peu la musique classique, et c'est bien de faire entendre de la belle musique, d'aussi belles musiques par un public très très nombreux.
Journaliste 2
Et demain encore, les quelques six cents musiciens de cette folle journée referont vivre l'oeuvre du Romantique de Vienne.