La revégétalisation de la Pointe du Raz

24 octobre 1997
01m 18s
Réf. 03053

Notice

Résumé :

La revégétalisation de la Pointe du Raz, entreprise dans les années 1990, permet de préserver l’environnement d’un site fragile et victime de son succès touristique.

Date de diffusion :
24 octobre 1997

Contexte historique

La beauté sauvage de la Pointe du Raz, véritable "bout du monde" à l’extrémité Ouest du Finistère, attire de très nombreux touristes et très tôt se pose la question de la protection de ce site très fragile. Ainsi, dès 1943, l'extrémité de la Pointe du Raz est classée. Cependant, entre 1948 et 1950, un musée et des hôtels s'installent sur le site. En 1962, une cité commerciale de 14 commerces et un parking de 2 hectares sont construits. Parallèlement, la fréquentation touristique s'accentue, passant de 300 000 visiteurs par an en 1970 à 500 000 en 1990. Le piétinement incessant provoque une forte dégradation de la végétation et du sol de la Pointe du Raz.

Au terme d'une étude menée en 1989 par la Société d'Etudes et de Protection de la Nature en Bretagne, le Syndicat Mixte pour l'Aménagement et la Protection de la Pointe du Raz et du Cap Sizun est créé en 1991. Il assure la gestion de l'Opération Grand Site, dont l'objectif est de restituer l'aspect d'origine de la Pointe du Raz. A cet égard, l'ancienne cité commerciale et les parkings sont détruits, tandis qu'un nouvel espace d'accueil, d'information et de stationnement est construit à 800 mètres en retrait du site naturel. 7 km de sentiers aménagés sont créés afin de soustraire le tapis végétal au piétinement. La revégétalisation du site est assurée par transplant ou revégétalisation hydraulique. Proche actuellement de 850 000 visiteurs annuels, la fréquentation touristique du site est dès lors fortement encadrée afin de préserver, pour les visiteurs futurs, la beauté naturelle du site.

Julie Le Gac

Éclairage média

Ce reportage diffusé dans le cadre des éditions régionales de France 3 concentre son attention sur les modalités techniques de la revégétalisation de la Pointe du Raz. En témoignent les gros plans sur les semis ou sur la pulvérisation d'engrais, entrecoupés d’explications techniques d’employés de la D.D.E.

Il souligne également les succès de l'entreprise grâce à la comparaison de vues du site à un an d'intervalle ainsi qu’à l'interview de responsables ou d'habitants enthousiastes.A l'inverse, il demeure muet sur les causes des travaux entrepris. Il ne relève pas non plus le paradoxe inhérent à la nécessité d'une intervention humaine pour rendre à un site son apparence naturelle.

Julie Le Gac

Transcription

Journaliste
La pointe du Raz l'année dernière : des cailloux, de la terre et du vent, le résultat du passage de près de un million de visiteurs par an. Dix mois plus tard, le bout du monde commence à retrouver ses couleurs d'antan. Ultime phase de ce chantier entamé en 93 : ce jet noirâtre de semis projeté hier sur les trente mille mètres carrés du site, bientôt un écrin de verdure pour Notre-Dame des naufragés.
Christian Celton
Au printemps prochain on verra qu'on commencera à voir apparaître un peu les couleurs traditionnelles des plantes de falaise notamment, la silène, l'armérie qui est bien connue qui donnera des petites touches roses au site. Pour le reste, pour atteindre les couleurs traditionnelle de la lande, de la véritable lande, c'est-à-dire de l'ajonc et de la bruyère, faudra être un peu plus patient, pas avant cinq ans sans doute.
Journaliste
Les graines avaient été patiemment récoltées sur place au printemps dernier : cent quatre kilos millésimés additionnés d'eau, d'engrais et de colle, auront permis de traiter la pointe du Vent et la pointe du Raz où des travaux, un virgule deux millions de francs, restent à parachever les chemins de promenade. A Plogoff, en attendant le printemps, on redécouvre le bout du monde.
Pierre-Yves Perinnou
Par rapport à ce qu'on avait avant, c'est formidable, c'est bien, c'est une bonne chose. Et là, reste à voir, faudra attendre encore quelques temps je crois mais c'est du bon boulot.