Victoire de Dominique Baudis aux élections municipales de Toulouse

07 mars 1983
01m 16s
Réf. 03059

Notice

Résumé :

Au soir de sa victoire aux élections municipales de Toulouse, Dominique Baudis, célèbre journaliste de télévision, prend ses fonctions sous le regard de son père Pierre, maire sortant.

Date de diffusion :
07 mars 1983

Contexte historique

En mars 1983, Dominique Baudis est élu maire de Toulouse. Cette élection est originale à plus d'un titre: d'une part, il est rare de voir en République un fils succéder à son père à la tête d'une grande métropole (argument que ses adversaires politiques mettront en avant pendant la campagne). Pierre Baudis a en effet été maire de Toulouse de 1971 à 1983.

Pour le grand public, la reconversion d'un ancien journaliste en politique est également perçue comme une démarche atypique: correspondant au Liban au début des années 70 puis grand reporter pour TF1, Dominique Baudis a présenté le journal télévisé sur différentes chaînes de 1978 à 1982. Le tournant alors effectué par Dominique Baudis se confirme dans les années suivantes. Il multiplie les nouveaux mandats: parlementaire européen, conseiller général pour la Haute-Garonne, il devient président du conseil régional de Midi-Pyrénées en 1986. Il siège également à l'Assemblée nationale de 1986 à 2000. Cette même année, il décide pourtant de mettre un terme à tous ces mandats électifs et revient à sa première passion, la télévision, en acceptant la proposition du Président Chirac qui le nomme à la tête du CSA (Conseil Supérieur Audiovisuel).

Mis en cause en 2003 dans une affaire de moeurs, il doit faire face à la rumeur avant d'être innocenté par la justice. Après la fin de son mandat au CSA, il préside quelques temps l'Institut du Monde arabe, avant d'être élu député UMP aux élections européennes de 2009.

Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Avant de pouvoir imposer sa marque à la tête de la ville, Dominique Baudis doit assumer une double étiquette: celle d'héritier de l'ancien maire, Pierre Baudis et celle d'ancien journaliste très populaire.La première partie de reportage est consacrée aux images à chaud de la victoire: acclamations des militants toulousains, installation dans ses nouveaux bureaux de maire... L'omniprésence à l'image de Pierre Baudis fait naître une ambiguïté révélatrice de l'atmosphère régnant au soir de l'élection. Les acclamations et les applaudissements qui retentissent alors semblent autant destinés à l'ancien maire qu'à son successeur. Il est inhabituel de voir ainsi un tel lien de filiation affiché au soir d'une élection.

Dominique Baudis apparaît ici comme le garant de l'héritage paternel. L'interview de deuxième partie de reportage insiste encore sur ce lien en cadrant l'image en plan large: on peut ainsi voir l'ancien maire poser un regard fier et affectueux sur son fils.Le nouveau maire de Toulouse doit également répondre aux questions concernant sa reconversion professionnelle. On remarque l'habileté de l'ancien présentateur de JT qui tente de déjouer les questions sur son ancien métier en créant une connivence avec le journaliste qu'il appelle par son prénom.

Dominique Baudis parvient donc dans ce reportage à reprendre à son profit les arguments qui pourraient nuire à sa crédibilité de nouveau maire. Il organise la passation de pouvoir symbolique avec son père, dont il ne renie pas le soutien qui a pu faciliter son élection. Il présente sa vocation de journalisme comme un gage de renouveau de la pratique politique (au-delà des traditionnelles luttes de partis). Il annonce donc une rupture de style tout en obtenant la caution morale des cadres politiques traditionnels de la ville.

Emeline Vanthuyne

Transcription

(Silence)
Inconnu
Présentateur, journaliste, peut-être, en tout cas les Toulousains me connaissent, parce que j'avais eu durant plusieurs années l'honneur et la charge de les informer quotidiennement sur les affaires de notre ville, sur les affaires de la France et du monde.
Journaliste
Vous allez garder dans votre liste l'actuel pourcentage, 18 RPR, 18 UDF ?
Inconnu
Non mais il y a pas de RPR, il y a pas d'UDF, il y a des conseillers municipaux, il n'y aura pas de débat politique au Conseil municipal de Toulouse, il n'y aura pas de constitution de groupes politiques au sein du Conseil municipal de Toulouse. Je l'ai dit durant la campagne électorale et ce n'est pas ce soir que je changerai de langage.
Journaliste
Vous pensez que vous allez regretter le journalisme ?
Inconnu
Je resterai journaliste toute ma vie, vous savez, c'est une vocation, vous le savez Serge, quand on a sa carte de presse, quand on a exercé ce métier, c'est une façon d'aborder les problèmes, c'est-à-dire regarder les problèmes en face, écouter les opinions et les avis de chacun avant de prendre une décision. Et c'est justement dans cet esprit que je veux aborder les responsabilités municipales qui viennent de m'être confiées.