Ouverture du site de Lascaux II

18 juillet 1983
02m 15s
Réf. 03060

Notice

Résumé :

En 1963, la grotte préhistorique de Lascaux découverte en 1940 est fermée au public pour cause de détérioration. Vingt ans plus tard, une reconstitution de la grotte est achevée à proximité de la première afin de présenter au public ce site exceptionnel.

Date de diffusion :
18 juillet 1983

Contexte historique

Merveille de l'art préhistorique, la grotte de Lascaux est surnommée la " Chapelle Sixtine de la préhistoire". Elle fut décorée par les Magdaléniens au cours de la première partie du XVe millénaire. Ses parois sont couvertes d'une frise monumentale avec des peintures atteignant cinq mètres de long, dans des teintes à dominantes noires et rouges.

Le 12 septembre 1940, quatre adolescents munis d'un matériel rudimentaire pénètrent pour la première fois à l'intérieur de la grotte. Après plusieurs explorations, des experts identifient les décorations et des mesures de protection furent prises pour canaliser le flux des visiteurs attirés par les lieux (1500 en quelques jours). L'aménagement du site fut achevé en 1949. Il fit la renommée de Montignac, petite ville du Périgord noir où se situe la grotte.

Lascaux dut cependant fermer en avril 1963 car les trop nombreuses visites participaient à la détérioration du site. Un sas garni de portes étanches y fut installé afin d'y maintenir une température constante. A côté de ce site, une copie partielle a été réalisée pour permettre au public de prendre conscience de la dimension, de la forme et de la beauté de la grotte, dont la visite est aujourd'hui réservée aux seuls préhistoriens. C'est une maquette grandeur nature. Les techniques utilisées sont celles de la photographie et de l'art des peintres modernes avec des colorants d'époque. Le nombre de visiteurs est limité à 2000 par jour afin de ne pas détériorer l'oeuvre.

Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Le lancement du reportage a ici pour but de resituer les enjeux liés à l'ouverture de la grotte de Lascaux II. Le présentateur effectue un bref rappel chronologique depuis la découverte de Lascaux I en 1940. Cette mise en situation permet de mieux comprendre l'importance du travail de reconstitution effectué à l'intérieur de la grotte et filmé tout au long du reportage.

Sans le commentaire du journaliste, les images resteraient quelque peu mystérieuses: les techniques de restauration aperçues paraissent ici incompréhensibles pour des néophytes. Il est toutefois intéressant de voir les travaux en cours d'exécution afin d'en appréhender l'ampleur et l'intérêt historique. On peut ainsi mieux saisir les techniques utilisées à l'époque. Ce travail artistique de reconstitution à l'identique , "titanesque" et extrêmement coûteux pour les collectivités locales a un double intérêt: culturel (préservation d'un patrimoine exceptionnel) et économique (apport du tourisme pour la région). Cela explique l'importance accordée par la région à la valorisation du site.

Emeline Vanthuyne

Transcription

Journaliste
Cela faisait vingt ans que la Grotte de Lascaux était fermée au public. Cette grotte, près de Montignac, en Dordogne renferme des fresques datant de quinze mille ans. Seulement, depuis la découverte de cette grotte, ces fresques se sont détériorées, ce qui a d'abord provoqué la fermeture de Lascaux, puis dans un second temps la reconstitution de ces fresques dans une autre grotte. C'est ce Lascaux numéro 2 qui a été ouvert au public aujourd'hui. Yannick de Solminihac.
(Silence)
Yannick (de) Solminihac
Ce sont principalement la région et le département qui ont pris en charge le financement de la reproduction, un investissement de cinq millions et demi de francs. Depuis 1980, une équipe s'affaire pour réaliser Lascaux 2. Un travail de titan : il a fallu reproduire chaque creux, chaque aspérité de la roche, consulter les tracés établis par l'Institut Géographique national, faire la navette entre Lascaux et son fac-similé pour comparer, rectifier le travail. Mais le résultat est là. On a atteint une précision de l'ordre du centimètre dans les trois dimensions. Cinquante mètres carrés de fresques ont été reproduits, quinze cent peintures réalisées selon des techniques manuelles. Les matériaux sont sans doute les mêmes que ceux utilisés il y a vingt mille ans : manganèse, oxyde de fer, argile trouvés aux environs de la grotte.
(Silence)
Yannick (de) Solminihac
Une oeuvre immense donc, qui va permettre de rendre au public un chef d'oeuvre de l'humanité, un ballon d'oxygène aussi pour le tourisme dans la vallée de la Vézère. En 1963, année de la fermeture de la grotte, on comptait plus de cent mille visiteurs par an, un pactole touristique auquel rêvent encore les habitants de Montignac.
(Silence)