Projet de loi sur les risques industriels après l'explosion d'AZF de Toulouse

11 janvier 2002
01m 16s
Réf. 03064

Notice

Résumé :

L'explosion de l'usine AZF à Toulouse, le 21 septembre 2001 a contribué à l'adoption de nouvelles mesures de prévention des risques industriels en ville.

Type de média :
Date de diffusion :
11 janvier 2002

Contexte historique

Le 21 septembre 2001, l'explosion de l'usine AZF (AZote Fertilisants) à Toulouse a fait 30 morts (dont 21 sur le site) et plus de 10 000 blessés. Le bilan matériel est également important: dans la partie sud-ouest de la ville, de nombreux logements, des équipements sportifs et scolaires ont été partiellement ou totalement détruits. Les dégâts sont chiffrés à 1,5 milliards d'euros. Les séquelles au sein de la population sont également psychologiques: une partie des Toulousains reste traumatisée par ces événements dramatiques.

Les raisons d'une telle catastrophe industrielle sont multiples. La thèse de l'attentat, dix jours après les événements new-yorkais du 11 Septembre a très vite été écartée. L'hypothèse de l'accident est aujourd'hui privilégiée mais des explications plus ou moins fantaisistes sont toujours en concurrence: erreur de manipulation avec le nitrate d'ammonium, phénomène électro-magnétique, stockage et émanation explosive de vapeurs d'hydrazine.

Cette catastrophe a cependant permis d'approfondir une réflexion plus globale sur la prévention des risques industriels. A Toulouse, l'usine AZF, construite en 1920 à l'écart de la ville, a été ensuite englobée dans l'agglomération sous l'effet d'une croissance urbaine mal maîtrisée. Le site industriel était d'ailleurs classé zone à risques SEVESO d'après une directive européenne datant de 1982.

Depuis cet accident de 2001, l'Etat a renforcé les lois déjà en vigueur pour tenter de prévoir et d'éviter de nouvelles catastrophes. Des Plans de Prévention des Risques technologiques sont mis en place par la loi de 2003 et prévoient un zonage très précis des lieux à risques non urbanisables. Des mesures locales viennent également renforcer cette politique menée au niveau national. La fermeture de l'usine AZF a permis d'entamer la reconversion du site après une nécessaire période de dépollution.

Le site est aujourd'hui un lieu de mémoire : le cratère provoqué par l'explosion (de 30 m de de diamètre et de 10 m de profondeur) est encore visible. La municipalité envisage cependant d'y faire naître un centre international de cancérologie: Canceropôle, afin de participer à la reconversion de cet espace industriel en zone dédiée au domaine de la recherche et des biotechnologies.

Emeline Vanthuyne

Éclairage média

Présenter le contenu d'un projet de loi complexe dans un bref reportage télévisé est un exercice pédagogique périlleux. Il s'agit pour le journaliste de synthétiser et de clarifier le contenu législatif sans le dénaturer. Ce type de sujet est habituellement accompagné d'animations et de schémas de synthèse explicatifs pour capter plus facilement l'attention du télespectateur. Ici, le journaliste utilise des images d'archives agrémentées par des incrustations rappelant les titres des 3 volets principaux de la loi en cours d'élaboration.

Les plans filmés dans les rues de Toulouse et près du site AZF au lendemain de la catastrophe servent ici à appuyer indirectement les propos du journaliste: les vues de maisons détruites, de voitures calcinées permettent de comprendre l'urgence à prendre des mesures de prévention. Il s'agit avant tout de protéger les riverains qui vivent à proximité d'usines. Les méthodes employées sont les mêmes que celles préconisées depuis la catastrophe SEVESO il y a plus de vingt ans: zonage des secteurs à risques, possibilité d'expropriations avec indemnisations, éducation des populations à la prévention des risques.

Dans son commentaire, le journaliste montre bien que le projet de loi ne fait qu'étendre des mesures mises en place avant la catastrophe (le site AZF était ainsi classé à risques SEVESO). Le reportage n'évoque cependant pas les problèmes liés à l'application sur le terrain de telles mesures: la croissance urbaine reste difficilement maîtrisable, les riverains acceptent difficilement de quitter leurs domiciles. Ce sont souvent ces difficultés pratiques qui expliquent la lenteur de mise en application de tels plans de prévention des catastrophes.

Emeline Vanthuyne

Transcription

Journaliste
Ce projet de loi sur les risques industriels comporte trois volets essentiels. Tout d'abord : la maîtrise de l'urbanisation. Cela devrait se faire grâce à des procédures d'indemnisation plus larges des riverains qui conduiraient des travaux de sécurité ou encore céderaient leur maison. Ces indemnisations étaient jusqu'à maintenant versées uniquement lorsqu'un industriel s'installait sur un nouveau site. Désormais, le projet de loi l'étend lors d'extension d'usine ou encore aux anciennes usines rattrapées par la ville. Deuxième volet : renforcer la protection des populations. Il est alors prévu la création d'un plan de prévention des risques technologiques. Ce nouvel outil devra définir les mesures de protection des habitants : limitation des constructions, travaux de sécurité sur les habitations existantes ou encore indemnisation des personnes qui souhaiteraient déménager du périmètre dangereux. Enfin dernier volet : la concertation. Le projet de loi prévoit dans les zones Seveso de mettre en place des comités locaux d'information et de prévention réunissant industriels, collectivités locales, salariés et riverains. Reste tout de même une interrogation : l'aspect financier. Il pourrait se créer un fond régional alimenté par l'industriel, les collectivités locales et l'Etat.