Le salon Vinexpo de Bordeaux

26 juin 2005
03m 43s
Réf. 03067

Notice

Résumé :

Le salon Vinexpo permet de présenter aux acheteurs potentiels la diversité et la richesse de la gamme des crus bordelais.

Type de média :
Date de diffusion :
26 juin 2005
Source :

Contexte historique

L'alliance entre les producteurs de vin de Bordeaux et les négociants remonte au XVIIIe siècle. C'est de cette époque que date la notion de cru (et au siècle suivant, celle de château), garante de la qualité du vignoble. Dans cette tradition, depuis 1999, le salon Vinexpo réunit tous les deux ans au mois de juin, les représentants mondiaux du commerce viticole. Vinexpo s'exporte même occasionnellement à New York, Tokyo ou Chicago.

C'est dire l'importance de l'événement pour l'image de la ville de Bordeaux qui en assure le financement. Vinexpo est une initiative privée menée par le monde des affaires bordelais qui doit faire face à une concurrence de plus en plus forte des vins étrangers dans le cadre d'une économie mondialisée. Le salon promeut le savoir-faire des spécialistes du vin (oenolgues, viticulteurs, maîtres de chais, négociants).

Cet événement montre que Bordeaux reste une place d'excellence dans le monde du vin grâce au dynamisme de ses producteurs et négociants.

Emeline Vanthuyne

Éclairage média

La construction du reportage permet d'entrevoir la complexité de l'organisation du monde viticole du Sud-Ouest. Dans une première partie, l'accent est porté sur le déploiement de faste au service de la promotion des grands crus bordelais: soirée de gala au château d'Yquem, tenues de grands couturiers, présence d'un grand nom de la gastronomie française... On prend la mesure des enjeux internationaux d'une telle soirée en voyant discuter côte à côte hommes d'affaires (Bernard Arnault, patron du groupe LVMH), journalistes internationaux et acheteurs venus du monde entier. Il s'agit avant tout ici de préserver l'image prestigieuse des grands crus qui ont assuré depuis plus d'un siècle l'image de marque des vins bordelais.

La deuxième partie du reportage vient nuancer ce tableau un peu monolithique du monde viticole du Sud-Ouest. Le salon Vinexpo sert de vitrine internationale pour des vins moins connus et onéreux, mais qui parviennent également à trouver leur place sur le marché. Dans le Bordelais, des petits exploitants viticoles regroupés en coopératives côtoient donc les grands propriétaires des châteaux bordelais.

L'entretien réalisé en fin de reportage auprès d'un représentant de ces petits producteurs montre même que ces deux mondes que tout oppose a priori sont interdépendants. Dans une période de forte concurrence (succès des vins américains et australiens notamment), les vins français doivent maintenir leur leadership sur le marché. A l'occasion du salon Vinexpo, les producteurs viticoles tentent donc de montrer la complémentarité et la richesse de la gamme des crus du Sud-Ouest afin d'attirer la clientèle la plus vaste et diversifiée possible.

Emeline Vanthuyne

Transcription

Journaliste
C'était impensable il y a seulement quelques mois. Des fêtes plus somptueuses les unes que les autres, des vins qui font rêver. Loin de la crise, un vent d'optimisme a soufflé sur la 13ème édition de VINEXPO qui s'est tenue cette semaine à Bordeaux. Petit bonheur et grand château : le reportage est signé Michel Faure et Gladys Cuadrat.
(Musique)
Gladys Cuadrat
C'est avec le dîner de la presse internationale que la fête a débuté. Au château d'Yquem, on célébrait le 150ème anniversaire des grands crus classés. En 1855, à la demande de Napoléon III, les courtiers de Bordeaux avaient sélectionné soixante-et-un vins rouges du Médoc et de Graves et vingt-sept licoreux de Sauternes et Barsac. A commencer par les premiers, Latour, Lafite, Margaux, Mouton-Rotschild et Haut-Brion, tous tiennent encore le haut de l'affiche.
Serena Sutcliffe
" C'est un classement qui est toujours très bon. Pour la plupart, c'est assez exact, même maintenant, donc, après 150 ans, c'est quand même quelque chose de remarquable ",
Gladys Cuadrat
" C'est une sorte de monument ? ",
Serena Sutcliffe
" C'est une sorte de monument, mais de monument qui vit puisqu'on les boit, on continue à les boire, heureusement, et donc, ce n'est pas un monument mort. Ca fait partie, sans doute, de la gloire de la France. Ca, c'est sûr ".
Gladys Cuadrat
Quatre siècles de viticulture au domaine d'Yquem. Cette notoriété historique et internationale l'a porté au sommet du classement de 1855 au rang unique de premier cru supérieur. Aujourd'hui, son propriétaire, Bernard Arnault, a mobilisé une brigade de grands chefs pour traiter ses cinq cents convives.
Michel Guérard
" Je suis venu deux fois, très exactement, et la dernière fois, ça remonte peut-être à une quinzaine d'années. C'est long. Mais je revois cet endroit avec toujours beaucoup beaucoup de plaisir et beaucoup d'émotion même. C'est vrai, quand on est devant ce magnifique édifice, dans cet environnement sublime, on a toujours un peu le souffle coupé ".
Gladys Cuadrat
Décors somptueux, mariage des mets et des vins exceptionnels. On cultive, là, les toutes images qui servent le mythe de Bordeaux, capitale irremplaçable du salon international des vins et spiritueux. Au Salon, c'est majoritairement un autre monde qui fait des affaires. Les étrangers et les multiples appellations françaises recoivent sur leur stand. Ainsi, les vignerons du sud-ouest, et notamment les coopérateurs de Plaimont.
Bernard Bonnet
" Essentiellement, les clients étrangers viennent nous voir, confronter nos produits avec l'ensemble du monde et bien être rassurés aussi par rapport à la qualité de nos produits puisqu'ils peuvent les comparer au monde entier. Et je crois que pour eux, c'est intéressant. Et écouter leurs commentaires, pour nous, l'est aussi ".
Gladys Cuadrat
Accueil à la bonne franquette pour un buffet où goûter leurs vins de pays de Gascogne et leurs appellations de Madiran, Pacherenc du Vic-Bilh ou Saint-Mont. Sur un marché difficile, ces béarno-gersois ont une belle croissance. En 2004, 10 % de progression en volume et 12 % en chiffre d'affaires. La moitié des trente deux millions de bouteilles que produit ce petit millier de vignerons partent à l'export.
André Dubosc
" Il y aura toujours des vins d'exception : des grands châteaux, des grands producteurs, qui représenteront une part de marché. Peut-être qu'on s'est consacré uniquement à cette part de marché où nous étions les champions du monde. Mais aujourd'hui, il est vrai que l'industrie agro-alimentaire appelle à d'autres produits. Mais vins de France, Val de France France peut encore gagner. Et chacune de nos régions, ensuite, pourra, derrière, prendre des parts de marché, et nous, être plus originaux que ces vins australiens qui, finalement, se ressemblent et sont menés par trois ou quatre entreprises ".