La "Mécafête" à l'usine Peugeot de Sochaux

21 septembre 1998
02m 35s
Réf. 03071

Notice

Résumé :

Du 18 au 20 septembre 1998, l'usine Peugeot de Sochaux a organisé une "Mécafête": 60 000 personnes, dont de nombreux salariés de la firme, viennent visiter les installations, admirer les modèles exposés et participer aux animations festives.

Date de diffusion :
21 septembre 1998
Source :
A2 (Collection: MIDI 2 )
Personnalité(s) :

Contexte historique

La Société des automobiles Peugeot, créée en 1887 par Armand Peugeot alors que son entreprise familiale produisait déjà des outils ou des cycles, installe son usine à Sochaux, à l'Est de Montbéliard, en 1912. Elle y accueille d'abord la production de véhicules utilitaires, puis à partir de 1921 celle de véhicules de tourisme. Elle absorbe progressivement les petits constructeurs régionaux et en 1937 compte 14 500 ouvriers.

C'est surtout à partir des années 1950 que le site de Sochaux connaît une grande croissance: en 1956, 17 000 salariés produisent 142 000 voitures contre 3 000 fabriquées par 5 000 ouvriers en 1945. En 1961, 1 000 automobiles sont produites chaque jour. Profitant de la conjoncture favorable, Peugeot se développe fortement en France et à l'étranger, tout en continuant de renforcer son usine mère de Sochaux. En 1972, celle-ci emploie même un maximum de 42 000 salariés. Elle attire d'abord une main-d'oeuvre régionale, dans un rayon de 50 kilomètres, notamment des paysans de la Haute-Saône, mais aussi de nombreux travailleurs immigrés.

A partir de la fin des années 1970 et du début des années 1980, elle connaît d'importants bouleversements. Avec l'apparition des premiers robots dans les ateliers en 1977 et de l'automatisation, puis avec l'adoption d'un programme de rénovation en 1987, elle devient l'usine automobile la plus moderne d'Europe. En 2004, il sortait de l'usine de Sochaux une voiture toutes les 30 secondes. Conséquence de cette évolution et de la dégradation de la conjoncture, de nombreux emplois ont été supprimés: l'effectif de l'usine Peugeot de Sochaux n'est ainsi plus que de 19 500 salariés en 2005 contre encore plus de 34 000 en 1984.

Toutefois, si Sochaux ne livre plus que de 20 à 25% des véhicules de la marque au lion en raison du redéploiement des activités de cette dernière, accru par sa transformation en groupe PSA Peugeot Citroën en 1998, il demeure le plus gros site industriel du groupe. Il regroupe en outre ses activités de recherche et développement. Surtout, la "Peuge" continue de peser très fortement sur l'économie et la vie de la région franc-comtoise, et plus encore du Pays de Montbéliard. Premier employeur régional, Peugeot fait toujours vivre tout un tissu de fournisseurs et de sous-traitants, et l'on a coutume de dire que "quand le lion tousse, la région est malade".

L'omniprésence de Peugeot dans le Pays de Montbéliard est particulièrement visible dans le paysage avec les cités HLM construites pour loger la main-d'oeuvre, ou avec sa politique sportive dont l'étendard est le club de football du FC Sochaux-Montbéliard. De même, le succès de la "Mécafête", organisée en 1996, 1998 et 2000 dans l'usine de Sochaux et ouverte gratuitement au public, qui accueille surtout les salariés et leurs familles, témoigne de la grande identification entre les habitants du Pays de Montbéliard et Peugeot.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce sujet diffusé le 21 septembre 1998 dans le journal télévisé de 13 heures de France 2, alors co-présenté par deux journalistes, Rachid Arhab et Carole Gaessler, rend compte de la fête qui a eu lieu au cours du week-end précédent à l'usine Peugeot de Sochaux. Le reportage traite cette "Mécafête" sous deux angles principaux.

Il met d'abord en valeur l'aspect festif du rassemblement: des images présentent un orchestre, des manèges, une grande roue, de nombreux véhicules Peugeot exposés ou un circuit sur lequel sont organisés des essais pour devenir pilote de rallye. Surtout, ce sujet insiste tout particulièrement sur la culture Peugeot et sa profonde influence sur la région de Sochaux. Cela transparaît dans les différentes interviews qui jalonnent le reportage. Chacun des salariés interrogés dit sa fierté de travailler pour Peugeot et la dette qu'il a envers cette entreprise. Ces témoignages sont tous concordants: ils montrent la force des liens qui unissent les employés de Sochaux à Peugeot. Le plan sur le lion, emblème mythique de la marque, qui se trouve sur la veste d'un des musiciens de l'orchestre, met précisément en valeur cette idée.

En fait, le sujet n'évoque absolument pas Peugeot en tant qu'entreprise. Il ne mentionne ni ses transformations depuis les années 1980, notamment les réductions d'emplois ou l'intégration de Peugeot dans P.S.A, ni ses résultats récents et sa production de nouveaux modèles. D'ailleurs, le patron de P.S.A. Jean-Martin Folz, qui prononce un discours lors de la "Mécafête", n'est montré que très brièvement à l'écran, et sans que son nom soit même évoqué. Les journalistes qui ont réalisé ce sujet ont en effet choisi de prendre la "Mécafête" comme prétexte pour traiter de l'empreinte, unique en son genre, de Peugeot sur les habitants de la région de Montbéliard.

Christophe Gracieux

Transcription

Rachid Arhab
Mais auparavant, un petit détour par Sochaux, où les usines Peugeot de la ville organisaient une méca-fête, méca comme mécanique. En trois jours, soixante mille personnes ont visité le partimoine industriel numéro 1 de la région. Reportage Jérôme Soulard, Sylvain Gauthier.
Journaliste
La méca-fête, c'est d'abord un constructeur automobile qui se sent pousser des ailes quand toute une ville, en plein week-end, vient écouter, à l'usine, le discours du grand patron. Inauguration officielle et uniforme de rigueur. Depuis cinquante-cinq ans, Lucien, ancien ajusteur n'a jamais manqué une occasion de venir taper du tambour avec ses collègues de travail. A Sochaux, la culture Peugeot ne s'arrête pas aux portes de l'entreprise.
Inconnu
" On a une certaine image de Peugeot. On a toujours aimé Peugeot. Peugeot nous a donné du travail. Peugeot nous a donné l'aisance même dans la famille ".
Journaliste
Alors, les familles de la "Peuge" sont toujours au rendez-vous pour suivre l'évolution d'une marque qui leur appartient.
Inconnu
" Moi, je suis la troisième génération à travailler chez Peugeot. Si on vit, à l'heure actuelle, c'est grâce à Peugeot, donc on a quand même une certaine fierté, quoi ".
Journaliste
La fierté et le rêve à portée de roue. Et la voiture qui peut changer la vie. " Là, vous espérez gagner, cet après-midi ? ",
Inconnu
" Pourquoi pas ? Il y a peut-être un avenir en tant que pilote, on n'en sait rien ".
Journaliste
Quitter les chaînes de montage et ses trois huit pour une année de bonheur en devenant pilote de rallye. Quatre cent trente candidats salariés pour deux vainqueurs seulement sur la ligne d'arrivée.
Inconnue
" Je suis très contente. J'ai encore le coeur qui tape. C'est la première fois que je fais ça, mais je pense que la prochaine fois, ça ira nettement mieux ".
Journaliste
Plus doucement, ce week-end, soixante mille personnes ont ainsi répondu à l'invitation Peugeot. Une file d'attente pour une drôle de balade du dimanche : la visite de l'atelier de papa.
Inconnu
" A votre gauche, vous avez des voitures qui sont un petit peu plus élevées. Là, on va travailler sous la voiture ". " C'est une partie de sa vie énorme, ce travail. Et de pouvoir le partager, le communiquer à d'autres, c'est grandiose ".
Journaliste
Moderne ou ancienne, l'histoire de ces voitures est, ici, racontée au quotidien. Après cent dix ans de construction automobile, Sochaux, la ville-usine, chérit bien sûr son partimoine industriel pour mieux croire à son avenir, à ses emplois.