La feria de Nîmes en 1959

20 mai 1959
01m 36s
Réf. 03073

Notice

Résumé :

Une corrida se déroule dans les Arènes de Nîmes à l'occasion de la feria en 1959: Luis Miguel Dominguin torée notamment sous les yeux de Pablo Picasso et de Jean Cocteau.

Type de média :
Date de diffusion :
20 mai 1959
Date d'événement :
30 mai 1952

Contexte historique

La tradition de la corrida à Nîmes est ancienne: des corridas ont été organisées dès la deuxième moitié du XIXe siècle, et l'Union taurine nîmoise, plus ancien club taurin de France, a été fondée en 1896. De nombreuses associations taurines se sont ensuite créées à Nîmes.

La feria de Nîmes est d'ailleurs née en 1952 de la volonté de cinq clubs taurins. Dès lors, la feria de Pentecôte connaît un succès grandissant et devient une très grande fête populaire annuelle, interrompue à une seule reprise par les événements de mai 1968. Chaque année, durant cinq jours, du jeudi au lundi de Pentecôte, près d'un million de personnes se rendent ainsi à Nîmes. Cette feria est inaugurée par la pégoulade, grand défilé populaire de danseurs, chanteurs et chars lumineux qui parcourt la ville et s'achève dans les Arènes. Ensuite, des corridas y ont lieu tous les jours: le matin, elles sont destinées aux toreros débutants et le soir, elles réunissent les meilleurs toreros. Des courses de manades, troupeaux de taureaux camarguais, sont également organisées dans les rues.

Durant cinq jours, Nîmes devient ainsi le centre d'une grande liesse populaire. Les visiteurs ne viennent en effet pas seulement pour la tauromachie, mais plus encore pour faire la fête: le pastis coule à flot dans les bodegas et la folie gagne l'ensemble de la cité au son de la musique des penas. Hormis cette feria de Pentecôte, de très loin la plus fréquentée et la plus médiatisée, une feria des Vendanges se déroule à Nîmes le troisième week-end de septembre depuis 1978.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce sujet diffusé le 20 mai 1959 dans le journal télévisé de l'ORTF rend compte d'une des corridas de la feria de Nîmes. Le premier plan présente le programme de la feria qui, créée en 1952, en est alors à sa septième édition. Sur fond de musique de flamenco, le reportage présente des extraits de la corrida exécutée dans les Arènes de Nîmes par le torero espagnol Luis Miguel Dominguin.

Ayant débuté dès l'âge de douze ans en 1938 Dominguin était l'un des plus fameux matadors dans les années 1950 et 1960, et on lui a par ailleurs prêté de nombreuses liaisons avec des actrices, telles que Rita Hayworth, Ava Gardner ou Lauren Bacall. Le journaliste décrit ses principales passes face au taureau. Le bandage à la tête du torero Jaime Ostos, blessé la veille lors d'une corrida en Espagne et présenté au public en même temps que Dominguin, rappelle le danger des corridas.

Le sujet s'attache du reste à montrer les toreros comme de véritables héros acclamés par la foule, pendant la corrida par des "olés", et à la fin lorsqu'ils sont portés en triomphe. Dans le public se trouvent deux artistes qui sont de très grands aficionados de tauromachie et dont la passion se retrouve dans une partie de leurs oeuvres respectives: Pablo Picasso et Jean Cocteau. Les deux étaient d'ailleurs liés à Luis Miguel Dominguin.

Après que Cocteau lui-même l'a présenté à Picasso en 1950, Dominguin et Picasso sont devenus très amis. En 1960, Dominguin écrivit même Pour Pablo, un texte sur la création artistique et l'art tauromachique.

Christophe Gracieux

Transcription

Journaliste
C'est devant des arènes inondées de foule et de soleil jusqu'à leurs plus hautes pierres que se sont déroulées dans la plus extraodinaire des passions les deux corridas de la feria de Nimes. Picasso est à peine installé que Luis Miguel Dominguin se présente au paseo. Il salue la présidence aux côtés de Curro Giron et de Jaime Ostos qui a été blessé à la tête, la veille, à Talavera de la Reina. Les premiers ordres de Luis Miguel à ses peones, et le maestro accueille son adversaire, un taureau d'Urquijo dans les plis de sa cape pour de larges veroniques. Domination et majesté. Luis Miguel, après avoir planté trois belles paires de banderilles, fait débuter sa faena de muleta près de la barrière, dans des passes qui déchaînent évidemment l'enthousiasme. Sous l'oeil de Jean Cocteau, un enthousiasme qui trouvera sa conclusion dans la sortie de Jaime Ostos et de Luis Miguel sur les épaules des musiciens des penas espagnols de Logrono.