La fête à Marseille après la victoire de l'Olympique de Marseille en finale de la Ligue des Champions

27 mai 1993
01m 30s
Réf. 03075

Notice

Résumé :

Dans la nuit du 26 au 27 mai 1993, les Marseillais fêtent la victoire de l'Olympique de Marseille contre le Milan AC en finale de la Ligue des Champions de football.

Date de diffusion :
27 mai 1993
Date d'événement :
26 mai 1993
Source :
A2 (Collection: MIDI 2 )
Thèmes :

Contexte historique

Fondé en 1899, et à ce titre l'un des plus anciens clubs de football de France, qui occupe une place essentielle dans la cité phocéenne, l'Olympique de Marseille a connu une ère de grands succès à partir de 1989. Sous l'égide de Bernard Tapie, devenu son président en 1986, Marseille a remporté quatre titres de champions de France de 1989 à 1992 et une Coupe de France en 1989. Surtout, après une défaite en finale de la Coupe d'Europe des clubs de Champions en 1991 à Bari, aux tirs aux buts contre l'Etoile Rouge de Belgrade, l'Olympique de Marseille, entraîné par le Belge Raymond Goethals, se retrouve de nouveau en 1993 en finale d'une compétition qui s'appelle désormais Ligue des champions. La finale l'oppose le 26 mai 1993 au stade Olympique de Munich au Milan AC, présidé par Silvio Berlusconi et constellé de stars, dont Marco Van Basten, Frank Rijkaard, Franco Baresi et l'ancien buteur de l'OM Jean-Pierre Papin qui n'entre en jeu qu'en seconde mi-temps.

Dans un match assez fermé, peu avant la mi-temps, à la quarante-quatrième minute, le défenseur Basile Boli reprend de la tête un corner tiré par Abedi Pelé et marque. Marseille tient cet avantage durant toute la deuxième mi-temps et l'emporte finalement 1 à 0. C'est donc son capitaine Didier Deschamps qui soulève la Coupe d'Europe et la présente le lendemain au public marseillais au stade Vélodrome. L'Olympique de Marseille devient ainsi le premier club français à remporter une Coupe d'Europe, après les six précédents échecs en finale de Reims en 1956 et 1959, de Saint-Etienne en 1976, de Bastia en 1978, de Marseille en 1991 et de Monaco en 1992. Il demeure du reste le seul club français, à ce jour en 2006, à avoir gagné la plus prestigieuse compétition européenne, la Ligue des champions, un seul autre club français ayant à son tour remporté une coupe européenne, celle des Vainqueurs de Coupes en 1996: le Paris Saint-Germain.

Néanmoins, le titre de champion d'Europe de Marseille est rapidement terni par la découverte d'une tentative de corruption contre Valenciennes, quatre jours avant la finale de Munich, révélée par le joueur de Valenciennes Jacques Glassmann. L'Olympique de Marseille perd alors son titre de champion de France de 1993, est exclu de la Ligue des champions 1993-1994 et rétrogradé en deuxième division en 1994. En 1995, un procès condamne des joueurs de Valenciennes et de Marseille à des amendes, et surtout Bernard Tapie et son bras droit Jean-Pierre Bernès à des peines de prison. Marseille ne retrouve la première division qu'à partir de la saison 1996-1997.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Ce reportage diffusé dans le journal télévisé de France 2 du 27 mai 1993 est entièrement consacré à la liesse collective qui a eu lieu à Marseille la nuit précédente, après la victoire de l'Olympique de Marseille en finale de la Ligue des Champions. Le journaliste insiste sur l'hystérie et la fête "mémorable" qui a suivi le coup de sifflet final du match. Il s'amuse même à reprendre la tendance locale à l'exagération et à imiter l'accent marseillais pour grossir le nombre des personnes descendues dans les rues de la cité phocéenne.

Le sujet présente différentes scènes de liesse: il propose toute une gamme d'expressions de la joie des supporters marseillais, des plongeons dans le Vieux Port aux pleurs, en passant par des chants en l'honneur du défenseur Eric Di Méco, des slogans de gratitude envers le buteur de la finale Basile Boli, des insultes en italien à l'encontre du Milan AC, des klaxons de voitures ou du défilé sur la Canebière. Ce sujet ne présente ainsi aucune image du match entre Marseille et le Milan AC.

Christophe Gracieux

Transcription

Journaliste
Vous en avez rêvé. Les Marseillais l'ont fait. Le plongeon dans le Vieux port. Remonter sur la berge, c'est plus dur, parce qu'on est mouillé, mais surtout parce qu'on a bien arrosé dans les bars de la ville, avant et après le coup de sifflet final tant attendu. Ensuite, la joie, voire l'hystérie collective prend des formes ou des visages bien différents. " Elle est à nous, la coupe ! On l'a gagnée ! On l'a gagnée, cette coupe ! ".
(Musique)
Journaliste
En quelques minutes, les rues de Marseille sont engorgées. La foule se dirige vers la Canebière et le Vieux port pour une nuit de fête mémorable. Les premiers supporters de France sont tout à coup devenus les premiers du continent. Combien sont-ils ? Cinquante mille ? Cent mille ? Deux cent mille ? Té, on est à Marseille, alors on dira : un million! Ce que l'on peut dire aussi, c'est qu'à aucun moment les forces de l'ordre n'ont eu à intervenir pour contrôler cette marée humaine. Aujourd'hui, le calme est un peu revenu mais la fête reprendra ses droits dès que les joueurs seront revenus de Munich.