Zeus, le robot chirurgical

12 octobre 1999
01m 43s
Réf. 03090

Notice

Résumé :

Strasbourg, sous l’influence du professeur Jacques Marescaux, se situe à la pointe de la téléchirurgie. De fait, le recours au robot chirurgical Zeus permet de sécuriser le geste du praticien.

Date de diffusion :
12 octobre 1999
Source :
Personnalité(s) :

Contexte historique

L’Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif (IRCAD), créé en 1993 et l’Institut européen de téléchirurgie (EITS) fondé en 1994, à l’initiative du professeur Jacques Marescaux, placent Strasbourg à la pointe de la téléchirurgie. Au sein de ces laboratoires, est utilisé Zeus, le robot chirurgical, composé de trois bras articulés munis à leur extrémité, le premier, d’une caméra miniature, les deux autres, d’instruments chirurgicaux (pincette et ciseau). Cette invention, testée d’abord sur des cochons puis utilisée en chirurgie digestive humaine, favorise l’ergonomie puisqu’un bras armé par commande vocale remplace désormais l’assistant qui tenait une caméra tubulaire, et, surtout sécurise le geste opératoire en le rendant plus précis. De fait, grâce à la télérobotique, le tremblement disparaît.

Zeus, robot américain créé par la société Computer Motion possède désormais des concurrents: Da Vinci, concurrent américain, et un concurrent français, Endoxyrob, lancé par le Réseau national des technologies de la santé en septembre 2000.

Une nouvelle étape est franchie le 7 septembre 2001 avec la réalisation de la première opération à distance. Baptisée "opération Lindbergh" en référence au premier vol transatlantique sans escale, l’ablation de la vésicule biliaire d’une patiente située à Strasbourg par le professeur Jacques Marescaux, depuis New-York, est réalisée dans le cadre de l’IRCAD et de l’EITS, avec le soutien de Computer Motion et France Telecom. De fait, le principal enjeu de cette réalisation transatlantique réside dans la sécurisation de la ligne numérique à haut débit, assurant la fiabilité et la rapidité de la transmission des deux sites. L’opération est un succès, et la prouesse scientifique réelle. Les applications réelles de la téléchirurgie à distance demeurent en revanche plus floues. Une utilisation dans les pays en voie de développement, par exemple est pour l’instant compromise, en raison du manque de chirurgiens, et du coût majeur de ces robots.

Julie Le Gac

Éclairage média

Ce reportage présente une avancée majeure en matière de chirurgie, la téléchirurgie. De manière pédagogique, il explique le fonctionnement du robot Zeus, tandis que le professeur Marescaux loue les mérites de cette technologie nouvelle, et les perspectives nouvelles qu’elle ouvre.

Par ailleurs, le ton du document est délibérément admiratif. Il souligne avec enthousiasme les progrès apportés par le robot, et se projette dans le futur, avec l’annonce des prochaines expérimentations envisagées, ainsi que l’insertion d’images de synthèse montrant une salle de chirurgie. En revanche, il s’abstient de s’interroger sur les mutations induites sur le travail du chirurgien. De fait, si le robot se situe dans une logique de maître/ assistant et demeure commandé par le chirurgien, il constitue bien une interface nouvelle entre le chirurgien et son patient.

Julie Le Gac

Transcription

Journaliste
Je vous présente ZEUS. Ce n'est pas un nouveau jeu électronique, loin de là. Son travail est très sérieux : il va procéder à l'ablation de la vésicule biliaire. Le professeur Maresco est aux commandes. Il est assis à près de trois mètres de son patient, derrière son ordinateur et donne ses ordres en anglais à la petite caméra qui se trouve dans le ventre du patient. Grâce à deux manettes, le chirurgien pilote ensuite les deux bras du robot munis d'instruments chirurgicaux. Le geste est d'une précision absolue sans hésitation, sans tremblement.
Jacques Marescaux
Le chirurgien donne des ordres à des instruments virtuels, qui vont être analysés par l'ordinateur, et l'ordinateur, qu'est-ce qu'il va apporter : notamment la démultiplication. C'est-à-dire que quand le chirurgien va faire un centimètre, l'instrument, au bout, va faire un millimètre. Vous imaginez combien est précise la mobilisation de l'instrument.
Journaliste
Depuis 1994, cette technique de chirurgie assistée par ordinateur est à l'étude dans les laboratoires ultra-modernes de l'IRCAD, à Strasbourg. Cette technologie, avant d'être appliquée à l'homme, a longtemps été testée sur des cochons. Maintenant qu'il a fait ses preuves en chirurgie digestive, l'utilisation de ZEUS pourra s'étendre, à l'avenir, à bien d'autres opérations.
Jacques Marescaux
Le but de cet appareil, ce sont les gestes plus compliqués, gestes plus compliqués en chirurgie du colon, par exemple, chirugie du rectum. Ce sont des interventions qui durent trois heures, quatre heures, en chirurgie laparoscopique. Et puis, en chirurgie complexe comme la chirurgue du foie, par exemple.
Journaliste
Pionnier en matière de télé-chirurgie, le professeur Marescaux veut aller encore plus loin. En l'an 2000, il prévoit d'effectuer la première opération transatlantique. Son patient sera à Strasbourg, lui opérera en direct de New York.