Des soldats se préparent dans une tranchée à lancer une offensive contre l'adversaire [muet]

1914
41s
Réf. 04502

Notice

Résumé :

Dans une tranchée, des soldats se préparent à l'assaut des défenses adverses. Après avoir fixé leurs baïonnettes, un groupe de soldats monte au feu. Un soldat s'écroule et meurt après avoir contemplé une photo de son épouse qu'il conservait sur lui.

Type de média :
Date de diffusion :
1914
Date d'événement :
01 décembre 1914
Source :
Lieux :

Contexte historique

A partir de la fin de l'année 1914, avec l'échec des grandes offensives mises au point par les état-majors des deux camps adverses, les armées s'enterrent dans des tranchées pour une guerre de position qui s'éternisera jusqu'en 1918. La Guerre de 1914-1918 fut ainsi essentiellement une "guerre de tranchées" et les deux termes apparaissent aujourd'hui presque synonymes. Pendant plusieurs années, les soldats ont ainsi fait l'expérience de la vie dans les tranchées dans des conditions particulièrement difficiles.

Au-delà des difficultés matérielles les plus souvent évoquées (boue, froid...), la vie quotidienne dans la tranchée, notamment lorsqu'elle se trouvait en première ligne paraissait également marquée par l'omniprésence de la mort. Celle-ci pouvait provenir des nombreux bombardements adverses mais aussi des différentes attaques lancées contre les tranchées ennemies. Ces attaques, minutieusement préparées (avant leur déclenchement, les montres des officiers étaient réglées à la minute près), étaient forcément toujours très meurtrières : la guerre de tranchées confère en effet un avantage très important aux défenseurs se protégeant derrière leurs fortifications face aux attaquants avançant à ciel découvert. Les premières lignes s'élançant hors de la tranchée et devant parcourir le no man's land afin d'atteindre la tranchée adverse subissaient ainsi un feu constant et connaissaient toujours des pertes particulièrement nombreuses.

Les poilus se trouvant dans les tranchées situées en première ligne vivaient ainsi dans l'angoisse constante de la prochaine attaque : la consommation de certains produits se répandit d'ailleurs largement en première ligne (alcool, drogue) afin d'évacuer cette angoisse omniprésente. Si quelques coups de main contre une tranchée adverse purent parfois réussir, toutes les grandes offensives d'infanterie ayant pour objectif d'enfoncer le système défensif de l'adversaire échouèrent lors de la Première Guerre mondiale, l'échec le plus symbolique étant sans doute celui de l'offensive de la Somme menée entre juillet et novembre 1916.

Cette offensive, qui consista en fait à lancer de très nombreuses vagues de fantassins pour tenter de s'emparer des systèmes de défense allemande ne permit aux alliés de s'emparer que des premières lignes ennemies, évacuées par les Allemands afin de consolider leurs lignes arrières qui restèrent inexpugnables. 2,5 millions de Britanniques et Français furent mobilisés pour cette offensive : 700 000 environ y laisseront la vie.

Fabrice Grenard

Éclairage média

Ce reportage est une reconstitution et une mise en scène afin de montrer la manière dont étaient menées les attaques à partir d'une tranchée. Il permet de montrer les différentes étapes et le déroulement de l'opération : l'attaque est précédée d'échanges de tir d'artillerie entre les deux tranchées adverses. Les soldats se préparent à l'abri de leur système de défense et fixent leur baïonnette au canon de leur fusil car une fois dans la tranchée adverse, l'essentiel des combats aura lieu au corps à corps. L'officier lance le moment de l'attaque (en général à l'aide d'un sifflet) : c'est lui le premier qui sort de la tranchée et subit l'épreuve du feu (la proportion des officiers morts au combat fut très importante en 1914-1918). A peine sortis de la tranchée, les premières lignes connaissent des pertes importantes face aux mitrailleuses ennemies.

Les images montrent un soldat touché qui retombe dans la tranchée, agonise et a le temps de revoir avant de mourir une photo de sa femme qu'il portait sur lui. Cette représentation caricaturale n'a bien sûr rien à voir avec les conditions souvent terribles dans lesquelles furent tués les soldats dans ce genre d'attaque (corps entièrement déchiquetés par l'artillerie et les mitrailleuses adverses). Souvent d'ailleurs, les soldats agonisaient dans le no man's land et ne pouvaient être secourus. Leur corps pouvaient ensuite rester pendant plusieurs jours dans ce territoire situé entre les deux tranchées (d'où l'odeur souvent intenable).

Les reportages de la Première Guerre mondiale ne sont pas datés avec précision. La date de 1914 indique que le document a été tourné pendant l'année en cours.

Fabrice Grenard

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