Combats en haute mer : un destroyer français attaque un sous-marin allemand

1918
47s
Réf. 04508

Notice

Résumé :

En haute mer, un torpilleur français repère un sous-marin allemand. Sous les injonctions de son commandant, l'équipage s'active. Des grenades sont lancées afin d'essayer de couler le sous-marin. Une violente explosion se produit dans l'eau.

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Date de diffusion :
1918
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Contexte historique

En 1914, toutes les marines militaires européennes sont dotées de sous-marins. Mais leur rôle reste assez limité (missions de reconnaissance et d'infiltration dans les ports ennemis). Personne ne croit alors au sein des Etats-majors à une véritable guerre sous-marine car celle-ci apparaît contraire à la morale et au droit international. Churchill affirmait notamment "qu'elle ne pourrait être pratiquée par un pays civilisé".

L'Allemagne décide toutefois d'engager à partir de février 1915 ses U-Boot contre les navires de commerce afin de priver l'Angleterre d'une partie de ses approvisionnements et d'effrayer les marines de commerce des pays neutres continuant de ravitailler les Britanniques. Mais les résultats obtenus par les Allemands lors de cette première campagne restent assez médiocres, ne serait-ce qu'à cause du faible nombre d'U-Boot disponibles (une quinzaine au maximum). En deux mois et demi, les sous-marins ne réussissent à couler qu'une cinquantaine de bateaux alliés, auxquels il faut ajouter une quarantaine de bâtiments neutres - à peine 200 000 tonnes au total. La dissuasion espérée n'est pas obtenue : les navires neutres continuent à naviguer et l'économie britannique n'est pas affectée. Surtout, le torpillage du paquebot Lusitania le 7 mai 1915 par l'U-20 du Kapitänleutnant Walter Schwieger, entraînant la mort de 1198 personnes (parmi lesquelles 124 Américains), provoqua d'immenses protestations dans le monde entier, alimentant toute la propagande alliée sur la "barbarie allemande".

En conséquence, devant les faibles résultats obtenus et les critiques soulevées par l'affaire du Lusitania, le gouvernement allemand décida de cesser la guerre sous-marine en septembre 1915. Pendant un an et demi, la guerre sous-marine resta donc au stade embryonnaire. Mais en février 1917, Hindenburg et Ludendorff, après avoir remplacé Falkenhayn à la tête de l'état-major allemand, décident de relancer la guerre sous-marine. Alors que les opérations terrestres paraissent entièrement bloquées, la guerre-sous marine apparaît à leurs yeux comme le seul moyen de précipiter la fin de la guerre en asphyxiant l'Angleterre.

Les moyens mis en oeuvre sont beaucoup plus importants qu'en 1915 : l'Allemagne peut désormais compter sur 152 sous-marins, soit 10 fois plus que deux ans auparavant. Cette première bataille de l'Atlantique commence par de nombreux succès allemands. Au cours du seul mois d'avril 1917, les U-Boot coulent 395 navires. En six mois, de février à juillet 1917, 3,5 millions de tonnes sont envoyées par le fond. L'Amirauté anglaise se montre particulièrement inquiète. En avril 1917, l'amiral britannique Jellicoe déclare à son homologue américain Sims : "si les pertes continuent à cette cadence, les Allemands gagneront la guerre". Mais les Alliés surent réagir et riposter par l'adoption de parades efficaces : les convois furent mieux escortés, des patrouilles de contre-torpilleurs parcoururent les eaux de l'Atlantique à la recherche des U-Boot allemands afin de les couler, les fonds furent minés, l'aviation fut mobilisée pour repérer et bombarder les sous-marins ennemis. A elle seule, la marine britannique mobilisa 300 destroyers, 550 avions, 35 sous-marins et près de 4000 navires d'escorte. Les bâtiments disposèrent de nouveaux systèmes d'armes : appareils d'écoute, grenades de forte puissance. Une vingtaine de U-Boot furent coulés au cours du premier semestre 1917, 45 au second. En 1918, 67 U-Boot furent coulés. Les pertes en tonnage coulées par les Allemands de janvier à juillet 1918 ne dépassèrent pas 300 000 tonnes.

Dans le même temps, les Alliés entreprirent un immense effort de construction de navires afin de remplacer les navires coulés (dans les derniers mois de guerre, le rapport entre navires coulés et navires nouvellement mis à flot fut de 1 pour 3). Après avoir obtenu un avantage lors des premiers mois de 1917, les Allemands ont donc perdu la bataille de l'Atlantique. Cette défaite fut à la fois tactique mais aussi stratégique car la relance d'une guerre sous-marine totale en février 1917, après l'épisode de 1915, accéléra l'entrée en guerre des Etats-Unis aux côtés des Alliés (avril 1917).

Fabrice Grenard

Éclairage média

Le reportage permet d'illustrer la lutte menée par les marines alliées en 1918 contre les sous-marins allemands. Le destroyer français représenté est intéressant dans le sens où il combine des méthodes traditionnelles (attaque du sous-marin au canon) avec des méthodes plus modernes (lancement de puissantes grenades dans la mer provoquant de très fortes explosions).

Ces images illustrent parfaitement les profondes modifications subies par la guerre marine au cours du premier conflit mondial. Alors qu'en 1914 la guerre navale devait essentiellement concerner de puissants cuirassés, l'absence d'opposition véritable entre les grands bâtiments des marines de guerre respectives (à l'exception de la bataille du Jutland au printemps 1916) et l'émergence de la guerre sous-marine entraînent une mutation capitale des marines alliées. Les flottes se composent de plus en plus de petits bâtiments rapides et mobiles (patrouilleurs, destroyers, escorteurs), les plus à même d'offrir une parade efficace aux sous-marins allemands. Et les unités se constituent désormais d'une multitude de ces navires au détriment des corps de bataille structurés autour des cuirassés.

Les reportages de la Première Guerre mondiale ne sont pas datés avec précision. La date de 1918 indique que le document a été tourné pendant l'année en cours.

Fabrice Grenard

Transcription

[Carton]
Un torpilleur françcais attaque un sous-marin allemand, en haute mer.

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