Des troupes sont acheminées vers Verdun afin de repousser une offensive allemande [muet]

1916
04m 52s
Réf. 04511

Notice

Résumé :

Les Allemands ont lancé une importante offensive en direction de Verdun, qui se trouve désormais sous le feu de leur canon. Pour faire échec à cette attaque allemande, d'importantes troupes sont acheminées à pied, en camion et en train, vers Verdun.

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Date de diffusion :
1916
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Contexte historique

Si des combats s'étaient déroulés à proximité de la ville au cours de l'été 1914, Verdun était ensuite devenu un secteur calme et l'état-major français ne considérait pas cette ville d'une grande importance stratégique. Sa garnison fut ainsi réduite à seulement trois divisions tandis que les travaux de fortifications restèrent assez sommaires. A la fin de l'année 1915, le général commandant en chef de l'armée allemande Falkenhayn mit au point un plan militaire pour tenter de sortir d'une guerre de position s'éternisant depuis une année et essayer de remporter une victoire décisive sur l'armée française.

Estimant que la démographie française (population moins nombreuse et baisse de la natalité) constituait une source de faiblesse face à l'Allemagne, Falkenhayn souhaitait "saigner à blanc" les Français afin de les pousser à la capitulation. La solution résidait selon lui en une offensive limitée sur un point névralgique qui "obligerait les Français à engager tous les hommes dans leur disposition. S'ils le font, les forces françaises seront saignées à blanc" (lettre écrite au Kronprinz le 25 décembre 1915). Verdun serait ce point névralgique en question : située à une vingtaine de kilomètres d'une importante position allemande et mal reliée vers la zone arrière française, cette ville constituait pour le général allemand la cible idéale.

Au cours du mois de janvier 1916, les Allemands réalisent une énorme concentration d'artillerie près de Verdun, amenant 542 canons lourds et plus de deux millions d'obus. Le 21 février 1916, un immense bombardement s'abat sur les positions françaises : plus de 80 000 obus tombent en une seule journée avant que l'infanterie allemande ne passe à l'assaut. Le 24 février, les premières lignes de tranchées françaises sont occupées par les Allemands. Le 25, le fort de Douaumont, point de résistance avancé de l'armée française, est pris à son tour.

Verdun est alors sur le point de tomber. Mais l'état major français décide de défendre coûte que coûte la ville : le général Pétain, considéré comme l'un des meilleurs spécialistes de la guerre défensive, est désigné commandant de Verdun avec la mission de "tenir bon". L'action de Pétain va alors s'orienter dans deux directions : mobiliser et coordonner toute l'artillerie disponible sur place pour tenter de stopper la progression allemande ; mettre au point une ligne de ravitaillement et d'approvisionnement permettant le transport vers Verdun de munitions, d'armements et de renforts. La seule route utilisable est celle qui relie Verdun à Bar-le-Duc : des milliers de convois sont alors mis sur pied pour approvisionner Verdun en empruntant ce qui deviendra la "Voie sacrée".

Cette reprise en main fut un succès côté français, les Allemands n'enregistrant plus aucun succès significatif après le mois de février 1916. Une véritable guerre d'usure s'engage alors entre les deux armées qui défendent avec acharnement leurs positions. Quelques sites particulièrement stratégiques (le fort de Douaumont, le fort de Vaux, la crête du Mort-Homme) deviennent le lieu de violents combats pour leur possession. Le petit village de Vaux changera de main treize fois au cours du seul mois de mars 1916. Le 1er mai, pour tenter de sortir de cette situation, l'état-major français décide de remplacer le général Pétain par le général Nivelle, considéré comme plus offensif. Jusqu'en juillet, les Allemands fournissent de nouveaux efforts pour tenter de relancer leur offensive et de progresser à nouveau en direction de la ville. A partir de la mi-juillet, les Français commencent progressivement à reprendre le dessus et à reconquérir l'ensemble du terrain perdu. Le 24 octobre, le fort de Douaumont est définitivement repris aux Allemands. Le 15 décembre 1916, une offensive française de grande envergure permet de reprendre la plupart du terrain perdu depuis les débuts de la bataille en février.

Verdun est apparue comme la "bataille totale" de la Première Guerre mondiale à la fois par sa durée, les moyens considérables mis en oeuvre, le corps à corps acharné que se livrèrent les deux armées, l'engagement physique et moral des soldats à qui le sort de Verdun fut présenté comme décisif pour la suite de la guerre. Les pertes humaines ont été considérables : 162 400 morts et 216 000 blessés pour les Français, 143 000 morts et 187 000 blessés pour les Allemands. Dans l'inconscient collectif français, la bataille de Verdun a pris une place sans pareil, parce que c'est là que le soldat français a porté à son sommet la conscience de défendre son pays. Le champ de bataille de Verdun est également resté le symbole de l'horreur. Un océan de boue, parsemé de cadavres mutilés croupissant dans les trous d'obus dégageant des odeurs pestilentielles, tel fut le décor quotidien dans lequel durent combattre les soldats des deux camps, accablés par la faim, la soif, le manque de sommeil, les gaz, la violence des bombardements. Aujourd'hui encore, 90 ans après, la région de Verdun garde les stigmates de la bataille avec un "terrain en dune" profondément marqué.

Fabrice Grenard

Éclairage média

Filmer les combats proprement dits fut une opération impossible en 1914-1918 compte-tenu des conditions techniques de tournage et de l'intensité de l'affrontement sur le no man's land. Il ne fallait de toute façon pas montrer aux populations de l'arrière les horreurs du champ de bataille. En revanche, les opérateurs purent plus facilement filmer ce qui se passait sur les lignes arrières : il fallait témoigner de l'engagement patriotique des soldats qui défendaient la France avec courage et souligner l'échec des offensives tentées par l'adversaire.

Ces images de la bataille de Verdun ne montrent ainsi pas véritablement ce que furent les combats, à l'exception de quelques tirs d'artillerie ou d'assauts lancés à partir de tranchées. En revanche, elles permettent de montrer l'immense mobilisation au service de la défense de Verdun à travers les nombreux convois transportant hommes et matériels et empruntant la fameuse "voie sacrée" : des milliers de camions Berliet (à la cadence d'un véhicule toutes les 15 secondes) forment une noria permanente capable d'acheminer chaque jour deux divisions et 2000 tonnes de matériel. Lorsqu'un camion tombait en panne, il était poussé sur le bas-côté pour ne pas interrompre le flot de circulation se poursuivant de jour comme de nuit.

Cette immense mobilisation montre bien tout le symbole que représentait la défense de Verdun du côté français. Devant les pertes qu'elle suscita dans chaque camp et l'incapacité de part et d'autre de percer le front adverse (chaque armée retrouve à la fin de 1916 ses positions du début de l'année), la bataille de Verdun fut en fait une bataille sans vainqueur. Mais du côté français, elle fut présentée comme une importante victoire, avec le sentiment que le sort de la guerre s'était sans doute joué à Verdun. Les poilus avaient su faire preuve de leur patriotisme, leur sacrifice permettant d'empêcher une nouvelle invasion de la France par l'Allemagne (qui n'apparaissait pourtant pas dans les plans allemands puisque Verdun devait surtout servir de fixation à l'armée française).

Les reportages de la Première Guerre mondiale ne sont pas datés avec précision. La date de 1916 indique que le document a été tourné pendant l'année en cours.

Fabrice Grenard

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