Le Général Franchet d'Esperey décore l'as de l'aviation française, Guynemer, de la croix de la légion d'honneur [muet]

05 juillet 1917
01m 10s
Réf. 04513

Notice

Résumé :

Le 5 juillet 1917, sur un champ d'aviation, en présence de nombreux officiers, le général Franchet d'Esperey décore Guynemer, "as" de l'aviation, commandant l'escadrille des Cigognes. Guynemer présente ensuite son appareil mono-place le "vieux Charles".

Type de média :
Date de diffusion :
05 juillet 1917
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Contexte historique

Alors que la guerre terrestre s'embourbe dans les tranchées, la guerre aérienne et les duels entre pilotes voient se maintenir une vieille éthique guerrière et chevaleresque qui a complètement disparu des combats sur terre. Ces combats aériens exercent une véritable fascination sur l'opinion publique et les "as" de l'aviation (il faut un minimum de cinq victoires pour être considéré comme un "as") deviennent de véritables héros populaires.

Du côté français, le capitaine Georges Guynemer constitue le chef de file de ces aviateurs et bénéficie d'une grande popularité. Refusé dans l'infanterie et la cavalerie en raison de sa faible constitution physique, il réussit à s'engager dans l'aviation en 1914 et obtient son brevet de pilote en mars 1915. Après un premier vol le 10 mars 1915, il remporte sa première victoire le 19 juillet 1915 en abattant un avion Aviatik. Affecté à l'escadrille des Cigognes, il se révéla un pilote de chasse d'une audace et d'une habileté extraordinaire (Guynemer fut l'un des rares pilotes a parfaitement maîtriser le vol en vrilles). Guynemer participa notamment à la bataille de Verdun (où il fut blessé), à la bataille de la Somme et à l'offensive du chemin des Dames. Fort de 42 victoires, Guynemer est nommé capitaine et reçoit le 11 juin 1917, à l'âge de 22 ans, la croix d'officier de la Légion d'honneur. Au cours de l'été 1917, l'escadrille des Cigognes est envoyée dans les Flandres. Guynemer fut abattu en vol à bord de son "Vieux Charles", le 11 septembre 1917, par le lieutenant allemand Wiseman, alors qu'il réalisait une mission au dessus de Poelkapelle (Belgique). Le mauvais temps et les bombardements empêcheront de retrouver toute trace de l'avion et du corps du pilote. René Fonck, autre héros de l'aviation militaire française (75 victoires homologuées), abattra Wiseman 21 jours plus tard.

Par le nombre de ses victoires (53 au total), Guynemer a contribué à créer le mythe de l'as. Sa disparition et le fait que l'on ait pas retrouvé son corps ont renforcé encore la légende. Ce héros national a eu droit à une inscription au Panthéon sur proposition de la Chambre des députés dès le 19 octobre 1917, inscription réalisée le 30 avril 1922 ("à la mémoire de Georges Guynemer, symbole des aspirations et des enthousiasmes de l'armée de la Nation"). Un hommage lui est rendu chaque année à l'occasion du 11 septembre dans toutes les escadrilles de l'armée de l'Air. Les pilotes français ont remporté un total de 2 406 victoires au cours du conflit. Côté allemand, les principaux "as" furent le "baron rouge" Manfred von Richthofen (80 victoires), Ernst Udet (62 victoires), Erich Loewenhardt (53 victoires) ou encore Hermann Goering (22 victoires).

Fabrice Grenard

Éclairage média

Les images illustrent bien la popularité et la célébrité de Guynemer : la légion d'honneur lui est remise devant un important parterre d'officiers tandis qu'un défilé militaire est organisé pour rendre hommage au commandant de l'escadrille des Cigognes. L'accolade entre le capitaine Guynemer et le général Franchet d'Esperey montre le profond respect qui existe entre les deux hommes. Guynemer fait l'objet d'un véritable culte et d'une mise en scène qui n'existe pas pour des soldats de son rang appartenant à d'autres armes que l'aviation.

La présentation par Guynemer de son appareil au général Franchet d'Esperey et la manière dont celui-ci observe attentivement le tableau de bord témoignent bien du côté à la fois mystérieux et spectaculaire que représente cette arme nouvelle qu'est l'avion de chasse. Il existe également un lien tout à fait particulier entre l'appareil et son pilote comme le montre cette coutume de donner un nom propre à l'avion (le "vieux Charles").

A bien des égards, les escadrilles aériennes constituent une nouvelle sorte de cavalerie, dont le rôle a fortement diminué sur les champs de bataille depuis 1914 et le pilote montre autant d'attachement à l'égard de son avion qu'un cavalier avec son cheval. Pour beaucoup, les duels aériens constituaient d'ailleurs une résurgence des duels de chevaliers.

Fabrice Grenard

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