La contre-offensive française à Verdun au cours du mois d'août 1916 permet de faire de nombreux prisonniers allemands

20 août 1916
02m 55s
Réf. 04517

Notice

Résumé :

En août 1916, l'armée française entame une importante contre-offensive à Verdun afin de reprendre les positions perdues depuis les débuts de l'attaque allemande en février. Les victoires françaises permettent de faire de nombreux prisonniers.

Type de média :
Date de diffusion :
20 août 1916
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Contexte historique

La bataille de Verdun, qui dura presque toute l'année 1916 se déroula en fait en deux phases. La première phase fut celle de l'offensive allemande. L'attaque fut lancée par les Allemands le 21 février 1916 et se solda par une percée de plusieurs kilomètres et la prise des premières lignes françaises. Si les positions se stabilisèrent quelque peu au cours du mois de mars 1916, les Allemands mèneront plusieurs nouvelles offensives jusqu'en juillet afin de tenter de s'approcher et de s'emparer de Verdun.

La mi-juillet marque un tournant avec l'ouverture d'une deuxième phase au cours de laquelle les rôles étaient désormais renversés : les Allemands se retrouvaient dans la position des défenseurs tandis que l'armée française menait une contre-offensive afin de reprendre les différentes positions perdues depuis le mois de février. Le 20 août, les armées françaises attaquent sur la partie ouest du front, entre le bois d'Avocourt et Bezonvaux, sur une longueur de 18 kilomètres.

L'attaque est une réussite, repoussant les lignes allemandes de plusieurs kilomètres et dégageant l'étau qui s'était resserré sur Verdun depuis plusieurs mois. Sur la partie est du front, le fort de Douaumont, point particulièrement stratégique, était repris par les Français le 24 octobre puis le fort de Vaux le 8 novembre. Le 15 décembre, une offensive de plus grande envergure permettait aux Français de reprendre la plupart du terrain perdu depuis le mois de février.

Fabrice Grenard

Éclairage média

Si les commentaires laissent entrevoir une contre-offensive de grande envergure menée par l'armée française, les images ne montrent en fait aucun combat et ne permettent de voir que quelques unités d'artilleurs en action. En revanche, le fait de montrer des convois de prisonniers allemands doit permettre de provoquer une forte impression sur le public car ces derniers sont la preuve vivante de l'efficacité de l'offensive française. Et plus le nombre de prisonniers est important, plus cela donne l'idée que la victoire a été éclatante. Les consignes du service cinématographique des armées étaient de "filmer les boches comme des trophées". Le cameraman a donc filmé en plan d'ensemble et avec une bonne profondeur de champ d'interminables colonnes de captifs qui avancent pour être internés dans un camp. Ces longues colonnes sont là pour démontrer l'important succès remporté par les troupes françaises.

Le reportage montre également que les prisonniers allemands sont bien traités (des infirmiers français soignent les blessés allemands) : contrairement à ce que prétend la propagande allemande, l'armée française se comporte de manière humaine et civilisée en traitant bien ses prisonniers. Les dernières images permettent de souligner un important contraste entre cette "humanité française" et la "barbarie allemande" puisque les Allemands se sont livrés au bombardement de formations sanitaires dans la région de Verdun, provoquant la mort de 43 infirmières bénévoles ou soldats en traitement. Ces images démontrent la volonté de diaboliser un adversaire qui se comporte de manière sauvage et barbare.

Fabrice Grenard

Transcription

[Carton]
Autour de l'offensive de Verdun. Le 20 Août, après une intense préparation d'artillerie, les français ont attaqué sur un front de 18 km, du bois d'Avocourt au nord de Bezonvaux.Tous les objectifs ont été atteints.
(Silence)
[Carton]
Sur la route de Rampont, défilé de prisonniers pris dans le bois des Corbeaux. En tête, l'Etat-Major du 24ème Régiment.
(Silence)
[Carton]
Sortant du bois Bourru, un autre groupe est dirigé vers le camp de concentration.
(Silence)
Les prisonniers allemands blessés sont soignés et évacués vers l'arrière.
(Silence)
[Carton]
Par le canon et par avion , les allemands ont bombardé les formations sanitaires de Dugny, des Monthairons, de Vadelaincourt et de Belrupt dans la région de Verdun ; 43 infirmières bénévoles, infirmiers ou soldats en traitement ont été tués, 65 blessés. Ces bombardements ont été volontairement effectués par les allemands comme le prouve une photographie trouvée sur un aviateur descendu au Mort-Homme, représentant l'Hôpital de Vadelaincourt nettement indiqué avec ses croix de Genève. A l'Hôpital des Monthairons, un brave reçoit la Médaille Militaire.