Le général Pétain remet des décorations à des soldats qui se sont illustrés lors de la bataille de La Malmaison

01 novembre 1917
02m 24s
Réf. 04519

Notice

Résumé :

Au lendemain d'une offensive menée sur l'Aisne, le général Pétain, commandant en chef de l'armée, remet des décorations à des unités qui se sont illustrées lors des combats. Le général Maistre est promu grand officier de la légion d'honneur.

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Date de diffusion :
01 novembre 1917
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Contexte historique

Né dans le Pas-de-Calais en 1856, Philippe Pétain effectue une carrière sans gloire dans l'infanterie : en 1914, à l'âge de 58 ans, il n'est encore que colonel. La Première Guerre mondiale va représenter un tournant considérable dans sa trajectoire. Au début de la guerre, il reçoit le commandement d'une brigade. Ses succès le conduisent à la tête du 33ème régiment d'infanterie lors de la seconde bataille de l'Artois (mai 1915) puis de la IIème armée en septembre 1915 lors de l'offensive de Champagne.

Mais c'est surtout lors de la bataille de Verdun que la célébrité et la popularité de Pétain commencent à se développer. Adepte de la guerre défensive, il reçoit le commandement de la place de Verdun quelques jours après le lancement de l'offensive allemande (février 1916), avec la mission de "tenir bon". Pétain saura rétablir une situation compromise en stoppant l'offensive allemande et en mettant tout en oeuvre pour assurer, dans des conditions difficiles, le ravitaillement et l'approvisionnement de Verdun. S'étant acquitté de sa mission, Pétain est ensuite remplacé par Nivelle en juin 1916, chargé d'adopter une stratégie plus offensive. Au Printemps 1917, l'échec de l'offensive du Chemin des Dames et le développement de troubles dans l'armée font de Pétain l'homme de la situation : c'est lui qui est appelé pour remplacer Nivelle comme commandant en chef sur le front occidental (15 mai 1917).

Le nouveau généralissime commence par donner satisfaction aux revendications les plus raisonnables des poilus. La nourriture est améliorée et les permissions deviennent plus régulières. Pétain effectue de nombreuses visites sur le front et fait cesser les offensives inutiles et particulièrement coûteuses en hommes. A son exemple, les officiers sont invités à multiplier les "causeries" avec leurs hommes et à se mêler étroitement à eux. Mais Pétain sait également faire preuve de fermeté afin d'éviter que les mutineries ne s'étendent dans l'armée. Il préfère toutefois pratiquer une répression exemplaire à une répression de masse : les mesures répressives ne touchent ainsi que les meneurs avérés des rébellions. Sur les 554 condamnations à mort prononcées, une cinquantaine seulement seront exécutées. Beaucoup d'anciens mutins sont disséminés dans des "régiments indemnes" où ils sont étroitement surveillés et rentrent pour la plupart dans le rang.

Alors que les mesures adoptées par Pétain permettent un retour en ordre au sein de l'armée au cours de l'été 1917, le général en chef peut désormais préparer de nouvelles offensives contre les positions allemandes, notamment à La Malmaison, près du Chemin des Dames (octobre 1917). Mais contrairement à l'offensive de Nivelle, les attaques ont été minutieusement préparées et exécutées avec précision, en économisant au maximum les hommes. Les objectifs restent également limités, loin des projets d'offensive générale développés par Nivelle au début de l'année 1917. L'offensive de La Malmaison, dans l'Aisne, permet ainsi de faire reculer les Allemands derrière l'Ailette et de consolider les positions françaises.

A la fin de la guerre, la popularité de Pétain (promu maréchal en 1918) sera très importante : le "vainqueur de Verdun" gardera la réputation d'un commandant proche de ses hommes et soucieux de préserver leur vie. Une véritable légende du maréchal se développera dans l'entre-deux-guerres, qui explique largement l'aveuglement avec lequel les Français lui ont fait confiance en 1940.

Fabrice Grenard

Éclairage média

L'offensive menée sur l'Aisne à l'initiative de Pétain en octobre 1917 (bataille de La Malmaison) est restée assez limitée et ne s'accompagna que de quelques gains territoriaux, faisant reculer les lignes allemandes derrière l'Ailette. Mais la remise de décorations importantes à des unités entières par le général en chef de l'armée peut laisser croire à une victoire de grande ampleur. Il faut également montrer à l'opinion que malgré la crise du printemps 1917 et les nouvelles stratégies prônées par Pétain ("défense en profondeur"), les offensives ne sont pas terminées : cela reviendrait à dire que la France renonce à reconquérir les territoires occupés par les Allemands.

L'image de Pétain, commandant en chef de l'armée, ne pouvait seulement reposer sur l'idée d'une stratégie défensive : il lui fallait aussi "sa" victoire (le rôle de Pétain à Verdun s'était limité à la défense de la ville puisqu'il avait ensuite été remplacé par Nivelle à qui était revenue la mission de reprendre les territoires conquis par les Allemands autour de Verdun). Enfin, si la bataille de La Malmaison fut largement relayée par la presse ou les actualités cinématographiques, c'est aussi parce qu'il fallait exorciser l'échec du Chemin des Dames quelques mois auparavant. Cette victoire, même limitée, contribua fortement à redonner le moral et la confiance à une armée qui en avait grandement besoin.

Les reportages de la Première Guerre mondiale ne sont pas datés avec précision. Par convention, la date du 1/1/19.. indique que le document a été tourné pendant l'année en cours.

Fabrice Grenard

Transcription

[Carton]
Après la victoire de l'Aisne (Novembre 1917). Devant les délégations des régiments qui ont pris par à cette bataille, le Général Pétain décore les drapeaux et fanions des unités qui se sont particulèrement distinguées.
(Silence)
[Carton]
Le général Maistre, commandant d'Armée, est promu Grand Officier de la Légion d'Honneur.