Le président du Conseil Georges Clemenceau effectue différentes visites et tournées d'inspection près du front [muet]

1918
02m 29s
Réf. 04523

Notice

Résumé :

Le président du Conseil Clemenceau se rend dans plusieurs villes de l'Est de la France meurtries par les combats. Il rencontre également des soldats près du front. Lors d'une importante cérémonie, Clemenceau et Poincaré décorent le général Pétain.

Type de média :
Date de diffusion :
1918
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Contexte historique

Comme la plupart des pays plongés dans la guerre depuis près de trois ans, la France connaît une importante crise militaire et sociale au cours de l'année 1917. Une première grande vague de mécontentement se manifeste dans l'armée (mutineries) et à l'arrière (grèves) au cours du printemps 1917. Après un redressement opéré au cours de l'été, avec la fin des mutineries et la reprise du travail, l'éventualité d'une nouvelle crise importante se fait sentir à l'approche de l'hiver 1917 devant l'extrême lassitude et un pessimisme de plus en plus fort qui se manifestent au sein de l'opinion : l'aide américaine tarde à se faire sentir tandis que les Alliés peuvent de moins en moins compter sur la Russie depuis les deux révolutions de février et d'octobre 1917.

C'est dans ce contexte que le président de la République Raymond Poincaré finit par se résoudre à nommer à la tête du gouvernement Georges Clemenceau. Poincaré ne se cache pas qu'il déteste Clemenceau mais celui-ci s'impose comme l'homme de la situation, à la fois par sa grande popularité mais aussi par son image de patriote et son refus du défaitisme. Lorsqu'il se présente devant la Chambre des députés, le 16 novembre 1917, Clemenceau obtient une très large majorité (418 voix contre 65 et 40 abstentions) marquant une certaine renaissance de l'Union sacrée, mise à mal au cours de l'année 1917, derrière son nom.

Sa déclaration ministérielle ("Je fais la guerre" et "le pays connaîtra qu'il est défendu") ne laisse aucun doute sur ses intentions de tout mettre en oeuvre pour remporter la victoire finale et de n'accepter aucun compromis avec le camp des "pacifistes" réclamant un arrêt des combats. Clemenceau introduit d'importants changements dans le style et la manière de gouverner par rapport à ses prédécesseurs. Il ne gouverne qu'avec un très petit nombre de collaborateurs et concentre la plus grande partie des pouvoirs entre ses mains.

Clemenceau intervient également de très près dans les questions strictement militaires et dans le choix des généraux. Il mène une lutte importante contre les courants pacifistes qu'il soupçonne d'affaiblir la cohésion nationale et favoriser "l'esprit d'abandon" alors que lui même est très attaché à conduire la guerre jusqu'à la victoire. Enfin, pour remonter le moral des soldats, Clemenceau multiplie les visites sur le front. Incarnant une France refusant la défaite, Clemenceau a su redresser une situation quelque peu compromise en 1917. Devenu très populaire à la fin de la guerre, il gagnera le surnom de "Père la victoire".

Fabrice Grenard

Éclairage média

La popularité de Clemenceau ne fut pas immédiate et son arrivée au pouvoir en novembre 1917 ne permit pas de redonner immédiatement confiance à l'opinion. Une certaine méfiance existait même à l'égard de ce vieux briscard de la politique, âgé de 76 ans, dont les méthodes autoritaires avaient pu soulever d'importantes critiques avant la guerre. Il serait ainsi erroné de reporter sur le moment de son accession au pouvoir l'immense popularité que lui valut par la suite son identification à la victoire.

L'utilisation des actualités cinématographiques et certains reportages diffusés au cours de l'année 1918 participèrent largement, grâce à des mises en scène soigneusement étudiées, à la constitution du "mythe Clemenceau" : tout fut fait pour que son énergie et son enthousiasme impressionnent les spectateurs alors que plusieurs témoignages de l'époque (les mémoires de Poincaré notamment) rapportent que Clemenceau commençait à avoir de réels problèmes de santé. Les images permettent également de renforcer le côté "paternel" de Clemenceau, que ce soit lors de ses visites aux soldats dans les tranchées (avec lesquels il discute et semble même plaisanter) ou avec les populations civiles qu'il rencontre lors de visites effectuées dans des villes meurtries par la guerre (il embrasse des enfants qui lui remettent des fleurs). Ce sont ces deux éléments (énergie et proximité avec le peuple et les soldats) qui serviront de base à la constitution du "mythe Clemenceau" à la fin de la guerre et à son surnom de "Père la victoire". Notons enfin que les images finales (embrassade entre Clemenceau et Poincaré lors d'une remise de décoration au général Pétain) donnent le sentiment d'une union profonde entre deux hommes... qui en réalité se détestaient.

Les reportages de la Première Guerre mondiale ne sont pas datés avec précision. La date de 1918 indique que le document a été tourné pendant l'année en cours.

Fabrice Grenard

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