Tirs d'artillerie dans la région de Verdun et destruction de plusieurs villages [muet]

1916
56s
Réf. 04525

Notice

Résumé :

Dans la région de Verdun, plusieurs unités d'artilleurs français bombardent les forces allemandes retranchées dans plusieurs villages. De violents bombardements (artillerie lourde et légère) détruisent d'importants bâtiments dont une église.

Type de média :
Date de diffusion :
1916
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Contexte historique

Le passage d'une guerre de mouvement à une guerre de position à la fin de l'année 1914 donna un rôle nouveau à l'artillerie, qui devint l'arme la plus efficace pour tenter d'affaiblir les défenses et tranchées adverses et d'en déloger leurs occupants. Alors qu'au début de la guerre dominait l'artillerie légère (avec côté français le canon de 75), l'artillerie lourde s'imposa rapidement afin de réaliser des tirs de plus en plus lointains et de plus en plus destructeurs. Les calibres furent de plus en plus monstrueux (105, 150, 210, 420). La France dût fournir un effort important en la matière afin de rattraper l'armée allemande qui était déjà bien pourvue de pièces d'artillerie lourde.

A bien des égards, la Première Guerre mondiale fut un formidable duel d'artillerie. L'utilisation de l'artillerie ne cessa de se développer, à la fois à des fins offensives ou défensives. L'artillerie lourde permettait de détruire les tranchées mais également de bombarder les positions de l'adversaire et ses moyens de transports à plusieurs kilomètres en arrière des premières lignes (un canon de 420 allemand était capable d'envoyer un obus de 923 kilos à 14 kilomètres).Toutes les grandes offensives et tentatives de rupture du front adverse furent précédées de violents tirs d'artillerie pendant plusieurs heures afin de tenter de préparer le terrain pour que l'infanterie puisse se lancer à l'assaut de défenses adverses affaiblies. Les techniques de tirs étaient particulièrement variées en fonction des objectifs tactiques poursuivis : tirs de démonstration, tirs de concentration, tirs de destruction ou d'anéantissement, tirs de barrage, d'encerclement, de harcèlement...

Les combats d'artillerie jouèrent un rôle essentiel lors de la bataille de Verdun : l'expression "enfer de Verdun" permettait d'ailleurs avant tout de traduire la véritable pluie d'obus qui s'abattit sur les soldats pendant plusieurs semaines. Si la violence des bombardements ne cessa de s'accroître au cours du conflit, il faut toutefois noter les limites de cette arme qui s'est toujours avérée incapable de faire réussir les grandes tentatives de percée. Tout d'abord parce que l'artillerie la plus puissante resta toujours incapable de détruire les abris creusés à grande profondeur, comme ce fut le cas dans la Somme en 1916 ou sur le Chemin des Dames (1917), où les positions allemandes enterrées dans le sol purent résister aux bombardements préparatoires. Par ailleurs, l'impossibilité de déplacer les canons à travers les champs de bataille défoncés par les obus constitua l'un des obstacles principaux à l'absence de soutien d'artillerie aux assaut de fantassins une fois les premières lignes conquises.

Fabrice Grenard

Éclairage média

Ces images montrent l'utilisation concomitante de l'industrie légère et de l'industrie lourde pour attaquer les positions de l'adversaire. Des canons mobiles placés en batterie permettent d'effectuer des tirs à cadence rapide sur une courte distance. Les pièces d'artillerie lourde sont beaucoup plus longues à charger, et effectuent des tirs isolés mais beaucoup plus destructeurs. L'artillerie légère permet d'affaiblir les premières lignes adverses tandis que l'artillerie lourde sert à effectuer des bombardements au sein des lignes arrières, afin notamment de perturber les transports de troupes et de ravitaillement. Afin que les pièces d'artillerie ne puissent être repérées par l'adversaire et devenir à leur tour la cible de bombardements, des techniques de camouflage sont utilisées, sous la forme principalement de filets.

Le bombardement d'un village et la destruction d'une église permettent de rappeler que la population civile a elle aussi payé un lourd tribut aux bombardements. La généralisation de l'artillerie et les nombreuses destructions réalisées par ce biais soulignent l'abrasion de la distinction traditionnelle entre population combattante et population civile à la faveur de la Première Guerre mondiale.

Les reportages de la Première Guerre mondiale ne sont pas datés avec précision. La date de 1916 indique que le document a été tourné pendant l'année en cours.

Fabrice Grenard

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