Henri Hiro, poète polynésien

27 mai 1979
01m 36s
Réf. 04545

Notice

Résumé :

Henri Hiro, poète tahitien, évoque le rôle de la jeunesse dans le développement de la culture maohi. Elle doit en effet diffuser les traditions orales par le biais de l'écriture, afin d'enrichir la société polynésienne.

Type de média :
Vidéo - Documentaire
Date de diffusion :
27 mai 1979
Source :
FR3 (Collection: LA POLYNESIE AU COEUR )
Personnalité(s) :
Louise Peltzer Henri Hiro Flora Devatine
Thèmes :
Lieux :

Contexte historique

Né à Moorea le 1er janvier 1944, Henri Hiro est élevé à Punaauia par des parents ne parlant que le tahitien. Après des études de théologie à la faculté libre de l'Eglise réformée de Montpellier, il est nommé directeur de la maison des jeunes - maison de la culture de Tipaerui. Puis, à partir de 1980, il prend la tête du département recherche et création de l'office territorial d'action culturelle. Par ces fonctions institutionnelles, il milite pour la reconnaissance du patrimoine culturel polynésien et s'efforce d'y insuffler un dynamisme nouveau. Sous son impulsion et celle d'autres jeunes étudiants ayant également étudié en métropole, l'Académie tahitienne est créée, et des concours littéraires sont institués. Il engage notamment un travail de recueil des traditions orales tahitiennes, et encourage la jeunesse polynésienne à s'exprimer par le biais de la culture, et en particulier à écrire, quelle que soit la langue choisie (le français l'anglais ou le reo ma'ohi).

Curieux, Henri Hiro s'essaie en tant que réalisateur au cinéma, metteur en scène et comédien au théâtre. Il traduit des romans du français au reo ma'ohi. Son oeuvre, et notamment son "message poétique" publié en 1990, est profondément habitée par la culture religieuse traditionnelle maohi. Il y exprime parallèlement une révolte contre les maux contemporains de la société polynésienne (l'absence d'emploi, le désoeuvrement de la jeunesse, la corruption des élites...).

Henri Hiro meurt le 10 mars 1990. Des écrivaines comme Flora Devatine et Louise Peltzer, contribuent également par leur oeuvre à défendre les traditions orales et l'identité culturelle de la Polynésie.

Julie Le Gac

Éclairage média

Cet extrait d'un long reportage diffusé par France 3 consacré aux maux de la société polynésienne, permet au poète Henri Hiro d'exprimer sa conception de la promotion de la culture tahitienne.

L'interview se déroule dans un cadre assez inhabituel. Henri Hiro est en effet interrogé en plein air, torse nu et sous le regard curieux de jeunes enfants.

Cet entretien est avant tout destiné à promouvoir l'action du poète à la maison de la culture de Papeete : le journaliste le relance à dessein et lui accorde un temps de parole relativement conséquent afin d'exposer ses arguments. Henri Hiro, quant à lui, répond avec beaucoup de conviction et d'engagement et propose un discours profondément humaniste.

Julie Le Gac

Transcription

Journaliste
Henri Hiro indique la place des jeunes intellectuels dans la société tahitienne.
Henri Hiro
Je crois que les jeunes qui ont un certain niveau d'instruction, qui ont aussi un niveau de compréhension aussi, et qui ont une certaine sensibilité peuvent beaucoup apporter à cette population. Non pas leur apporter des choses où il y a bien alors des biens matériels, je ne sais pas, mais essayer tout simplement d'être à côté de cette population qui a une richesse extraordinaire en ce qui concerne la sagesse polynésienne. Je crois que si ces gens là, si ces jeunes là se mettaient à côté de la population pour les aider simplement à retrouver la valeur de ce qu'ils ont, je crois que c'est déjà énorme et à ce niveau là, je crois que la population fera plus que nous.
Journaliste
Par exemple, qu'est ce que vous faites à la maison de la culture pour conserver ces traditions ?
Henri Hiro
Par exemple, à la maison de la culture, nous venons de lancer une opération de recueils de tradition orale, c'est une volonté qui essaye de recueillir et de montrer à la population que ce qu'ils ont et ce qu'ils possèdent a une valeur, et qu'ils n'ont pas le droit de le renier et quel que soit le système politique et quel que soit le système administratif dans ce pays, on n'a pas le droit de renier ce que possède une population. Lorsque nous avons lancé cette opération de recueil de tradition orale c'est exactement dans cet objectif là c'est-à-dire essayer de redonner confiance à cette population, de lui redonner, de lui rendre ces valeurs, de lui redonner ces valeurs.