Le Parc Naturel National de Guyane

24 décembre 1994
02m 05s
Réf. 04553

Notice

Résumé :

Né en 1992, le projet de création de Parc Naturel National de Guyane n'a toujours pas abouti en 2007. Il se doit en effet de préserver l'environnement fragile de la forêt amazonienne, les coutumes des Amérindiens et d'encadrer l'orpaillage.

Date de diffusion :
24 décembre 1994
Date d'événement :
14 avril 2006
Source :
Lieux :

Contexte historique

L'idée de la création d'un Parc Naturel National en Guyane est lancée au sommet de la Terre à Rio en 1992. Né de la volonté de préserver l'équilibre fragile de la forêt amazonienne, le projet doit apporter des réponses au problème de l'orpaillage clandestin, et surtout prendre en compte les aspirations divergentes des populations guyanaises, Amérindiens, et Noirs Marrons. Dès lors, il demeure longtemps bloqué par des intérêts contradictoires.

La mission d'étude pour la création d' "un grand parc de la forêt tropicale"' guyanaise, instaurée en 1993 propose en 1998 un projet de parc considéré par Lionel Jospin comme "le laboratoire d'une nouvelle forme de coopération écologique. Il est cependant rejeté par les élus locaux qui critiquent la mainmise de l'Etat français et dénoncent le manque de concertation.

A partir de 2003, de nouvelles concertations auprès des populations de la forêt amazonienne sont entreprises, et elles devraient permettre la création du Parc national de Guyane en 2008. La loi organique du 14 avril 2006 prévoit en effet la création de quatre nouveaux parcs nationaux, dont celui de Guyane, et le projet est soumis à enquête publique. Couvrant une surface de 3, 39 millions d'hectares, soit plus du tiers de la Guyane, ce parc "ne s'arrête pas à une simple volonté de protéger le milieu, précise le projet, il propose une politique de développement adaptée au Sud". Malgré la longue concertation, le projet suscite encore de nombreuses critiques. Sa localisation est décriée par les écologistes qui jugent la biodiversité plus menacée au nord. En outre, il ne résout pas le grave problème de l'orpaillage qui met en péril la santé des Amérindiens. En effet, chaque commune doit déterminer seule les activités qu'elle juge compatibles avec le respect de l'environnement.

La difficile mise en place du Parc naturel national de Guyane souligne la multiplicité des intérêts des populations amazoniennes, et la difficulté de concilier l'attractivité de l' "or jaune" et la nécessaire protection du fragile "or vert".

Julie Le Gac

Éclairage média

Ce document diffusé par RFO en 1994 s'attache à mettre en lumière la richesse de la biodiversité de la forêt amazonienne. Des gros plans sur des animaux exotiques succèdent à des plans larges sur l'immensité verte de la forêt, le tout sur fond de piaillements d'oiseaux. Le commentaire, recherchant un effet comique, souligne le décalage existant entre le mode de vie métropolitain et celui des populations amérindiennes qui délaissent l'automobile au profit de la pirogue, et le costume-cravate pour le pagne.

Par ailleurs, ce reportage s'efforce de souligner les différents enjeux résidant dans la création du parc national de Guyane: la préservation de la biodiversité, ainsi que celle des coutumes des Amérindiens. Il offre ainsi la parole à un représentant amérindien qui exprime alors la volonté de son chef de vivre comme le faisaient ses ancêtres, sans se préoccuper d'une réglementation administrative de l'occupation de la forêt amazonienne. Cette interview, ainsi que celle de Dominique Deviers, chargé de mission, témoigne dès lors de l'échec des initiateurs du projet à intéresser et convaincre les populations amérindiennes de leur intérêt à la création du Parc national.

Enfin, ce reportage se montre particulièrement optimiste quant à la réussite du projet de Parc naturel. Or, 13 années après ce document, le Parc est seulement en train de devenir une réalité.

Julie Le Gac

Transcription

Présentatrice
Le projet est en route depuis 2 ans. La première décision est intervenue cette semaine, la forêt guyanaise devient parc naturel. Objectif : préserver la patrimoine de la Guyane ; Stéphanie Chaupin :
Stéphanie Chopin
De la forêt vierge à perte de vue, une faune et une flore unique au monde c'est la seule région française où la pirogue supplante l'automobile, où les habitants ne portent pas de costume cravate, où la nature est reine. C'est le grand sud de la Guyane, au seuil de l'Amazonie. Ce sera enfin, si tout se passe comme prévu, un parc national officiel. Cela fait plus de 2 ans aujourd'hui que le projet est à l'étude, la première esquisse de proposition concrète vient seulement de voir le jour. Trois types de zone sont proposées au sein du futur parc qui s'étend au delà de la zone d'accès réglementé sur 3 millions d'hectares. Une vaste zone de nature non habitée, véritable laboratoire écologique pour la recherche, des zones de vie en harmonie avec le milieu gérées par les populations autochtones, point de départ du développement écotouristique, et enfin des zones d'activité minière soumises à des règles strictes afin de préserver l'environnement. Lors de la présentation du projet les réactions ne se sont pas faites attendre. D'accord sur le principe mais se préoccupe-t-on assez des populations locales ?
Dominique Deviers
Si les amérindiens ne sont pas présents dès le départ, je ne vois pas comment ils vont se sentir ensuite impliqués, ensuite concernés par ce parc. Ils vont très bien pouvoir y réagir positivement, mais ils pourront très bien aussi considérer ce n'est pas de leur domaine. Que ça ne les concerne pas.
Inconnu
Notre chef coutumier nous a dit que il ne faut pas que les blancs qui fassent le parc national au pays wayana, où des Wayanas vivent quoi. Ça ne l'intéresse même pas. Ils vivent comme toujours quoi.
Stéphanie Chopin
Pour l'instant, le parc de la forêt tropical reste donc un paradis perdu au fond de l'enfer vert.

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