Crise politique à Wallis

26 septembre 2005
01m 47s
Réf. 04560

Notice

Résumé :

En septembre 2005, les îles de Wallis-et-Futuna traversent une crise politique et institutionnelle. La présence française y est brièvement remise en cause. Cet événement souligne la singularité du statut politique de l'archipel.

Date de diffusion :
26 septembre 2005
Date d'événement :
25 septembre 2005
Source :

Contexte historique

En septembre 2005, le petit archipel de Wallis et Futuna (225 km2), situé à plus de 2 000 kilomètres de la Nouvelle-Calédonie, en plein coeur du Pacifique, traverse une crise politique sérieuse. Cette dernière naît du refus du roi d'Uvéa, Tomasi Kulimoetoke I de remettre aux autorités françaises son petit fils, condamné pour homicide. Ce fait divers se transforme en crise institutionnelle lorsque le roi, qui porte le titre de "Lavuela" exige le retrait des autorités françaises. La chefferie réformatrice, consciente des enjeux économiques de la présence française, s'y oppose et décide l'intronisation d'un nouveau roi, Sosefo Mautamakia. Le préfet, Xavier de Fürst donne son assentiment et la cérémonie d'intronisation est prévue pour le 25 septembre 2005. Cependant, les partisans du Lavuela édifient des barrages et organisent le blocus de l'île en occupant notamment l'aéroport, alors que la tension croît dans l'île.

L'intervention d'un médiateur du gouvernement, Louis Lefranc, qui renouvelle la confiance de la France au Lavuela et prévient toute tentative de représailles à l'encontre des réformateurs, permet le retour au calme ainsi que le statu quo politique.

La mort de Tomasi Kulimoetoke I le 7 mai 2007, après 48 années de règne, est cependant susceptible de relancer l'agitation institutionnelle à l'issue de la période de deuil de 6 mois décidée par les autorités coutumières.

Cette crise souligne la singularité des institutions de Wallis et Futuna. La France, présente sur l'archipel depuis la ratification en 1887 d'un traité de protectorat, respecte l'organisation coutumière. Ainsi, Wallis et Futuna, devenu territoire d'outre mer par référendum en 1959, abrite 3 royaumes au sein de la République: celui d'Uvéa à Wallis et ceux d'Alo et de Sigave à Futuna. Chaque roi y est détenteur de l'autorité coutumière qui s'impose aux chefs de village. L'Etat est représenté sur place par un administrateur supérieur du territoire nommé en Conseil des ministres. Le statut de 1961 précise en outre que "la République garantit aux populations du territoire des îles de Wallis-et-Futuna le libre exercice de leur religion ainsi que le respect de leurs croyances et de leurs coutumes".

L'exemple de Wallis-et-Futuna illustre ainsi la diversité des statuts politiques et juridiques des départements et territoires d'outre mer dans le cadre de la République française.

Julie Le Gac

Éclairage média

Ce reportage de RFO, diffusé, alors que l'intervention du médiateur de la République a permis la résolution de la crise, s'attache à souligner le récent apaisement de la situation. Si les images montrant des routes coupées, et des restes de barrages, témoignent de l'importance des affrontements s'étant déroulés à Wallis, le commentaire est centré sur le retour au calme dans l'île.

Ce reportage propose par ailleurs une vision partielle de l'événement. L'origine de la crise, un fait divers impliquant le Lavuela, n'est pas mentionnée, tandis que l'idée d'une remise en cause de la présence française dans l'archipel, est complètement éludée. A l'inverse, ce document accorde uniquement la parole au médiateur du gouvernement, qui réaffirme la stabilité institutionnelle de ce Territoire d'Outre Mer.

En ce sens, ce reportage tend à minimiser l'ampleur de la crise politique et parallèlement à consacrer le contrôle de l'Etat français sur ces territoires si lointains.

Julie Le Gac

Transcription

Sandrine Colombo
Bonjour et bienvenue dans le journal de l'Outre mer : situation apaisée à Wallis, après l'intervention d'un médiateur envoyé par l'Etat, l'archipel du pacifique sud était au bord de l'affrontement civil en fin de semaine dernière, en raison de l'intronisation annoncée d'un nouveau roi voulu par la chefferie réformatrice, contre l'avis des coutumiers au pouvoir. Finalement l'actuel roi en place depuis 1959 reste celui que reconnaît l'Etat.
Reporter
Depuis la fin de l'après midi, les barrages qui avaient été mis en place dans la nuit du mercredi à jeudi sont en cours de démantèlement. Demain le nettoyage des routes devrait avoir lieu, c'est ce à quoi les membres de la chefferie du roi se sont engagés, à la suite des négociations avec le médiateur Louis Lefranc, arrivé dimanche de Nouméa.
Louis Lefranc
Le premier point d'accord est tout d'abord la confirmation par l'Etat du Lavelua, avec l'ensemble de ses prérogatives. Je dis confirmées puisque ceci n'avait été remis en cause et aussi nous avons pris acte du soutien qui lui a été apporté par les autorités coutumières. Donc sur la base de cet point d' accord, les autorités coutumières et également l'assemblée territoriale se sont engagées à lever les barrages et aussi pas de représailles vis-à-vis de ceux qui partageaient un point de vue différent.
Reporter
Officiellement et ce, depuis ce matin, seul le roi et sa chefferie sont reconnus par l'Etat français. Quant aux arrêtés du préfet Xavier de Fürst, parus en juillet dernier, reconnaissant les coutumiers du camp des rénovateurs, ils ont été annulés par le préfet lui-même. Traditionnellement, les changements de royauté se font difficilement. En 1958 et 1959, ils s'étaient conclus au bout de 6 mois de négociation et d'intimidation.