L'arrestation de Yacef Saadi, chef du F.L.N.

02 octobre 1957
34s
Réf. 04572

Notice

Résumé :

L'arrestation de Yacef Saadi, chef du FLN à Alger, marque la fin de la bataille d'Alger et la victoire militaire des parachutistes du général Massu sur le mouvement nationaliste algérien.

Type de média :
Date de diffusion :
02 octobre 1957
Date d'événement :
24 septembre 1957
Source :
Lieux :

Contexte historique

Le 24 septembre 1957, les parachutistes du général Massu arrêtent un des principaux chefs du FLN à Alger, Yacef Saadi.

La découverte de sa cachette dans une maison située au coeur de la Casbah, a été rendue possible par la multiplication des infiltrations au sein des filières du FLN. Le capitaine Yves Godard utilise en effet ceux que l'on appelle les "bleus de chauffe", des anciens militants du FLN retournés, souvent sous le joug de la torture, et qui renseignent désormais les parachutistes français.

Cette stratégie permet l'élimination des principaux chefs du FLN à Alger. Ainsi, Larbi Ben M'Hidi est arrêté le 23 février 1957 puis assassiné le 3 mars. Abane Ramdane et Krim Belkacem sont contraints de fuir Alger et de se réfugier en Tunisie. Enfin, le 24 septembre, Yacef Saadi et Zohra Drif sont arrêtés en plein coeur de la Casbah. Le 8 octobre, suivant, les parachutistes font exploser la cache d'Ali La Pointe, Hassiba Ben Bouali, Mahmoud Bouhamidi et le Petit Omar, qui refusent de se rendre.

Ces éliminations marquent la fin de la bataille d'Alger. Le FLN est en effet décapité. De fait, Yacef, Saadi, responsable de la campagne terroriste menée par le FLN à Alger au cours de l'année 1957 est condamné à mort par la justice militaire le 25 juin 1958. Il est cependant libéré en vertu des accords d'Evian. Zohra Drif, arrêtée en sa compagnie, est une jeune étudiante, dont l'activité incarne le combat des femmes dans la résistance algérienne. Faisant l'objet de moins de suspicions de la part de l'Armée française, elles sont souvent utilisées par le FLN pour transmettre des informations, voire pour poser des bombes, comme c'est le cas de Zohra Drif dans l'attentat du Milk Bar en septembre 1956, qui provoque 3 morts et une douzaine de blessés. Au sein du FLN, toutefois, Zohra Drif est l'une des seules, à être plus qu'une simple exécutante. Elle est condamnée à 20 ans de travaux forcés pour terrorisme, mais libérée à la fin de la guerre.

Julie Le Gac

Éclairage média

Ce document, diffusé par les Actualités françaises le 2 octobre 1957, utilise l'arrestation de Yacef Saadi et de Zohra Drif par les parachutistes du général Massu, pour la propagande de l'Armée française. De fait, cette arrestation, précédent de peu la mort d'Ali la Pointe, marque l'élimination des principaux dirigeants du FLN, et dès lors, la victoire de l'Armée française dans la bataille d'Alger.

Diffusé plus d'une semaine après l'arrestation réelle des deux membres du FLN, il apparaît très vraisemblable que la découverte de la cachette de Yacef Saadi ait été reconstituée. En effet, il semble peu probable que les parachutistes aient pris le risque de faire échouer une arrestation aussi importante. De plus, les visages de Yacef Saadi et de Zohra Drif semblent plus exprimer le désabusement et l'ironie que l'angoisse de personnes qui ont été traquées pendant des semaines.

Ce document souligne l'efficacité de la pacification d'Alger entreprise par les parachutistes du général Massu. En ce sens, il constitue un plaidoyer en faveur de l'Armée française.

En outre, la diffusion de telles images et la référence au procès futur des deux membres du FLN, tend à réaffirmer que l'Etat de droit est respecté en Algérie, alors que la dénonciation de la torture en métropole est vive.

Le film de Gillo Pontecorvo, La bataille d'Alger produit notamment par Yacef Saadi, et dans lequel ce dernier joue son propre rôle, reprend, 9 ans plus tard, le récit de cette arrestation.

Julie Le Gac

Transcription

Commentateur
A Alger, la rébellion a perdu un de ses chefs. Une filière avait conduit les forces de l'ordre dans la casbah, où le numéro 3 de la rue Caton était surveillé depuis plusieurs jours. C'est dans cet immeuble que les soldats devaient forcer Yacef Saadi au fond du repère qu'il s'était ménagé, derrière un panneau de mur amovible. Arrêté en compagnie de sa compagne Zorah Drif, Yacef Saadi, maintenant sous bonne garde, dirigeait toute la rébellion de la zone d'Alger. Il rendra compte à la justice de ses activités.