Nomination de Dominique de Villepin comme Premier ministre

31 mai 2005
03m 13s
Réf. 04573

Notice

Résumé :

Le 31 mai 2005, Jean-Pierre Raffarin remet sa démission à Jacques Chirac. Dominique de Villepin lui succède comme Premier ministre. Une cérémonie de passation de pouvoirs a lieu entre les deux hommes.

Date de diffusion :
31 mai 2005
Source :

Contexte historique

A la suite de la victoire du non au référendum sur la Constitution européenne le 29 mai 2005, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, en poste depuis le 6 mai 2002, démissionne le 31 mai 2005. Le président de la République Jacques Chirac décide de le remplacer par un fidèle, Dominique de Villepin.

Ce dernier, énarque, diplomate, avait été nommé secrétaire général de l'Elysée par Jacques Chirac en 1995. Il fut l'un des principaux artisans de la dissolution de l'Assemblée nationale en 1997, ce qui lui valut l'inimitié de nombreux députés du RPR non réélus. Après la réélection de Jacques Chirac à la présidence de la République en mai 2002, il devient ministre des Affaires étrangères puis de l'Intérieur à partir de novembre 2004 dans le gouvernement dirigé par Jean-Pierre Raffarin. Le 1er juin 2005, Dominique de Villepin forme ainsi son gouvernement, au sein duquel Nicolas Sarkozy retrouve le ministère de l'Intérieur, avec le rang de ministre d'Etat. Dès sa désignation, il se donne cent jours pour "rendre la confiance aux Français" et fait de la lutte contre le chômage sa priorité principale: en août 2005, il lance un plan d'urgence pour l'emploi et crée un contrat nouvelle embauche. De fait, en dépit d'une controverse sur le mode de calcul du nombre réel de chômeurs, le chômage baisse au cours des deux années où Dominique de Villepin est à Matignon, passant de 10,1% à 8,4% de la population active.

Cependant, son action à la tête du gouvernement est marquée par plusieurs crises majeures. En novembre 2005, des émeutes éclatent ainsi dans les banlieues durant trois semaines. L'état d'urgence est alors décrété par Dominique de Villepin. En outre, au printemps 2006, lycéens, étudiants et syndicats se mobilisent massivement contre le contrat première embauche (CPE). Etabli pour les moins de 26 ans et particulièrement défendu par le Premier ministre, le CPE est finalement retiré en avril 2006. Dominique de Villepin est par ailleurs, éclaboussé par l'affaire Clearstream: selon les notes du général Philippe Rondot, il y aurait joué un rôle aux dépens de Nicolas Sarkozy. Il est entendu à ce sujet par un juge d'instruction en décembre 2006.

Très affaibli par la crise du CPE et par l'affaire Clearstream, il doit renoncer à ses ambitions pour l'élection présidentielle de 2007 et laisser son rival Nicolas Sarkozy seul en piste comme candidat de l'UMP. Nicolas Sarkozy élu président de la République le 6 mai 2007, Dominique de Villepin remet la démission de son gouvernement à Jacques Chirac le 15 mai. Après son départ de Matignon le 17 mai, Dominique de Villepin, mis en examen en juillet 2007 dans l'affaire Clearstream, se positionne à l'automne 2007 en marge de la majorité, critiquant régulièrement l'action de Nicolas Sarkozy.

Christophe Gracieux

Éclairage média

Diffusé immédiatement après une allocution télévisée du président de la République Jacques Chirac dont le but était d'évoquer le changement de gouvernement, ce sujet fait le récit de la journée politique marquée par la passation de pouvoirs entre Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin. Sa première partie est centrée sur le Premier ministre sortant, tandis que son successeur concentre l'attention dans la seconde partie.

Il s'agit d'un reportage factuel qui donne à voir dans l'ordre chronologique les différentes étapes d'une passation de pouvoirs. Celle-ci prend ainsi les traits d'une mécanique bien huilée. Il n'est donc pas étonnant que les images apparaissent tout à fait classiques de ce type de rituel politique: le chef du gouvernement remet sa démission au président de la République, puis le nouveau Premier ministre se rend à son tour à l'Elysée, le sortant annonce ensuite sa démission à ses collaborateurs, avant la cérémonie de passation de pouvoirs proprement dite qui est l'occasion d'un hommage conventionnel du nouveau chef du gouvernement à son prédécesseur. Seule la visite de Dominique de Villepin aux députés bouscule quelque peu le schéma classique d'une journée de passation de pouvoirs et offre des images plus inhabituelles.

Ce sujet permet aussi d'observer le travail des journalistes et des photographes de presse lors de ce type d'événement politique et la frénésie médiatique qui entoure les deux acteurs principaux. Ils ne quittent pas ces derniers au cours de leurs différents déplacements de la journée. Ils prennent par exemple place dans un espace particulier qui leur est dévolu dans la cour de Matignon et de l'Elysée, assaillant l'ancien ou le nouveau Premier ministre afin de recueillir un mot de sa part. Les équipes de télévision suivent également la voiture des deux hommes et n'hésitent pas à interroger Jean-Pierre Raffarin jusque sur le pas de son domicile.

Christophe Gracieux

Transcription

David Pujadas
Voilà pour cette intervention du chef de l'Etat, 2 jours après la gifle du référendum, le président de la République veut donc reprendre la main. Vous l'avez entendu, pour remplacer Jean-Pierre Raffarin, il a choisi un fidèle parmi les fidèles, Dominique de Villepin ; le récit de ces dernières heures, Jean-Baptiste Predali.
Jean-Baptiste Predali
Ils ont l'air ravi. Pour l'un tout commence, pour l'autre c'est déjà l'après Matignon. Ce matin, il y était venu comme au bureau. Les appartements privés étaient déjà vides et Jean-Pierre Raffarin connaissait son trajet du jour. Direction donc l'Elysée, Jean-Pierre Raffarin sait ce qu'il va dire à Jacques Chirac : le 18 mai il lui a indiqué qu'il ne voulait pas poursuivre à Matignon après le référendum. Là, c'est officiel, le premier ministre a remis sa démission, Jacques Chirac s'attarde avec lui sur le perron de l'Elysée. Lui repart, un autre arrive, un chassé-croisé de premier ministre, enfin pas encore, enfin presque. Pour Jean-Pierre Raffarin, l'Elysée a des égards, fait exceptionnel, l'ancien premier ministre annonce lui-même sa démission devant ses collaborateurs, il évoque son bilan et à demi-mot son impopularité en citant De Gaulle.
Jean-Pierre Raffarin
Enfin, avec le gouvernement et la majorité, j'ai toujours eu conscience que "ce qui est salutaire pour la nation ne va pas sans blâme dans l'opinion". Tous les gouvernements européens font face à cette vérité du général De Gaulle.
Jean-Baptiste Predali
Une affaire de minute, la nouvelle est tombée venue de l'Elysée : Dominique de Villepin est bien le nouveau premier ministre. Et son premier geste lui qui n'a jamais été élu, ni même candidat, c'est d'aller déjeuner avec les parlementaires de l'UMP à l'Assemblée. Auprès des députés, c'est sûr, Matignon rend populaire et le président de l'Assemblée doit même jouer les gardes du corps. 16 heures le grand moment, Dominique de Villepin entre enfin à Matignon, il vient rejoindre son prédécesseur, une heure de revue de dossiers et peut être quelques conseils. Dans la cour et aux fenêtres, les membres du personnel patientent, les collaborateurs de Jean-Pierre Raffarin sont au spectacle. Enfin, ils sortent. On applaudit surtout celui qui s'en va, et Dominique de Villepin prononce ses premiers mots de premier ministre.
Dominique (de) Villepin
Je veux rendre hommage à l'action courageuse et déterminée de Jean-Pierre Raffarin.
Jean-Baptiste Predali
Dernière bise, et c'est bientôt le départ pour l'un, Jean-Pierre Raffarin rentre chez lui, 1122 jours à Matignon et mot de la fin :
Jean-Pierre Raffarin
Bonne vacance à vous !
Journaliste
Qu'est-ce que vous allez faire maintenant ?

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