Ségolène Royal, candidate socialiste à l'élection présidentielle

17 novembre 2006
02m 36s
Réf. 04577

Notice

Résumé :

A l'issue des premières primaires de l'histoire des partis politiques français, Ségolène Royal est désignée comme candidate à l'élection présidentielle de 2007 par les militants socialistes.

Date de diffusion :
17 novembre 2006
Lieux :

Contexte historique

Le 17 novembre 2006, Ségolène Royal est officiellement désignée comme candidate du Parti Socialiste à l'élection présidentielle de 2007.

Pour la première fois dans l'histoire des partis politiques français, cette désignation a été effectuée à l'issue de primaires. L'idée de l'introduction de primaires dans le système politique français n'est pourtant pas neuve. Charles Pasqua, le premier, propose cette solution en 1993 afin de départager Jacques Chirac et Edouard Balladur., mais son idée n'est pas suivie. En 1994, le parti socialiste inscrit dans ses statuts la désignation de son candidat à l'élection présidentielle par l'ensemble des adhérents. C'est ainsi que Lionel Jospin est désigné en 1995, au détriment d' Henri Emmanuelli, alors premier secrétaire. Toutefois, c'est seulement en 2007 que l'on peut véritablement parler de primaires, avec l'organisation de débats télévisés et une médiatisation accrue. Certes, la désignation du candidat demeure limitée aux seuls adhérents du parti, et non aux sympathisants comme en Italie ou aux électeurs se déclarant pour un parti comme aux Etats-Unis. Cependant, à cette occasion, le parti socialiste décide d'élargir sa base militante en lançant une campagne d'abonnements à 20 euros, suivant une procédure par internet simplifiée.

Ainsi, à partir de septembre 2006, l'état major organise entre les trois candidats à l'investiture Ségolène Royal, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn à la fois des débats internes auprès des militants, et d'autres encadrés par des journalistes et diffusés sur la chaîne parlementaire. A l'issue de ces primaires, et au terme d'une forte participation, Ségolène Royal est désignée au premier tour, avec plus de 60% des voix. Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius ne recueillent respectivement que 20,8% et 18,5% des suffrages.

Ségolène Royal devient alors la première femme politique française candidate à l'élection présidentielle d'un parti politique susceptible de l'emporter. Elle échoue cependant le 6 mai 2007, au second tour de l'élection, face à Nicolas Sarkozy.

Julie Le Gac

Éclairage média

L'organisation de primaires pour la désignation du candidat du Parti Socialiste à l'élection présidentielle de 2007, véritable innovation dans le système politique français, mobilise l'attention des journalistes.

Ce document, diffusé le lendemain du vote dans le journal télévisé de France 3, insiste sur le fort engouement des militants qui ont voté en masse et loue à ce titre la vitalité démocratique du Parti Socialiste. Toutefois, le revers de l'organisation de primaires réside dans l'étalage public de dissensions internes. C'est d'ailleurs un angle privilégié par ce reportage qui s'interroge sur les traces que peuvent laisser ces débats et rivalités au sein du parti, et sur la possibilité d'une réconciliation de tous les militants derrière la candidate.

Cet événement, enfin, est traité comme le véritable lancement de la campagne des élections présidentielles pour le parti socialiste.

Julie Le Gac

Transcription

Stéphane Lippert
Plus qu'une victoire, presque un plébiscite. Ségolène Royal a donc été désignée candidate du parti socialiste pour l'élection présidentielle de 2007. Ce sera la première femme à avoir cette responsabilité, à l'issue d'une primaire de 6 semaines inédites en France. Les adhérents du PS l'ont élue dès le premier tour, avec plus de 60% des suffrages, un chiffre supérieur à toutes les prévisions, contre 20,8 % à Dominique Strauss-Khan et 18,5% à Laurent Fabius. Retour sur ces dernières heures, historiques pour les socialistes, Sandrine Rigaud et Christian Walter.
Sandrine Rigaud
A ce moment là, les résultats ne sont pas encore officiels, mais dans son fief des Deux-Sèvres, Ségolène Royal savoure déjà sa victoire.
Ségolène Royal
Je suis très heureuse et je vis intensément ce moment de bonheur. Je mesure l'honneur qui m'est fait aujourd'hui par tous les militants fidèles aux valeurs qui sont les miennes, d'écoute, d'attention, de regard sur la réalité telle qu'elle est, je vais continuer de la même façon. Je vais rester moi-même.
Sandrine Rigaud
Avec une participation record, 82%, le triomphe est incontestable. Les militants socialistes se sont déplacés en masse. Une heure après la clôture des bureaux de vote, les premières estimations tombent. Au siège du PS, c'est un proche de François Hollande qui confirme la tendance juste avant minuit.
Stéphane Le Foll
Ségolène Royal sera d'ores et déjà la candidate du parti socialiste et ...
Inconnu
Je sais que tu as les boules, mais maintenant c'est le rassemblemenrt qui compte...
Sandrine Rigaud
Pour certains fabiusiens, le rassemblement sera difficile, mais ce matin lors d'une conférence de presse, l'ancien premier ministre, arrivé dernier, s'incline.
Laurent Fabius
Je salue Ségolène Royal, je l'ai félicitée et je la félicite pour son succès. Les militants lui ont donné tous les moyens pour l'emporter en 2007. Je lui souhaite bonne chance pour le grand combat contre la droite et l'extrême droite. Il lui revient désormais d'assurer le rassemblement de tous les socialistes, je suis évidemment prêt.
Sandrine Rigaud
Fair-play aussi, les amis de Dominique Strauss-Kahn.
Jean-Marie Le Guen
Nous sommes maintenant tous rassemblés derrière Ségolène Royal et nous allons mettre en oeuvre je crois ce rassemblement de la façon la plus positive pour nos idées.
Sandrine Rigaud
Le rassemblement, Ségolène Royal en fait une priorité. Pour y arriver, c'est au siège du PS qu'elle installera son QG de campagne ; tout un symbole.

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